‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 72 sur 103 · II. — Diagnostic différentiel des accès peRKiaEUx avec · texte numérisé non relu

II. — Diagnostic différentiel des accès peRKiaEUx avec

l'insolation, L'ALCOOLISHE, la HêNIHGITE, ETC.

Lorsque, cbez un malade atteint d'une fièvre intermittente bien caractérisée, on voit sun'enir pendant le cours d'un accès ài: fic-vie, du délire, de l'algidité, ou bien que le malade tomtK d;ins le coma, il est Tacite de diagnostiquer un accès pernicieux délirant, algide ou comateux; malheureusement les choses ne se passent pas souvent ainsi ; la plupart des malades atteints d'accidents pernicieux sont dans un état trî-s gnwo, quand le médecin est appelé à les voir, et on n'a que des n-nseignements vagues ou inexacts sur tes antécédents morhides et sur les débuts de la maladie.

Supposons, par exemple, que pendant ta période endémoépidcmique, on apporte à l'tiOpitai un malade qui délire ou qui esl plongé dans un état com8l4?ux', s'agit-il d'une méningite uigui', d'une insolation, d'accidents alcooliques, ou bien faut-il admittie Texistence d'un aca>s pernicieux ? Telles sont les questions assez embarrassantes que le praticien doit résoudre.

Le délire et le coma ont les mêmes caractères dans la méninjjile, dans l'insolation, dans l'alcoolisme et dans les accès pernicieux; l'bypersplénie n'est pas toujours assez marquée pour Hrc caractéristique; des paludiques peuvent d'ailleurs i^Ire atteints d'alcoolisme, d'insolation ou de méningite el l'Iiyiii'rfplénie la mieux constatée n'exclut pas ces dernières mnIndii'S. Les vomissements, l'odeur alcoolique n'excluent pas davantage l'idée d'accidents pernicieux qui peuvent coïncider avec un exci's alcoolique.

La provenance des malades fournit une indication très utile ; mais on ne peut en induire que des probabilités pour ou contre le paludisme. Dans la plupart des cas, on en est réduit à prescrire les sels de quinine à haute dose et à attendre ; si les accidents disparaissent rapidement, on en conclut qu'il s'agissait d*un accès pernicieux, sinon, la mort arrive et le diagnostic se pose à l'autopsie.

Uexamen histologique du sang peut seul permettre dans ces cas d'arriver à un diagnostic rapide et précis et de distinguer l'accès pernicieux vrai de toutes les maladies qui peuvent le simuler; cet examen est d'autant plus indiqué, il mérite d'autant mieux de passer dans la pratique médicale des pays chauds, que les éléments parasitaires caractéristiques du paludisme se rencontrent d'ordinaire en grand nombre dans le sang des malades atteints d'accès pernicieux et que, par suite, leur recherche, souvent laborieuse dans les fièvres simples, ne présente pas de difficultés sérieuses chez ces malades.

On a, dans les pays palustres', une grande tendance â expliquer par des accès pernicieux tous les accidents graves dont la cause n'est pas apparente; beaucoup de ces diagnostics ne sont pas suffisamment justifiés ; à plus forte raison faut-ii n'accueillir qu'avec les plus grandes réserves le diagnostic d'accès pernicieux, lorsqu'il s'agit de malades qui vivent en dehors des foyers endémiques, et qui n'ont jamais présenté d'accès de fièvre intermittente.

Le fait que les accidents se dissipent à la suite de l'administration du sulfate de quinine, ne saurait être accepté comme une preuve décisive de l'origine palustre de la maladie; il peut se faire, en effet, qu'il n'y ait là qu'une simple coïncidence. L'examen du sang fait pendant la vie et l'examen des

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Viscères, lorsque les malades succombeni, pourront seuls permettre d'affirmer, dans beaucoup de cas, que les accidents se sont développés sous l'influence du paludisme.

L'apoplexie de chaleur ou coup de chaleur (beat apoplei)'), paraît avoir été confondue plus d'une fois avuc des accès pernicieuii le diagnostic différentiel de ces affections a été jusqu'ici un des problèmes les plus ardus de la palholo{;ie ûa pays chauds. On peut dire qu'aujourd'hui ce problème ne présente pas de dUïicultés sérieuses ; en cfl'et, chez le malade ah teint de coup de chaleur, on ne trouve pas trace d rlémciilA pigmentés, ni de microbes dans le sang et lorsque la mort se produit, rien n'est plus facile que de constater l'absence dani la rate et dans le foie des élémenls pigmentés qui caractérisent le paludisme. Une pourrait y avoir de doute que si les accidents du coup de chaleur se produisaient chez un paludique.

D'après ce qu'il m'a été donné d'observer, j'inclinerais à croire que le coup de chaleur est très rare en Algérie. Lcsquelques malades qui sont entrés dans mon service pour insolation présentaient des symptûmesméningitiques, céphalalgie très forte avec ou sans vomissements, fièvre, délire suivi de coma, ralentissement du pouls; à l'autopsie : injection vive des méninges cérébrales, eisudatsinilammatolresdes méninges plus ou moins bien caractérisés; Earate avait son volume normal et on nolrouvait pas trace d'éléments pigmentés dans le sang ni dans 1h piil|i(! spk-iiiiiue.

Il est fi désirer que cette question du coup dechaleur, qui est encore fort obscure malgré les nombreux tra\'aux qu'elle s déjï suscités, soit reprise au point de vue surtout de l'éliologic, qui, selon moi, est souvent complexe, et de l'anatomie patliolo* gique, qui nu pas encore clé faite.

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