‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 73 sur 103 · INSOLATION · texte numérisé non relu

INSOLATION

Les médecine militaires ont souvent l'occasion d'observer les accidents de l'insolation pendant les marches ou les revues; il n'est pas rare de voir une centaine d'hommes tomber pendant une grande revue d'été ; parfois même ces cas d'insolation sont assez graves pour entraîner la mort ; les troupes qui fournissent ces malades n'ont subi très souvent qu'une fatigue modérée et n'ont été soumises à aucune privation; la température extérieure au moment où les accidents se produisent ne dépasse guère 80*. Logiquement on devrait s'attendre à voir ces accidents se multiplier beaucoup sur des troupes en campagne dans les pays chauds, alors que le soldat est soumis à de grandes fatigues et exposé à des températures de Aù^ h 50<> à l'ombre et & des températures plus élevées encore au soleil ; or il n'en est rien ; j'ai été frappé de voir combien les insolations sont rares en Algérie par les temps les plus chauds et pendant les marches les plus longues.

Je citerai en particulier le fait suivant: le ii juin 1879 une colonne de cinq cents hommes environ venant d'Aumalc h marches forcées, arrivait à Biskra pour prendre part à la répression de rinsurrectiondesAurës,la température extérieure dépassait 40*; il n'y eut pendant cette longue marche aucun cas d'insolation. 11 est probable que si la chaleur joue le principal rôle dans les accidents dits d'insolation, elle ne produit des effets funeslcs que sur des sujets prédisposés d'ailleurs. M. le D' Zuber a appelé l'attention sur le rôle important de l'alcoolisme dans la pathogénie du coup de chaleur {Mémoire sur le coup de chaleur. Société médicale des hôpitaux. Séance du 22 octobre 1880). Les accidents qui se produisent chez le soldat pendant les marches ou les revues paraissent dépendre autant de la gêne apportée dans les mouvements par Téquipement mi-

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lilairc, de la fatigue et de la viciation de l'air qu'une colonnede troupes marchant en rangs serrés transporte avec elle, que de la clialour extérieure elle-même ; la meilleure preuve qu'OD en puisse donner, c'est que les accidents si communsparmîlessolrtats qui prennent part à une revue, s'observent très rarement parmi les spectateurs de la revue qui sont cependant plus Dombieux en général et qui doivent subir naturellement les mêmes influences atmosphériques (1).

Les accès pernicieux cholériformes peuvent être confondus avec des cholérines simples et avec le choléra dans les paysofi le clioléra est endémique ou épidémiquc.

La dysenterie aiguë s'accompagne souvent d'une fièvre vive, alors même qu'il n'existe aucune complication de paludisme. C'esl \'.i m fait Intéressant qui paraît avoir échappé aux auteurs qui oui décrit la fièvre dysentérique et la pernicieuse dyscntériqiu' au nombre des manirestations du paludisme.

J'ai recaeill) en Algérie de nombreux tracés thermométriques relatifs àdesœaladesatteintsdedysenlerieaiguë sans mélange de paludisme; la fièvre oscille en général entre 38* et 38*,5 le matin 3H"el39*,5 le soir. Ce chiffre de 39«,5 est très rarement dépassé. La diircedela fièvre est variable, tantôt la défervescence se fait au boni de trois ou quatre jours, lantât la fièvre se prolonge pendant une dizainede jours, très rai-ement au delà de ce terme, à njoinsdecomplications lellesqueabcèsdufoie,parot)diles, etc...

Je [lie suis déjà expliqué sur les relations qui existent entre la dysenterie et le paludisme, je n'y reviendrai pas.

1 1 A. UlrKh, Handhuch dtr hiiloriich. gtograph. Palhol. — , Traité de* maladia da armée; Pnrit 1875, 80. — V«111q, txpirimmlaU» sur riruolation. Arch. gén. de mid. 1870, — Soeiilé midicaU det hôpitaux, 17 joillei 1877.

PYOHÉMIE 437

La péritonite par perforation survenant chez un malade atteint de fièvre typhoïde ambulatoire ou de dysenterie grave peut simuler un accès pernicieux algide.

Une crise de gastralgie ou de coliques hépatiques peut faire croire à un accès pernicieux gastralgique.

L'urémie à forme comateuse ou convulsive a quelque ressemblance avec les accès comateux ou convulsifs, mais la présence d'albumine dans les urines et les autres signes d*une néphrite, ainsi que rabaissement de température qui s'observe en général dans Turëmie, ne peuvent pas permettre une longue hésitation.

La provenance des malades, leurs antécédents morbides, la marche des accidents fournissent dans tous ces cas des signes importants; mais c'est encore Texamen du sang qui permet de résoudre le plus sûrement toutes ces questions de diagnostic différentiel.

iU. — Diagnostic différentiel de la rèvre iNTERurrrENTE et de

LA cachexie palustre AVEC LA FIÈVRE HECTIQUE, LA TUBERCULOSE, LES ABCÈS DU FOIE, L'ANÉMIE SIMPLE DES PAYS CHAUDS, LA LEUCÉ- MIE, BTC

Les accès de fièvre symptomatiques de la pyohémie, ceux qui se produisent dans le cours des suppurations internes et en particulier des abcès du foie, ceux encore qui s'observent à la suite du cathétérisme, et dans la lithiase biliaire ouurinaire, sont identiques aux accès de la fièvre intermittente vraie, d'origine palustre ; dans tous les cas l'accès de fièvre présente le plus ordinairement les trois stades classiques de frisson, de chaleur et de sueurs; mais les accès d'origine palustre se distinguent de tous les autres par la régularité avec laquelle ils reviennent

i38 DIAGNOSTIC

tous les jours, tous les deux Jours et tous les trois Jours, et par leur prédilection marquée pour les heures matinales.

Les accès de fièvre de la pyohémie éclatent à des intervalles très irréguliers et aux heures les plus variées. La fièvre hectique des tuberculeux et des suppurations internes revient chaque jour, il est vrai, et présente une intermittence assez régulière, mais les paroxysmes se font toujours le soir, contrairement à ce qui a lieu d'ordinaire pour les fièvres intermittentes d*origine palustre.

Est-il nécessaire d'ajouter que Thypersplénie fait défaut chez les tuberculeux et chez les malades atteints de pyohémie, que des localisations ne tardent pas à se produire chez les tuberculeux, le plus souvent du côté de la poitrine, enfin que ces pseudo-intermittentes ne cèdent pas au sulfate de quinine.

Dans les pays chauds et palustres où Thépatite suppuréè est commune, on a assez souvent à faire le diagnostic différentiel de ces deux maladies. Les accès de fièvre symptomaliques des abcès du foie ont une grande analogie avec ceux de la pyohémie, et de fait les abcès du foie sont, dans Timmcnse majorité des cas, la conséquence d'une pyohémie localisée au foie, pyohémie dont le point de départ est dans l'intestin et dont la localisation au foie s'explique parle mode de distribution de la veineporte ; les accès éclatent à des intervalles irrùguliers, ils ne cèdent pas au sulfate de quinine, la rate n'est pas notablement augmentée de volume, et l'examen du foie fournit en général des signes plus ou moins décisifs.

L'hypocondre droit est souvent le siège de douleurs assez vives; le foie est augmenté de volume et dans quelques cas, la palpation permet de reconnaître la tumeur formée par Yabces ; ces signes sont à vrai dire très obscurs et même man-

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