S8 PATHOGÉNIE
impossible, il est à noter que les moustiqaes abondent dans toutes les localités palustres.
Je Q*ai pas recherché les microbes dans l'air des localités palustres; il y a là une lacune à combler. Lé meilleur moyen serait, je crois, d'examiner la rosée naturelle recueillie dans ces localités ou l'eau de condensation fournie par les appareils réfrigérants. Cette recherche a été faite à plusieurs reprises, mais à une époque où on ne connaissait pas encore les formes sous lesquelles les microbes du paludisme existent dans le sang. Les plaques de verre glycérinées dont on s'est servi souvent pour recueillir les éléments en suspension dans l'air, ont de grands inconvénients; la glycérine tue les microbes ou du moins ceux qui se rapprochent des infusoires, elle les déforme et les rend -beaucoup trop transparents.
C'est une opinion généralement reçue que l'infection palustre se fait par l'air, si bien que les mots maVnria (mauvais air) sont devenus synonymes de paludisme. La plupart des auteurs n'admettent l'infection par l'eau potable qu'à titre exce|>tionnel, quelques-uns même la nient complètement. Je serais tenté de croire, au contraire, que l'eau est bien plus souvent que l'air le véhicule des germes du paludisme.
La question est assez difficile à résoudre, attendu que presque toujours les paludiques ont respiré l'air des localités marécageuses en même temps qu'ils faisaient usage de Teau de ces localités ; il existe cependant dans la science des faits très ' probants en faveur de la transmission des fièvres palustres par les eaux potables.
Hippocrate et Rhazès admettaient que les eaux marécageuses employées pour la boisson pouvaient produire la tuméfaction de la rate et des fièvres intermittentes rebelles.