DE L'INTERMITTENCE
Si l'accès de fièvre s'explique facilement par Tirritation que les microbes produisent en traversant les vaisseaux capillaires de la moelle épinière, il est plus difficile de dire pourquoi les accès se reproduisent sous la forme intermittente.
L'intermittence des accès palustres n*est pas, tant s'en faut, d*une régularité parfaite; sans parler des différents types (quotidien, tierce, quarte), qui peuvent se succéder chez le même malade, il arrive souvent que chaque accès retarde ou avance sur rbeure du précédent : un même accès peut se prolonger pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures ; enfin la fièvre palustre peut être continue.
D'autre part Tintermittence régulière des symptômes n'est pas absolument spéciale aux manifestations du paludisme, elle a été notée fréquemment dans des névralgies, qui ne pouvaient pas être soupçonnées de s'être développées sous l'influence de la malaria, dans la névrite traumatique (W. Mitchell, Des lésions des nerfs et de leurs conséquences, traduction de Dastre Paris, 1874), dans les crises douloureuses d'origine hépatique. (J. Cyr, De la périodicité de certains symptômes hépatiques, Arch. gén. de médecine, mai 1883.)
Ces réserves faites, il n'en faut pas moins reconnaître que Tintermittence des accès reste un des caractères fondamentaux de la fièvre palustre, et on est conduit nécessairement à se demander quelle est la cause de cette intermittence.
Les théories de l'inlermitlence qui ont été formulées jusqu'ici sont toutes insuffisantes, si bien qu'après les avoir passées en revue, on est tenté de conclure comme Sydenham. qui écrit, à propos des différents types des fièvres intermittentes : « Si Ton me pousse là-dessus, je répondrai que je n'en sais rien du tout. >»
ilS PATHOGÉXIE
On a accusé les variations atmosphériques du nyclhémfTe (Roche); on a dit que chaque acci'S correspondait à l'absorption d'une nouvelle (luantilé de miasmes, théorie évidemment erronée, puisque ia fii!Vre intermillente pei-siste souvent alors que les malades se sont éloignés des foyers palustres.
Bailly pensait que la position verticale succédant le matin U la position horizontale gardée pendant la nuit, pouvait provoquer l'apparition des accès ; on se l^ve tous les matins, et cette explication, trcs médiocre pour la quotidienne, est tout à fai mauvaise quand il s'agit dn la tierce ou de ta quarte
La théorie, qui fait intervenir les variations nycthémcrales de tcmpéralm-e est passible de la même objection. Si te i-efroidistement nocturne prépare l'accès, pourquoi .chez certains malades les effets de ce refroidissement ne se font-ils sentir que ous les deux jours ou tous les trois jours? Une fièvre intermittente conti-actée dans un pays ctiaud, se reproduit souvent avec ce caractère alors que le malade est transporté dans un pays tempéré ou froid.
D'après Durand deLunel, le miasme s accumule dans la rate pendant la nuit, et le malin il est versé dans la circulation générale, d'où l'accès de fièvre; Durand de Lunel dit avoir constaté sur un grand nombre de paludîques que la raie était augmentée de volume le matin. {Gazette médicale de Paris 1849, et Traité dogmatique et pratique desjiècrea intermittentes, Paris, 18t>2.,'
On est expoaè ici à prendre l'effet pour la cause; les accès se produisant le matin et s'accompagnant d'une tuméfaction de lia rate, il est naturel que l'hypersplénie soit plus considérable le malin que le soir; le fait lui-mi>me sur lequel repose cette ihi'orje, c'esl-fi-dire les variations nycthèmérales du volume de l:> rate, ne me paraît pas suffisamment établi; ces variations