‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 93 sur 103 · PLANTATIONS · texte numérisé non relu

PLANTATIONS

couvent aus b-appistcs, qui en prirent possession, mais dans des conditions déplorables. Dans les premières années, ce séjour élaiLsi malsain, que les religieux ne pouvaient pas y coucher : ils rentraient le soir à Rome et ne retournaient aui. Trois-I-outaines qu'après le lever du soleil. Les premières plantations d'eucalyptus Turent faites en 1869. En IB16, l'anièlioralion çlnil déjfi telle, que les trappistes pouvaient habiter le couvent peudant la nuit sans être atteinls de fièvre. En 1877, quand la Conimission du Sénat visita cet endroit, le nombre des eucalyptus dépassait 2,500. La Commission, frappée des résultats obtenus, proposa de céder aux trappistes un espace de 400 hectares, situè près de leur couvent, à charge d'y planter 100,000 eucalyptus en dix ans. En 1879, les plantations d'eucalyptus souffrirent beaucoup du froid, mais les années suivantes les trappistes pjaijtérenl 95,000 eucalyptus paran; à la fin de 1S81, il y avait dij'i 55,000 eucalyptus aux Trois-Fontaines, et les Qëvres palusiri.-^ devenaient de plus en plus rares.

L'eucalyptus globulus agit-il simplement comme les autres arbres en drainant et en desséchant le sol ? et s'il assainit le sol plus rapidement que ne font les autres arbres, est-ce untqurment parce que sa croissance est plus rapide, ou bien faut-il admettre que l'eucalyptus a des vertus spéciales, et qu'il jouil de la propriété de dëiruire ou d'éloigner les microbes du pain disme? Cette dernière hypothèse n'a rien d'invraisemblaLli', mais ce n'est encore qu'une hypotiiëse.

Nous avons vu que l'infection palustre se faisait souvent pni les eaux potables, et que, dans certaines localités, les fièvn :< palustres avaient disparu quand on avait pu fournir une r;ni pure et de bonne qualité aux populations, qui faisaient usai^i' auparavant d'une eau croupissante.

5H PnOPUTLA&lE

V'oe des mesures prcphylacliques tes plus oliles roiKrr l'pndémie palustre sera donc de Taire arriver dans les localités pauslres de l'eau prise dans des localités saines.

En deliors du dessécliement du sol et de la culture, eiis(e-t-il d'autres moyens d'assainir des localités palustres?

M. d'Abbadie a signalé l'inlluence dos soufrières sur le paludisme; il résulte des faits cités par cet observateur que les émanations sulfureuses qui se produisent an voisinât;? des soufrières ont des effets 1res favorables dans les pays h malaria (Commun(C,dr.4cad.rfea«cienc«,séancedu 18 septembre 18831.

Cette action de l'acide sulfureus s'explique- bien, élanl donnée la nature parasitaire des fièvres palustres II ne semble pas malheureusement que l'on puisse l'utiliser pour la propliylaxic générale du paludisme.

La terre et les plantes prises dans une localilt' paluslre, peuvent très probablement, lorsqu'elles sont transportées dans une localité jusqu'alors indemne de paludisme, mais r^ui présente des conditions fovorables b son développement, faire naître cette endémie.

Il serait donc possible dans certaines conditions spéciales, de prendre des mesures pour empêcher l'importation du paludisme d'une localité dans une autre, comme on prend en ce moment des mesures pour s'opposer à l'Importation du phylloxcra de France en Algérie.

Le paludisme tend à décroître i mesure que le monde se civilise et sp p'?uple davantage, à mesure que la rictiessc augile, que les travaux d'art se multiplient, et que [a culture du sol fait des progrès ; mais il dispose encore de très vastes domaines, non seulement en Afrique, en Asie ut en Amérique, mais en Europe même, au centre des paya les plus civilisés.

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