LUXATIONS DD [FÉMUR
Fig. 1, 2 ET 3. — Luxation iLio-ruBiENNE invétérée et devenue complète (mdséeïupuytren, n° 754). — Pièce donnée par - M. Gély, deNantes, qui en a publié la description {Bulletins de la Société anatomique,'ISiü, p. 303).
Cette pièce provient d’un aliéné, dont la luxation ne, fut d'ailleurs reConnuè qu’à l’àütopsie. On manque dônç. de renseignements antérieurs. Seulement la lésion est évidemment fort ancienne,.'
La fig. i montre le grand trochanter, largement hypertrophié, appliqué sur la cavité cotyloïde, dont il laisse à peine apercevoir une forte petite portion en bas et en arrière. Le col du fémur appuie sur l’échancrure ilio-pubiennè, et semble même empiéter sür le pubis. Mais sur la fig. 2, qui montre l’os iliaque et laïàcette formée sur l’échancrure ilio-pubienue, on voit que cette facette ne touche pas même l’éminence iléo-pectinée. La tête fémorale est entièrement située au-dessus du rebord cotyloïdien, et dépasse même de près de 1 centimètre en haut une ligne tirée de l’épine iliaque supérieure au pubis; elle est adossée à l’épine iliaque inférieure et à une stalactite osseuse qui, s’est élevée au-dessus et en arrière de cette apophyse. Elle
2g explication DES PLANCHES. ■
est fortement aflongée per en haut; et, par exemple, le raecoupcissement da membre étant de 34 millimètres, du centre de . la cavité cotyloïdeau centre de la tête déplacée, la distance était de 50 millimétrés; on voit dailleurs, fig. 1 et 3, combien le col du fémur s’est aUongé; mais, chose remarquable, la tête avait subi une atrophie considérable, aussi bien que le petit trochanter, ce qui contraste avec l’hypertrophie de l’autre. Le grand trochanter, au lieu de se replier en arrière, est évasé en-dehors et tellement écarté de la tête qu’une ligne verticale, prolongeant l’axe de la diaphyse fémorale, laisse en dehors une saiUie à peu près égale à celle que forme la tête: en.dedans. Sur la tête même s’était implantée une- stalactite
osseuse qu’on voit parfaitement i et 3. Noyez t.. n,. p. 850.
Fie. 4 ET 5. -Lu^TioN;scHio-puBiEiirà INCOMPLÈTE (musée büpüyTEEN, n« 75'!). ---Pièce présentée par M. Stanski à la Société anatomique, AuBetîUS, 183Ï, p. 296. J’ai reproduit les détails qu’il avait donnés, t. II, p. 856 et 861. Mais la pièce demande - Une étude particulière. ■ .
: ' ’ , -La/%. 4 représente le bassin un peu de; côté, l’ischion porté en arrière, à peu près co,mme dans l’état naturel, la luxation - vue particulièrement par sa face antérieure et supérieure. On aperçoit d’abord, en haut et à gauche, une masse de.stalactites osseuses qui semblent- prolonger (eii bas l’épine iliaque inférieure, pour aller rejoindre la face interne du fémur, auquel . elles adhérent dans une étendue de 4 centimètres, en se repliant sur sa face antérieure et même en arrière pour aller re- ; joindre le grand trochanter. Plus enMedans sé' voit -l’orifice de la cavité cotyloîde, en partie barré par ces stalactites et d’autres ; mais la cavité est restée entière, aussi large et aussi profonde qu’à l’état normal. De l’éminence iléo-pectinée descend une nouvelle masse osseuse qui va se confondre avec la tête fémorale, et quienvoie en avant du col une sorte de col-; lier mince, découpé en dentelle, qui l’entoure sans, presque y adhérer. La A montre la partie inférieure dé ce collier, , allant se souder à l’ischion, entre le trou ovale et la tubérosité sciatique ; on y voit aussi d’autres stalactites minces, lés'unes descendant du bord externe et supérieur du trou ovale, les autres remontant de son bord interne et inférieur, et marchant à la rencontre les unes des autres, comme pour envelopper la portion interne de la têteluxée;-mais eette'enveloppe osseuse est demeurée incomplète.
La position de la tête fémorale est surtout importante à noter. Elle ,est à 2 centimètres environ de l’éminence iléo-pectinée,, à 3 centimètres de . la tubérosité sciatique, fig. 5. Son rebord cartilagineux, dans la fig. 4, se trouve presque sur la même ligne perpendiculaire que l’éminence iléo-pectinée; et son sommet paraît arriver aü milieu de la largeur du trou ovale. C’est ïine illusion d’optique qiii vient- de la position dansdaquelle on a dessiné la pièce. Le trou ovale a 37 millimètres dans sa plus grande largéur, et la tête ne s’y avance pas en réalité à plus de 13 millimètres. Elle n’est donc pas, entièrement : sortie de l’aire delà cavité cotyloîde, et la luxation est incomplète.
Si, en effet, on met la pièce bien en face, une perpendiculaire tombant de l’éminence iléo-pectinée laisse en dehors près de 1 centimètre de la portion cartilagineuse delà tête luxée; et d’ailleurs le doigt, porté dansla cavité, constate facilementqu’une portion du cartilage regarde encore à l’intérieur. Le grand trochanter reste en bas et en même temps tout à fait en arrière de la cavité cotyloîde. Ce qui est également inconciliable avec une luxation complète. Enfin, la tête ne touche le rebord eotyloïdien que par deux points, en haut et en bas; la pièce ayant été macérée, le bourrelet fibreux a disparu, et il reste un espace -vide entre la tête et le fond de l’échancrure eotyloïdienne.
La fig. 5 a été prise le bassin renversé en arrière et la tubérosité sciatique débordant en avant le plan du pubis, afin de montrer les rapports de la tête avec cette tubérosité et avec la portion inférieure du trou ovale. On voit ainsi parfaitement la majeure partie du trou ovale, èt notamment le contour de son tiers inférieur. Le bassin n’est pas tout à fait de face, mais -vu un peu de gauche à droite; aussi le rebord de la portion cartilagineuse delà tête paraît-il beaucoup trop en dedans de l’éminence iléo-pectinée. L’inclinaison du fémur eh haut, bien que l’ankylose ne lui permette pas de changer ses rapports avec l’ès iliaque, tient à la position renversée du bassin.
Au total, il y a ici une luxation incomplète du fémur : la tête à cheval sur le bourrelet eotyloïdien, dans l’échancrure ischio-pubienne; le grand trochanter en dehors et en arrière delà cavité, répondant par son rebord supérieur à peu près à la gouttière obturatrice, son bord postérieur horizontal et sur le-même plan que la tubérosité sciatique; le petit trochanter regardant en avant et en bas, et à peu près aümême niveau que là tête du fémur; la ligne âpre regardant directement en bas, de telle sorte qu’il n’y avait de rotation ni d’un côté ni de l’aatre. La cuisse était fléchie à angle un peu aigu sur le bassin, et dans cette flexion dirigée presque directement en dehors.
■LDXATIONS DD FÉMUR.
!IG. 1 et 2. —Luxation pathologique du fémds dat.ant de la PEEujiaE enfance. — Cette pièce provient du nommé Pasquier, que Dupuytren avait observé en 1831, et qui portait une double luxation des fémurs, qu’il avait alors, dit-on, déclarée congéniale. Voir Leçons m'aies de Dupuytren, 2' édit., 1.1"; p. 214. Pasquier, que je retrouvai à Bicêtre, où il mourut à l’âge de 60 ans, m assura, au contraire, que sa. double luxation avait été déterminée, dans sa première enfance, par i’imprudenCe d’un jeune homme qui, le portant sur ses brqs, laissa le. troue et la tête aller à là renverse,, et, lé rattrapant d’une m n i n sous les reins, lui occasionna un choc violent sur; cette partie, tandis que les membres inférieurs pendaient de l’autre côté.
Je me suis borné à faire représenter la luxation du fémur gauche. On voit d’abord que.la tête fémorale est atrophiée et déformée ; ellè était tout entière enveloppée dans sa capsule fortement allongée, et qui la séparàit.de l’os iliaque ; aussi n’y a-t-il pas de jilateau osseux; seulement l'os iliaque s’est déprimé sous la pression, fig. 2. Une dépression semblable existait sur 1 iliaque droiL -et l’on voit, fig. 1, la fosse iliaque interne droite bombée en dedans comme s’il s’a^ssait d’une feuille métallique repoussée au martéâu. j - - - '
J ai divisé cette capsule, fig. 2, pour montrer l’état dè la tête fémorale, et surtout le ligament rond encore persistant,
mais si mince et si ténu, que le moindre choc eût suffi pour le rompre. '
La tête, soulevant sa capsule, était remontée beaucoup plus haut que danslesluxations traumatiques; elle jouait assez libre-
EXPLICATION DES PLANCHES
ment snr l’os ilia(jue pour descendre de 1 centimètre enriron sous l’effort d'une traction directe, et pour exécuter un mouvement d’arc de cercle dans la flexion du fémur. Voyez d’ailleurs, t. H, p. 886, 894 et 895.
Fig. 3 et 4.—Luxation iscmATiûDE (musée ddputteen, n° 755). — On ignore l’origine de' cette pièce ; seulement les os n ayant pas subi d’altération notable, la luxation ne devait pas être de bien vieille date.
La fig. 3 tnontré.le bassin wu par-deyant, la cavité cotyloide recouverte par des débris de la capsule ancienne-; la tête fémorale projetée en bas et en arrière, le petit trochanter .regardant en bas et en dedans, la ligne âpre regardant directement en bas;.iln’y avait donc pas de rofafion sensible; mais le fémur est dans une flexion très-prononcée, et porté enmême temps dans une adduction telle que le genou devait croiser la cuisse saine en avant.
La fy. 4 montre les rapports de la tête en andèreÿmais il fautremarquer avant tout, que cette tête a un volume énorme; .C’éstpourquoi ellesemblej sur le dessin, tout en remontant de tdoifié au-dessus de l’épine sciatique, descendre beaucoup aussi
sur la tubérosité,dumêménom; maissmlapièeeelle esttr'ès-loindê toucher à-çette tubérosité. ..