DE LA POSITION A DONNER AC MEMBRE
obligé de faire halte dans quelque lieu boueux ou traversé par un ruisseau. Une fois qu’on est parvenu au puits, on accroche Tappareil au câble au moyen de quatre chaînes, dont deux sont fixées à son extrémité supérieure et deux à sa partie moyenne.
Si le puits est étroit, la boîte monte presque verticalement ; s’il est large, on lui donne une position plus ou moins horizontale en raccourcissant les chaînes de la partie moyenne. Une fois hors du puits, l’appareil se transforme en civière, et le blessé est porté directement au lieu où il doit rester jusqu’à guérison.
L’utilité de cet appareil n’est pas même exclusivement limitée aux mines; et, comme l’auteur le fait observer, sa construction le rendrait propre, dans les cas d’inondation ou d’incendie, à aller chercher des blessés alités et cernés par l’eau ou par le feu
§ n. — 3>e la position à donner au membre.
Nous ne voulons pas discuter ici la position à donner au membre dans chaque fracture particulière ; ce sont autant de questions qui seront suffisamment traitées en temps et lieu. Mais il s’agit avant tout de savoir quelle sera l’attitude générale du membre, et si on le mettra dans la flexion ou dans l’extension.
Pour le membre supérieur, l’usage à peu près invariable est de fléchir le coude à angle droit, l’avant-bras soutenu dans une écharpe. Quelques-uns dépassent même ce degré de flexion en élevant dans l’écharpe le poignet au-dessus du niveau du coude. Cependant, si le sujet garde le lit, le membre couché sur des coussins est généralement disposé dans une flexion moindre ; mais il est remarquable que jamais, hors pour le cas spécial d’une fracture de l’olécrâne, on n’a proposé de mettre le membre supérieur dans l’extension.
Au contraire, dès l’origine de l’art, l’extension avait prévalu pour les membres inférieurs. Pour expliquer et justifier cette sorte de contradiction , Hippocrate alléguait l’habitude des membres eux-mêmes , les supérieurs demeurant fléchis de préférence , les autres étant de préférence étendus. Galien entrevit bien une doctrine meilleurè; il avait recherché quelle
* Gazette médicale, 1835, p. 455.
DES ERACTÜRES.
était la figure moyenne des membres, c’est-à-dire celle qui, s’écartant le plus des mouvements extrêmes, fatiguait moins les muscles et pouvait être gardée le plus longtemps sans douleur; et cette figure moyenne n’était autre, même pour les membres inférieurs, qu’un certain degré de flexion. Mais comme la conséquence eût été trop contraire à la pratique d’Hippocrate , Galien préféra un moyen terme ; et , acceptant la règle de l’habitude, il alléguait seulement que, certains sujets à métiers sédentaires demeurant toute la journée assis et les jambes fléchies , pour ceux-ci, par exception, la flexion était préférable. Encore, en limitant ainsi sa réforme, oubliait-il ce qui pouvait lui donner quelque vie, les moyens d’application. Il dit bien qu’il a vu ses idées vérifiées par l’expérience ; mais il ne décrit aucun appareil nouveau , ni aucune modification dans les appareils connus. Plus tard , Fabrice d’Aquapendente proclama plus hautement que Galien lui-même l’utilité de la demi-flexion des membres; mais sans oser, pas plus que Galien , passer de la théorie à la pratique ; et ce ne fut qu’au dix-huitième siècle que Pott en fit une loi générale pour le traitement des fractures des membres inférieurs.
La doctrine de Pott est fondée à la fois sur la théorie et sur la pratique. Il commence par établir que des muscles seuls vient toute la difficulté de la réduction; et la résistance des muscles dépend de la position du membre qui les met dans un état de tension. La conséquence naturelle est qu’il faut situer le membre de manière que les muscles soient relâchés est opposent le moins de résistance possible; et cette position et la demi-flexion. « Du reste, ajoute Pott, tout ce que je dis et appuyé sur une longue expérience qui m’est propre et sur celle de plusieurs chirurgiens; expérience qui a été réitérée sur un si grand nombre de malades , et avec tant de succès , que je ne crains pas d’avancer que ceux qui voudront suivre notre méthode seront tous aussi heureux que nous l’avonsété.»
La méthode de Pott ne tarda pas en effet à être généralement adoptée en Angleterre ; mais en France , Desault eut assez d’autorité pour la faire rejeter absolument. Il s’appuyait sur diversfcs raisons : la difficulté des extensions qu’il fallait appliquer sur l’os fracturé; — l’impossibilité de comparer avec précision les deux membres ; — la gêne du décubitus sur le