DES RETARDS DASS LA CÔSSOLIDATION
rieur fut réséqué le premier ; lorsqu’on en vint à l’autre, on fut fort étonné de le trouver dilaté en forme de poche, et con-^ tenant une prodigieuse quantité d’hydatides, dont on fit l’ex.trâction autant que possible, ta résection de ce fragment ne fut point faite ; la suppuration ne tarit point, et le sujet ayant succombé, on trouva dans le fragment inférieur une vaste cavité sans trace de moelle ni de membrane médullaire. Ôn comprend que, dans dé telles conditions, la réunion perde beaucoup de ses chances, et il faudrait du moins réséquer en grande partie les fragments ainsi altérés.
Mais il est infiniment plus commun de voir la consolidation retardée, soit à cause de l’obliquité de la fracture ét de l’écartement dés fragments;, soit parce qu’ils n’ont pas été maintenus suffisamment immobiles ; soit enfin que sous l’influence d’une humectation exagérée, d’un bandage trop serré ou prématurément appliqué, ou trop longtemps tenu à demeure , lè membre atrophié ou œdématié ait perdu la vigueur nécessaire pour la restauration de l’os. De ces diverses circonstances dérivent naturellement diverses indications , que l’on peut ranger Sous éés quatre chefs; 1° asmref pendant un temps sursaut Virnmàbilité du mefnhrè ; 2° rapprocher les fragments par là tompréssion; 3® exêitér la vitalité de la partie par des moyens locaux^ 4° enf,n agir, au besoin, sur V ofganisatiùn tout entière.
La première indication réclame impérieusement l’application d’appareils solides , non sujets à se relâcher ni à Se déranger ; ét il ne S’agit plus ici dé coussins, de bamacs , ni de planchettes suspendues ou non süspéndués. Dé bonnes et fortes attelles, des appareils convenablement solidifiés par le blanc d’œuf, l’amidon ou la dèxtrine ; les moules en plâtre , l’extension permanente rigoureusement maintenue, et au besoin des cuirasses ajustées sur le membre et le tronc à la fois , voilà nos véritables ressources. Si le membre paraît sain, doué d’une vitalité suffisante j, et si lé retard du cal n’a d’autre cause que l’insuffisance des appareils extérieurs , les appareils inamovibles triomphent; et nulle part peut-être ils ne sont si nettement indiqués. Il en va tout autrement quand les chairs atrophiées ou œdématiées réclament l’influence salutaire de l’air et du soleil, et les attelles fixées par des bandelettes de diachylon sont bien préférables. Les fractures non réunies du fémiir
DES FEÀCTDRES.
et de l’huméros demandent quelquefois une immobilité du tronc qu’on ne saurait obtenir que par l’extension permanente ou les cuirasses, et alors il ne faut pas hésiter à y recourir. Les succès obtenus de cette manière sont si fréquents, qu’il n’est pas de chirurgien qui n’en pût citer un grand nombre; mais j’ajouterai qu’il y aurait moins d’échecs encore si l’on savait persévérer.
Un jeune homme de dix-neuf à vingt ans avait été traité, à la Cliarité, d’une fracture delà partie moyenne du fémur; et au bout de quatre mois , les fragments jouissaient encore d’une assez grande mobilité. Les chirurgiens consultants proposaient diverses opérations, mais ils s’accordaient presque générale-, ment à dire qu’on n’éviterait pas une articulation contre-nature , et que le malade serait estropié. Vivement sollicité par l’oncle du jeune homme, Boyer entreprit cette cure; il fit concourir l’extension continue avec le bandage ordinaire , qu’il avait soin de visiter et de serrer tous les jours ; et au bout de trois mois de ce traitement nouveau, la fracture était solidement réunie.
Un peintre, âgé de trente-deux ans, s’était rompu les deux cuisses dans une chute. Traité à l’Hôtel-Dieu de Lyon par les attelles et l’extension continue, le cal manqua pourtant, et au quatre-vingt-seizième jour, la mobilité la plus complète existait entre les fragments. M. Bonnet eut recours à l’appareil amidonné avec des attelles flexibles entre les tours de bandes. L’appareil levé au bout de deux mbis , la consolidation se trouva aussi peu avancée qu’auparavant. Alors le malade fut mis dans la grande cuirasse de M. Bonnet, emprisonnant à la fois le tronc et les deux membres inférieurs. Environ cinquante jours après , la fracture du fémur droit était consolidée ; celle de la cuisse gauche ne le fut que trois mois et demi' plus tard, et en modifiant l’appareil de manière à obtenir une compression plus exacte ; mais celte réunion tardive ne fait que mieux ressortir combien il fut utile au chirurgien et au malade de persévérer.
Un autre fait , dû encore à M. Bonnet , et concernant une fracture de l’humérus , n’est pas moins propre que le précédente servir d’encouragement et de leçon. Un enfant de onze ans avait eu l’humérus écrasé par le passage d’un wagon, im-