FRACTURES DES 05 MAXILLAIRES IXTÉRIEUES
le5 souleva de la main droite , tandis qu’avec la gauche on assurait leur coaptation exacte , et l’on chercha à rapprocher les os maxillaires supérieurs et palatins par des pressions latérales et par des ligatures placées sur les dents incisives supérieures ; mais ces dents , trop ébranlées , ne tardèrent pas à tomber : Je ne' dis rien des autres fractures. ï)ès le dixième Jour, la suture inter-iriaxillairë commençait à se resserrer ; le trente-troisième jour, les fractures du nez et de l’os maxillaire inférieur étaient consolidéès sansdifformitéj la réunion delà suture dé la voûte palatine'compléteinenteïfectuée ; seulement l’os maxillaire supérieur gauche avait conserve une légère dépression , mais qui ne gênait nî la déglutition , ni la parole : des autres fractures se réunirent également plus tard *. j!"-
Un choc plus violent encore peut ééraser ou emporter une partie, ou même la presque totalité des os de la face , non pas celte fois sans un désordre proportionné de&perties molles. Gé ' sont d’ordinaire de gros pfoJectilé|> lancés par la poudre, comme üri boulet bu üh biscaïen , qui produisent d’aussi effrayants ravages. Larrey et Dupuytren en ont-citd des exemples; mais il est plus rare d’en voir déterminés par d^i chocs en^ quelque façon ordinaires - et, à celégârd’i je ne connais rien «le comparàblè au cas suivant quéj’di eu occasion d’examiner longtemps après la blessure. ' ; ' , :
Un jeune garçon ms^ït ®u milieu de la face un coup de pied de cheval si violemment appliqué, quç les os du nez, les maxillaires supérieurs et les palatins furent brisés comminutivement dans une assez gr§ihde.:;^enduë",‘ et les, téguments çontûs et déchirés. Là guèf ison s’obl^ , raàjs avec des déformations étranges. Les oh du nez étaient détruits ; la' portion antérieOre de l’arcàde àlvéolâirè et, la majeure partie, sinon la totalité dè la voûte palatiné', avaient^alènierit disparu. Il n’y avait plus ni hèz’, rii bouche - les deux -lèvres , soudées TUne 'à ' l’autirè’^ parune cicàtricë épaisse et solide, prolongeaient, le, menton’ jdsqü’â une ouvefturë'oyalaire creusée^ entre les deux apor pliyses montantes des. os maxillaires jusqu’à Tos, frontal. Par cette ouverture unique, le malade respirait,, parlait, buvait et mangeait ; lorsqu’il y enfonçait un morceau de pain , on voyait
‘ Edm. -Siniouin, Décaàe 'cAirt/rgricaZe, Taris 1838, obs. ix.
DES FRACTDEES.
la langue qui venait le prendre pour le diriger sous les dents molaires, qui faisaient fort bien leurs fonctions.
Enfin, il y a une autre cause de fracture des os de la mâchoire supérieure , agissant cette fois de dedans en dehors : ce sont les coups de pistolet tirés dans la bouche en vue du suicide. Rien de plus variable que les effets produits par une pareille cause , et ce n’est pas ici le lieu de les énumérer. Je rappellerai toutefois l’observation de Hernu, comme exemple d’une fracture singulière. Le pistolet, chargé de deux balles, avait fait un trou considérable vers le milieu de la voûte palatine ; les os maxillaires étaient séparés l’un de l’autre , et en même temps séparés des os du nez et des os zygomatiques. Toutes ces parties étaient mobiles : toutefois, le seul déplacement sensible consistait dans une saillie que faisait à droite l’angle interne de l’os de la pommette. La mâchoire inférieure était aussi fracturée. On essaya de déprimer la saillie de l’os de la pommette; mais, bien que l’accident ne datât que de trois jours, il fut impossible d’y réussir. On se borna donc à rapprocher les maxillaires autant que possible, avec une bandelette placée sous le nez. Le douzième jour, une petite esquille tomba de la voûte palatine , après quoi la perforation de cette voûte se rétrécit beaucoup ; le cinquantième , les os maxillaires paraissaient réunis , et il ne restait à l’extérieur d’autres vestiges d’un délabrement si énorme , que le nez plus gros et l’os zygomatique droit plus saillant ‘.
Dans toutes les fractures compliquées des os de la mâchoire supérieure , il y a un principe q^ les chirurgiens ne sauraient trop méditer : c’est que toutes laRIsquilles, si peu adhérentes qu’elles soient, doivent être scrupuleusement conservées, et qu’elles se rejoignent avec une facilité admirable. La remarque en avait déjà été faite par Saviard ; Larrey y a fortement insisté et nous avons vu que M.- Baudens, si grand partisan de l’extraction des esquilles , a établi également pour ces fractures une exception spéciale.
1 Journal de chirurgie de DesauU, tome III, page 236.
® Saviard, loc. citât.; — Larrey, Clinique chirurg., tome V, page 94.
DES FRACTURES DE l’oS MAXILLAIRE INFÉRIEUR.