DES FRACTURES DES COTES
rapportées par Gooch, Monteggia, Graves de Dublin, G. Broussais et jN^ankivell ; une autre a été rencontrée depuis à l’hôpital Necker *. On compte pour ces huit cas quatre hommes et quatre femmes. L’âge a été noté dans six cas ,* cinq concernaient des sujets âgés de 47 à 63 ans ; le sixième, un jeune homme. Dans sept cas , la cause bien manifeste avait été un effort de toux ; dans celui de M. G. Broussais , le malade n’ayant pn donner aucun détail > et souffrant à la fois d’une pneumonie chronique et d’une hypertrophie excentrique du cœur, on put se demander si les battements du cœur n’avaient pas eu quelque part dans la production de la fracture ; celle-ci occupait la quatrième côte sternale, à l’onion du quart antérieur avec le reste de l’os. Il est très-remarquable que dans toutes les observations où le siège de la fracture a été indiqué, elle avait lieu dans la moitié antérieure des côtes, et généralement assez près des cartilages ; ce qui n’est pas moins remarquable, c’est que jusqu’à présent on ne connaît pas d’exemple de fracture pareille arrivée du côté droit. Dans les ^ cas connus jusqu’ici, la rupture s’est attaquée aux quatrième, cinquième et sixième côtes , puis aux neuvième , dixième et onzième, en respectant les côtes intermédiaires. Le plus souvent elle n’affectait qu’une seule côte; une fois seulement il y eut fracture simultanée des cinquième et sixième côtes- et dans le cas également unique de rhôpital Necker, il se fît, en moins d’un mois, trois fractures successives portant sur la dixième, puis la neuvième et puis la onzième côte. Au total, c’est la dixième côte qui semble y être le plus sujette.
Je regarde comme très-probable que, dans tous ces cas, les cotes avaient subi plus ou moins l’amincissement atrophique dont j’ai parlé; et que la fracture a eu lieu par l’effort musculaire qui , dans la toux , rapproche le sternum et les fausses côtes du rachis ; effet analogue à celui d’une pression extérieure.
Les fractures de côtes présentent de nombreuses variétés de siège et de disposition. Les côtes moyennes y sont naturellement plus exposées ; la première, protégée par la clavicule ; la dernière, petite et Bottante dans les chairs, en sont très-rare-
‘ Gazelle des hôpHauæ, fr février 18il.
ment atteintes , et ne le sont peut-être jamais isolément. Dans un cas rapporté par Derrecagaix, la dernière côte était cassée en compagnie des sept précédentes ; dans un autre de M. J. Cloquet, les quatre dernières côtes gauches étaient brisées à la fois, chacune même en deux points différents *. D’une autre part, M. Lisfranc a vu les six premières côtes fracturées ensemble, et Chaussier jusqu’aux neuf premières : il est remarquable que, dans l’un et l’autre cas , la clavicule n’avait point souffert.
En général , ces fractures si nombreuses n© s’observent que sur un côté de la poitrine ; quelquefois les deux côtés sont atteints ; j’ai déjà cité le cas de Lonsdale , et Ollivier d’Angers , sur un des sujets morts au Champ-de-Mars, a compté jusqu’à treize côtes rompues. Considérée sur chaque côte en particulier, la fracture peut affecter tous les points de son étendue ; toutefois, la portion antérieure des côtes y est plus exposée que toute autre.
Quant à leur disposition, les fractures des côtes sont incomplètes ou complètes, simples ou multiples.
Les fractures incomplètes sont tantôt de simples fissures, suivant la longueur de la côte, ou bien une fissure entamant l’un des bords et sè prolongeant obliquement le long de la côte sans entamer l’autre bord. M, Lisfranc a constaté ces deux variétés à l’autopsie d’une jeune fille renversée sous un cabriolet. Il est bien plus commun de trouver la fracture limitée à l’une des tables de l’os ; Cheselden, Michault, Chaussier, ont rapporté des exemples de fractures de la table interne ; j’ai déjà cité la fig. 2 de la pl. II comme un bel exemple de fracture de la table externe.
Parmi les fractures complètes simples, les unes, transversales ou obliques , offrent une cassure à peu près nette , de telle sorte que les fragments ne sont retenus, en contact que par le périoste ou les muscles , et qu’ils peuvent se nîouvoir l’un sur l’autre en produisant de la crépitation. Mais plus souvent peut-être la fracture est dentelée ; on peut bien déprimer les fragments ensemble , mais ils ne s’abandonnent point, et la crépitation est le plus souvent impossible à obtenir.
1 Journal de Desault, lome III, page 9 ; — Dict. de méd. en trente vol. , article côtes.