‹ Traité des fractures et des luxations (volume 3)Chapitre 50 sur 98 · DES FRACTÜEES DES COTES · texte numérisé non relu

DES FRACTÜEES DES COTES

5 du septième au onzième , et 3 du dix-septième au vingtcinquième. •,

Le traitement le pins habituellement suivi dans les fractures de côtes est basé sur les théories de J.-L. Petit ou deYacca. Selon cette dernière, comme il n’y a pas de déplacement, la seule indication est d’immobiliser les côtes; d’après l’autre, quand la fracture est en dehors , il faut exercer une pression permanente sur la fracture pour repousser les fragments en dedans ; et quand elle est en dedans , il faut presser à la fois sur les deux extrémités des côtes pour repousser les fragments en dehors. Le lecteur sait maintenant à quoi s’en tenir sur ces théories; laissons-les donc à l’écart, et attachons-nous aux indications.

Si la fracture est sans aucun déplacement, manifestement il n’y a pas de réduction à faire. Si le déplacement est très-léger, 'l lors même que, par l’effet de plusieurs fractures incomplètes, ily a un enfoncement visible de la côte, mais sans autre douleur que celle qui résulte des mouvements ou des efforts respiratoires, la réduction a peu d’importance et exigerait des moyens trop violents. Dans tous ces cas donc , l’unique indication est d’immobiliser le thorax, afin de dissiper la douleur et d’assurer la consolidation de la fracture. Les nombreux moyens conseillés dans ce but , les étoupades , les emplâtres , la ceinture de buffle de Yerduc , l’appareil compliqué de Lavauguyon, l’appareil bien plus compliqué encore de Baülif, n’agissent pas autrement que la striction circulaire. En France on a généralement adopté le bandage de corps ou la serviette | pliée en trois, embrassant la poitrine, et fixée à l’aide de trois | ou quatre épingles. S’il a de la tendance à glisser vers l’abdo- j men, on le soutient avec une bande passant sur les épaules en ^ guise de bretelles.

Cet appareil est assurément très-simple , mais il n’est pas toujours sans inconvénients. D’abord il est sujet à se relâcher ; en conséquence Dupuytren le soutenait avec une bande roulée par-dessus , et Boyer lui substituait le quadriga , consistant en un double étoilé autour des épaules, et des doloires autour • du tronc ; appareil tout aussi prompt à se relâcher que le ban- . dage de corps lui-même. Ensuite , en raison de sa largeur, il s’applique difficilement chez les femmes qui ont de larges

mamelles ; il faut donc le plier en deux et le placer au-dessous des mamelles ; mais alors il risque de trop comprimer le ventre. Or, une des conditions essentielles de son application, c’est qu’en empêchant la respiration costale, il laisse libre la respiration diaphragmatique, et pour cela il ne faut pas qu’il empiète sur l’abdomen.

Pour toutes ces raisons , je préfère de beaucoup une bande de sparadrap de la largeur de trois à quatre travers de doigt, assez longue pour faire une fois et demie le tour du corps , et qui s’applique, pu immédiatement sur la peau , ou médiatement par-dessus pn tour débandé. One l^rge bande serrée à l’aide d’une boucle atteindrait tout aussi bieu le but.

Quelques précautions sont utiles à prendre lorsqu’on étreint ainsi la poitrine. Si le sujet, trop émacié, bé pouvait suppor-

f ter la pression de l’appareil sur les saillies osseuses, on garnirait les points vulnérables avec des compresses ou du coton. Les chirurgiens n’ont pas suffisamment prévu le cas de fractures aux dernières côtes , et ils appliquent alors l’appareil sur les côtes mêmes , ce qui ne se peut f^ire sans presser sur l’abdomen. Pour moi , je pose en r§|le générale de ne jamais dépasser l’appendice xiphoïde ; peu importe en effet que le bandagen’appuie poiptsurla frneture même ; l’immobilité des I côtes moyennes entraîne nécessairement celle des autres. Mais le point le plps essentiel est de régler le degré de |a striction. Déjà Fabrice de Hildeu écrivait è Dagenbach : Jrcta ligatura quantum sit periculosa in fracturis costarum, aHias co- ( ram ex me intelleopisti. J.-L. Petit a rapporté i’histoire d’une 4 simple contusion sans fracture, traitée par un bandage trèsserré, et il attribue à ce bandage, non sans vraisemblance, l’in- ’ flammation interne , qui se termina par la suppuration et la mort. J’ai vu plusieurs chirurgiens conserver le bandage serré autour de la poitrine, même quand il existait des symptômes ■ de pneumonie : c’est une pratique éminemment pernicieuse. La seule règle qui doive diriger le praticien à cet égard est la persistance de la douleur. Si elle cède à une striction légère, • n’allez pas plus loin; si le malade se trouve mieux d’une striction forte, serrez autant qu’il le demandera ; si les douleurs Gnt tout à fait disparu, on peut se passer du bandage sans inconvéïiiebt ; si elles persistent m^^pré son emploi, et.

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