‹ Traité des fractures et des luxations (volume 3)Chapitre 75 sur 98 · DE LA DOUBLE FRACTURE VERTICALE DU BASSUV · texte numérisé non relu

DE LA DOUBLE FRACTURE VERTICALE DU BASSUV

bas de la Jambe ; mais comme il remontait aussitôt que la traction avait cessé et comme cette traction était fort douloureuse, on yrenonça et l’on n’appîiqua aucun appareil. Amesbury traita à l’aide de son lit mécanique une fracture de ce genre ; quand l’homme fut jugé guéri et replacé en conséquence dans un lit ordinaire, on ne tarda pas à voir le membre se raccourcir ; et quelques mois après, le malade, n’ayant pas voulu se soumettre à un nouveau traitement, était devenu tout à fait inflrme (helpless), avec un raccourcissement de plusieurs pouces. Enfin, M . Laugier, chez un sujet de vingt ans, a essayé un appareil à extension permanente imité de l’attelle de Desauît, qui soulagea beaucoup le malade- Au bout d’un mois, celui-ci voulut se lever et quitter l’hôpital ; mais trois semaines après, le membre s’était raccourci par degrés , bien que le col fût encore assez solide pour permettre la marche *.

Il semble, à lire toutes ces observations, que la réduction soit toujours facile. Mais on peut raisonnablement en douter , si l’on considère que jamais on n’a pris soin de mesurer le membre, pas plus que de constater la position de la crête iliaque et de la tubérosité sciatique. Je ne saurais non plus comprendre l’efficacité de l’extension permanente prenant son point d’appui sur l’ischion , quand l’ischion lui-même fait partie du fragment remonté qu’il s’agit de faire redescendre.

En résumé, il faut s’assurer avant tout des rapports exacts des fragments ; s’il y a un raccourcissement réel, opérer l’extension sur la jambe , en disposant les lacs contre-extenseurs sous les aisselles ; mais veiller en même temps à ce que le fragment rentre bien véritablement à sa place, et pour cela agir d’une main sur la crête iliaque, tandis qu’avec l’indicateur de l’autre main , introduit par le rectum ou par le vagin, on agira sur la tubérosité sciatique. Bien entendu qoe si quelque autre ‘déplacement , tel que le chevauchement du fragment iliaque en arrière, venait à être reconnu, on essayerait également avec les mains de repousser ce fragment en avant , en combinant d’ailleurs toutes les manœuvres.

La réduction faite aussi bien que possible , il s’agit de la maintenir jusqu’à la complète consolidation , c’est-à-dire au

’ Laugier, BtMeUti chirurgical, tome I, page 66.

DES FRACTCRESi

moins 45 ou 50 jours. La tendance au raccourcissement sera combattue à l’aide du double-plan incliné , en réunissant ensemble les deux cuisses, pour mieux assurer l’immobilité, les pieds fixés à la semelle de l’appareil , le tronc retenu par un lacs passé sous les aisselles. Pour les autres déplacements, je ne prévois rien de plus elficace qu’un bandage de corps très-solide, ou mieux une large ceinture bouclée autour du bassin, au-dessus des trochanters, avec des compresses au besoin, pour repousser, en dedans les crêtes iliaques ; tandis qu’un large coussin disposé entre les cuisses et une cravate réunissant les genoux, auraient pour effet de reporter en dehors les deux tubérosités sciatiques. C’est ici surtout qu’un lit mécanique est presque indispensable, pour permettre de soulever le malade, et faciliter les déjections , sans risque de déranger le bassin.

§ VII. — Fractures de la cavité cotyloïde.

La majeure partie de ces fractures s’accompagnant d’un déplacement de la tête du fémur, j’en renverrai l’histoire plus étendue au chapitre des luxations coxo-fémorales. Cependant, comme la crépitation qu’elles déterminent a fait quelquefois supposer une fracture du col du fémur, et comme enfin dans quelques cas rares, elles existent sans luxation concomitante, il m’a paru utile d’en dire ici quelques mots.

Ces fractures présentent d’assez nombreuses variétés. Courant en a vu une qui divisait à la fois verticalement l’éminence iléo-pectinée, la cavité et l’ischion. A. Cooper a décrit et figuré une fracture en étoile qui séparait presque exactement à leurs points d’union les trois pièces qui constituent l’os iliaque , et Sanson a rencontré une fracture toute semblable chez une femme de trente ans. Dans ces divers cas, la fracture divisait l’os iliaque en entier. Quelquefois elle est bornée à la cavité même -, tantôt alors c’est le fond qui est fracturé ; Sanson a vu ainsi, sur un jeune homme qui s’était précipité d’un lieu élevé, le fond des deux cavités cotyloïdes brisé comminutivement et enfoncé dans le bassin sans déplacement des fémurs ; tantôt il n’y a qu’une portion du rebord osseux de la cavité qui est séparée du reste.

DES FRACTORES DD FÉMÜB.

Au total, s’il n’y avait pas de déplacement appréciable, la fracture ne se décélérait que par la crépitation , et il serait fort difficile de la distinguer d’une fracture du col fémoral sans raccourcissement. L’erreur serait d’ailleurs de peu de conséquence; le traitement se bornant dans les deux cas à assurer le repos durant le temps nécessaire à la consolidation. Tout déplacement notable entraînant la tête du fémur hors de place, rentre dans la catégorie des luxations.

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