FRACTURES DE JAMBE
celles qui n’en occupent qu’un seul, on arrive au chiffre de 652 fractures sur un total de 2,328 fractures simples ; et sur les 30 autres sujets qui portaient des fractures multiples, celles de la jambe se retrouvaient encore vingt-six fois. A ce compte, elles feraient plus du quart des fractures qui se présentent dans la pratique.
On distingue d’abord les fractures des deux os, ou fractures de jambe proprement dites; les fractures du tibia, et les fractures du péroné. Nous étudierons ensuite à part les fractures sus-malléolaires, et les fractures des deux malléoles.
Les fractures des deux os sont les plus fréquentes; puis viennent les fractures du péroné, et enfin celles du tibia. On compte des premières, dans mon relevé statistique, 515 ; des secondes, 108; des troisièmes, 29 seulement. .Te ne voudrais pas dire que ces chiffres expriment exactement leur rapport de fréquence ; ainsi, sous le titre général de fractures de jambe, peut-être a-t-on confondu quelques fractures du tibia ; et certainement le chiffre des fractures du péroné n’est pas assez élevé. Mais je reviendrai sur cette question plus tard.
§ I. — Fractures de jambe.
Les fractures de jambe sont fort rares dans la première enfance ; ainsi, sur nos 515 cas, il ne s’en trouvait qu’un seul à l’âge de quatre ans. De cinq à quinze ans, on n’en comptait encore que 12 ; il y a donc dans l’enfance une sorte d’antagonisme entre les fractures de jambe et celles du fémur.
Le nombre en augmente rapidement après la quinzième année; de quinze à vingt-cinq ans, par exemple, on en compte déjà 57. De vingt-cinq à trente cinq ans, ce chiffre double à peu près, et se maintient dans les âges suivants jusqu’à soixante ans environ. De soixante à soixante-dix, il retombe à 61 ; de soixante-dix à quatre-vingts, nous n’en trouvons plus que 22 ; et enfin il en reste 4 pour les vieillards âgés de plus de quatre-vingts ans.
Les hommes y paraissent deux fois plus exposés que les femmes : 344 contre 171. Mais cette proportion est loin d’être la même à tous les âges. Ainsi, depuis l’enfance jusqu’à cinquante ans, on compte 234 hommes pour 74 femmes ; 3 pour
une. De cinquante à soixante-quinze ans, les deux sexes se rapprochent singulièrement de Fégalité; il n’y a plus que 97 hommes en regard de 86 femmes. Enfin, passé soixantequinze ans, le sexe féminin l’emporte notablement sur l’autre : il y avait 8 femmes et seulement 3 hommes.
L’influence de la saison froide est assez marquée ; le semestre d’été ne comptait que 201 fractures, tandis que 3U revenaient au semestre d’hiver.
Les causes eflicientes sont directes ou indirectes. Lés fractures directes sont peut-être un peu plus communes que les autres ; j’en ai compté 36 sur un total de 67 observations. Tantôt c’est une roue de voiture qui passe sur le membre ; tantôt c’est un corps pesant, un moellon, une poutre, un éboulement de terrain, etc., qui tombe sur la jambe d’une hauteur variable ; ou bien un choc violent, comme un coup de pied de cheval, heurte la jambe du sujet debout, et la chute est alors consécutive à la fracture, etc.
Parmi les causes indirectes, les plus communes semblent être une simple chute sur le pavé, par suite d’un faux pas; sur mes 31 fractures indirectes, 10 étaient dues à une cause de ce genre. Si l’on y joint les chutes faites en courant, en luttant, soit que l’individu trébuche, soit qu’on lui jette un bâton entre les jambes, ou que le pied porte à faux dans une ornière, on aura un total de 18 fractures sur 31, dues à des chutes de la hauteur du corps. Les autres sont produites par des chutes faites de plus haut, chutes dans un escalier, chutes d’une échelle, d’un échafaudage, d’un toit, etc. Dans un cas unique, le blessé, en tombant d’une échelle, s’était pris la jambe entre deux échelons, et l’avait eue ainsi rompue par un mécanisme tout spécial.
En recherchant l’influence de ces causes sur le siège de la fracture, je suis arrivé à des résultats assez curieux. Sur mes 36 fractures directes, il y en a une dont le siège n’est pas indiqué; 18 siégeaient à la partie moyenne de la jambe; 2 seulement plus haut, au-dessous du genou; 6 à peu près au tiers inférieur; 8 un peu plus bas, à Sou 6 centimètres des malléoles; et, dans le dernier cas, la fracture était double, et occupait à la fois le tiers supérieur et le tiers inférieur. Gette énorme proportion de fractures de la partie moyenne n’auto-