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DEUXIÈME MÉTHODE DE FORCE ; LA COAPTATION

l’autre, et l’extension prépare seulement la réduction, que la coaptation vient ensuite accomplir. Mais pour les luxations récentes, le plus souvent l’extension suffît; la réduction s’opère sans autre manœuvre dès que les surfaces articulaires sont ramenées au même niveau ; et, d’une autre part, il y a des procédés de force où la coaptation agit seule et sans extension préalable.

Tandis que l’extension, comme méthode de force, répond assez bien à la méthode plus douce de l’impulsion, la coaptation forcée embrasse la plupart des procédés de douceur de la pression et du dégagement. Elle opère donc ou par pression directe, ou par bascule, ou par flexion, ou par rotation, ou enfin par un mouvement orbiculaire ou de circumduction.

Règle générale , la manœuvre principale s’opère sur l’os inférieur; mais dans tous les cas, il faut agir en même temps sur l’os supérieur, ou pour le maintenir, ou mieux encore pour le faire marcher à la rencontre de l’autre. C’est peut-être l’oubli de cette règle qui empêche le plus souvent de réussir.

1° La pression est le moyen auquel on a le plus souvent recours; c’est celui auquel l’instinct même semble d’abord conduire. On a tiré sur le bras, sur la cuisse, sur l’avant-bras, sur la jambe, jusqu’à ce que l’humérus, le fémur, le cubitus, le tibia soient revenus au niveau de l’interligne articulaire. Rien de plus naturel que de presser sur l’os encore saillant, et souvent en effet on réussit de cette manière. Mais c’est à la condition que Pautre os soit tenu pour le moins immobile, ou mieux encore qu’il soit pressé en sens inverse pour aller à la rencontre du premier. Ainsi il ne suffît pas de pousser l’oîécrâne en avant, si par un effort simultané on ne repousse l’humérus en arrière. J’ai vu souvent presser sur la tête du fémur, sans s’inquiéter du bassin ; et la pression, n’étant point contrebalancée par une contre-pression , se perdait sur le bassin au lieu de se concentrer sur la tête fémorale. De même dans les luxations du bras, j’ai vu échouer les pressions les plus énergiques sur la tête de l’humérus, parce qu’on avait oublié l’omoplate; en établissant une contre-pression sur Pacromion, une force beaucoup moindre suffisait.

La pression forcée peut être appliquée immédiatement et sans extension préalable, dans quelques luxations incomplètes

de l’humérus, du radius, du coude, du genou, de l’astragale, des phalanges ; mais elle est toujours facilitée par l’extension.

2° Le mouvement de bascule agit avec plus de puissance que la pression directe, mais toujours avec la condition indispensable d’une contre-pression égale en énergie. Les procédés anciens de l’épaule, de l’échelle, de la porte, etc. , pour les luxations de l’humérus, n’étaient guère que des procédés de bascule, malgré la recommandation d’une extension illusoire; et cette apparence d'extension a même complètement disparu dans l’ambi de Gersdorff. De nos jours on fait généralement précéder l’extension.

3° La flexion forcée est surtout utile dans les luxations du coude, des doigts et des phalanges. Ici encore il faut prendre grand soin, lorsqu’on fléchit l’avant-bras, par exemple, de repousser fortement l’extrémité de l’humérus en arrière; et lorsqu’on fléchit la première phalange luxée, de repousser pareillement la tête de l’os du métacarpe.

4° Le mouvement de rotation s’applique aux luxations unilatérales des vertèbres cervicales, à certaines luxations de l’humérus, du radius, du fémur, etc.

5° Le mouvement de circumduction a d’abord été essentiellement appliqué aux luxations de l’humérus. A. Paré est le premier qui le conseille : « D'auantage, dit-il, ne veux encore oublier de bien instruire leieune chirurgien , que si d’auenturela teste et l’os du haut du bras faut (manque) à entrer tout à l'heure en sa cauitè, il faut que le chirurgien branle çà et là le bras disloqué : et par ce moyen la teste de Vos rentrera en sa boette. » Portai raconte à son tour qu’un capucin renommé pour son habileté n’usait pas d’un autre n®q(yêh dans les luxations humérales récentes. Enfin Desault, eri l’appliquant aux luxations humérales ancienne , semble avoir voulu? en généraliser l’usage, en lui donnant pour indication d’agrandir par déchirure l’ouverture trop étroite de la capsule.

La coaptation s’opère tantôt par l’opérateur seul, tantôt avec des lacs, tantôt avec des instruments et des machines.

Le chirurgien presse avec les pouces, les mains, le genou, le pied ; fournit un point d’appui pour la bascule du bras luxé avec le genou, le pied, le poing, l’avant-bras replié, l’épaule; s’aide même quelquefois de la poitrine pour forcer avec plus

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