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CHAPITRE XIII

LUXATIONS DE L’ARTICULATION HUMÉRO-CUBITALE.

Il y a au coude deux articulations, qui, bien que liées l’une à l’autre par la communauté de la synoviale et une certaine connexité de leurs mouvements, diffèrent essentiellement par leur fonction principale; l’une destinée à l’extension et à la flexion de i’avant-bras, l’autre à la rotation du radius sur le cubitus dans les mouvements de pronation et de supination. Elles diffèrent également au point de vue pathologique, au moins en ce qui concerne leurs déplacements ; et c’est pourquoi je traiterai à part des luxations de l’une et de l’autre.

L’articulation huméro-cubitale offre bien rarement des luxations pathologiques, et je n’en connais même qu’un seul exemple. Les luxations congéniales y sont presque aussi rares ; et l’on y observe surtout des luxations traumatiques.

ART. I. — LUXATIONS TRAUMATIQUES.

Elles sont assez fréquentes ; et, pour mon compte, ce sont . celles que j’ai rencontrées le plus souvent, après les luxations de l’humérus. Mais les chiffres sont toujours si faibles, que dans d’autres séries la proportion est sujette à varier ; et c’est ainsi que, dans le tableau des luxations relevées sur les regis-

1 Mémoires de l’Acad. de médecine , 1841, [). 703.

DES LUXATIONS DE L’ARTICULATION HUMÉBO-CüBITALE. 571

très de l’Hôtel-Dieu, elles ne viennent qu’en quatrième ordre, après celles du fémur èt de la clavicule.

L’influence du sexe est ici à très-peu près la même que pour les luxations de l’humérus. Sur les 26 cas dë l’Hôtel - Dieu, on ne comptait que 5 femmes; sur les 21 de Saint-Louis, 6 femmes ; C’èst-à-dire en tout moins du quart. Mais il en est tout autrement de l'influence dés âges , et il y à entre les deux articulations un véritable antagonisme • on en jugera par le

tableau suivant.

Age.

Hôtel-Dieu.

Saint-Louis. Total.

10 à 15 ans

4 Üom.

» fem.

2 liom.

» fem. 6

Ainsi, de 5 à 15 ans, l’articulation scapulo-huméraîe n’avait souffert que 4 luxations sur un total de 370 ; le coude en offre 6 sur 47. De 15 à 25 ans, on comptait pour le bras 36 luxations, moins d’un dixième ; pour lé Coude, 16, environ le tiers. D’une autre part, dans la première vieillesse, de 45 à 60 ans, il y avait 124 luxations du bras , plus du tiers; 4 seulement du coude, moins d’un dixième, juste la proportion renversée. Et enfin,' passé 60 ans, mettez en regard les 3 luxations du coude et les 109 luxations de l’humérus, et jugez si l’opposition est complète.

Toutefois il faut ajouter que dans la première enfance les luxations du coude sont aussi rares que les autres ; ainsi je ne sache pas quon en ait observé avant l’âge de 6 ans.

Les Variétés de ces luxations ont été fort mal étudiées jusqu’en ces derniers temps. Hippocrate parlé clairement de la luxation en arrière, et même, chose curieuse, de la luxation en avant; il semble aussi décrire des luxations latérales, complètes et incomplètes, mais en s’enveloppant d’une obscurité presque impénétrable. Celse admet des luxations en dedans, en dehors, en avant, en arrière, et y ajoute la luxation isolée du cubitus, qui resta ensuite oubliée jusqu’à A. Cooper. Rufus rejeta même la luxation en avant ; Paul d’Egine la rappela, en la distinguant en complète et incomplète, aussi bien que la luxation en arrière. La confusion n’est pas moindre aux épo-

ques postérieures. Cependant, en général, sauf quelques malencontreux changements de nomenclature, et sans parler de l’assertion étrange de Duverney qui niait toutes les luxations du coude, on s’en tenait aux quatre luxations géométriques, en arrière, en avant, en dehors, en dedans ; et c’est là encore qu’en était la chirurgie du dix-peuvième siècle, quand A. Cooper, ne conservant de cette triste tradition que la luxation classique en arrière , réintégra la luxation isolée du cubitus, et décrivit, sous le titre de luxations latérales, des déplacements en arrière et en dehors , en arrière et en dedans. Ce nouveau cadre était déjà trop étroit pour les faits antérieurement constatés; mais l’observation contemporaine y a révélé bien d’autres lacunes. En ce moment, il faut reconnaître d’abord quatre grandes catégories de luxations en arrière en dehors, en dedans , et en avant, mais avec des caractères et des variétés qui diffèrent singulièrement de tout ce qui avait été enseigné jusqu’à nos jours; et j’y ajoute une cinquième catégorie pour les luxations du cubitus sur l’humérus et le radius à la fois. Voici donc dans quel ordre je traiterai successivement de eés luxations et de leurs nombreuses variétés.

1° complète, assez commune;

2° incomplète, la plus commune de toutes;

3° du cubitus seul.

4° incomplète en dehors;

5° en arrière et en dehors ;

6° complète en dehors.

7° incomplète en dedans ;

8° en arrière et en dedans.

9° complète et incomplète.

5o Luxations doubles du ( ,0° ena^ièreet du radius en avant,

eU^radiifs ida^oîs / 1 110 du c"bitus’ en arrière et en dehors du raet te radius a la lois : ^ dius, un seul cas.

J’ai classé parmi les luxations latérales celles qui se font à la fois en arrière et en dehors ou en dedans, d’abord afin de ne pas trop multiplier les catégories, et ensuite parce que les luxations latérales complètes en dehors ne sont, pour la plupart, qu’une exagération des luxations en arrière et en dehors. Quant aux luxations complètes en dedans, je ne sache pas qu’on en ait jamais observé.

1° Luxations en arrière : j

2° Luxations en dehors : |

3° Luxations en dedans : j 1° Luxations en avant : |

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