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avec un ressort d’acier, analogue à ceux des bandages herniaires; et M. F. Martin a employé avec succès une large ceinture en acier, rembourrée à l’intérieur, qui embrasse toute la circonférence du bassin , en passant sur les fosses iliaques externes dans l’espace qui sépare le grand trochanter de la crête iliaque.
En général, cette striction exercée sur le bassin permet immédiatement à la femme de se tenir debout, et même de faire de petites promenades sans douleur; et souvent il suffît pour cela d’un simple bandage roulé ou d’une serviette. Le mieux cependant est de prescrire de prime abord une ceinture bouclée; et si elle ne réussit pas, il sera temps de recourir aux ceintures métalliques. Un point bien important, c’est de veiller à ce qu’elles ne remontent point, de peur qu’en agissant sur les crêtes iliaques et rapprochant les os iliaques par en haut, elles ne tendent à les écarter par en bas. M. Moreau cite le cas d’une damé qui ne pouvait porter sa ceinture sans souseüisses; dès qu’on les ôtait, elle éprouvait la sensation d’un écartement extérieur. On lui fit faire un appareil qui embrassait à la fois le bassin, les trochanters et ia partie supérieure des fémurs ; . elle marchait ainsi, bien qu’avec une gêne facile à comprendre, et elle ne pouvait ni monter ni descendre un escalier. M. Amussat imagina une ceinture mécanique qui prenait ses points d’appui sur les trochanters et qu’il serrait avec deux vis de rappel ; elle détermina une irritation générale, des spasmes, de la fièvre, et il fallut y renoncer.
D’où vient cette facilité de la contention dans certains cas, cette difficulté dans quelques autres? Cela n’a pas été suffisamment recherché. La même discordance se remarque pour les résultats définitifs. En général, si le relâchement est récent, la consolidation s’opère en quelques semaines; plus ancien, la cure peut demander plusieurs mois ; et enfin, M. F. Martin rapporte des exemples de guérisons complètes obtenues en moins d’une année, pour des relâchements qui remontaient à deux et à quatre ans. Mais il y a aussi de fâcheuses exceptions : M. F. Martin rapporte lui-même un cas où son appareil échoua contre un relâchement qui datait de deux ans. Il eut alors l’idée qu’une nouvelle grossesse pourrait changer l’état des choses; seulement il recommanda de porter sa cein-
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ture pendant !a gestation, et de garder à la fois le lit et la ceinture au moins1 deux mois après les couches.. Cela réussit en effet, et, quatre mois environ après l'accouchement, la malade avait abandonné l’appareil et faisait sans fatigue des courses de deux lieues au moins.
Il y a donc là une ressource qu’on pourra utiliser dans quelques cas. Là où elle manquerait, on se rappellera que les bains froids ont réussi à Baudelocque et à d’autres ; Baudelocque les a administrés presqu’à la glace. On a aussi recommandé les bains de mer, les douches, les topiques toniques et astringents, ressources fort équivoques. M. Moreau a essayé aussi la cautérisation transcurrente, et malheureusement sans succès.
Je n’ai rien dit des cas où les symphyses relâchées seraient le siège de douleurs inflammatoires, persistant malgré le repos; c’est évidemment une complication qu’il faut avant tout faire disparaître, et qui réclame le traitement des arthralgies qu’il n’est pas de mon sujet d’exposer ici.
2° Des luxations par suite de sacro-coxalgie. — Lorsqu’à la suite de l’accouchement, une violente inflammation s’empare des symphyses déjà relâchées, la suppuration peut arriver à détruire les ligaments, les cartilages ; et lors même qu’une seule symphyse en serait le siège, le relâchement des autres permettrait, sans aucun doute, des déplacements même assez étendus. Mais, en dehors de ces conditions spéciales, on peut se demander si une sacro-coxalgie est capable de produire le déplacement des os.
Cela ne soulève pas même un doute chez nos pathologistes. Halm dit que la sacro-coxalgie rend la symphyse si lâche, que l’os iliaque est mobile dans toutes les directions ; et il ajoute que cette mobilité a été reconnue par un grand nombre de médecins. Bassius et Larrey en rapportent des exemples; dans un travail plus récent, M. Kluyskens en a réuni cinq autres *.
Le malheur est que pas un de ces prétendus faits ne supporte l’examen. Je ne parle pas de celui de Bassius dans lequel la luxation, irréductible avec les mains, fut réduite et
5 Halin, De la sacro-coxalgie; Archiv. gén. de me'd., 4834, t. IV, p. 657; — Bassius, Observationum Decad. I, obs. 3; — Larrey* Clinique chirurg-, t. III, p. 276; — Kluyskens, Revue médico-chir., t. VII, p. 167.
guérie en quatre ou cinq jours à l’aide d’un emplâtre-, mais, dans tous les autres, on apporte en preuve la mobilité de l’os iliaque, sans rechercher si le sacrum ne se meut pas avec lui ; puis le raccourcissement du membre, sans soupçonner la différence du raccourcissement apparent au raccourcissement réel. Il est d’ailleurs bien difficile d’admettre un déplacement de l’os iliaque, tant que la symphyse pubienne reste saine; èt l’on ne saurait prendre au sérieux, par exemple, cette observation de M. Kluyskens, où le membre était raccourci de trois travers de doigt, et la crête iliaque remontée d’autant, sans aucun dérangement de la symphyse pubienne.
Comment toutefois expliquer les phénomènes observés? Les deux faits suivants peuvent mettre sur la voie. Deventer avait cru voir aussi une luxation de l’os iliaque chez un enfant qui avait l’articulation coxo-fémorale ankylosée. Il pouvait, dit-il, se courber au point de s’asseoir sur un siège ordinaire et d’atteindre le pied avec la main. L’observation bien plus célèbre de Lhéritier concerne un jeune homme de 20 ans, porteur d’une semblable ankylosé ; en soulevant la jambe et la cuisse, on voyait l’os iliaque se mouvoir ; il était d’ailleurs plus élevé que son congénère; et comme enfin, dans la marche, la cuisse' ne jouait pas sur le bassin, trois chirurgiens, Lhéritier, Gobert et Pelletan, prononcèrent unanimement que l’iliaque était désuni d’avec le sacrum1.
Ici nous avons la clef des symptômes observés, l’ankylose de l’articulation coxo-fémorale. J’ai, vu des cas nombreux où cette articulation était immobile, soit par une ankylosé réelle, soit par une simple raideur articulaire, soit même par le seul effet de la coxalgie 5 dans tous ces cas on observe et le raccourcissement apparent du membre, et l’ascension apparente de l’os iliaque, et le mouvement apparent de cet os. On sait pourtant aujourd’hui que les deux premiers phénomènes tiennent à l’inclinaison du bassin ; quant au prétendu mouvement de l’os iliaque, j’ai fait voir, dès 1838, qu’il se passe tout entier dans la région lombaire du rachis 2. Plus d’une fois j’ai eu à corriger des erreurs de diagnostic pareilles à celles de
1 Deventer, Observ. sur les accouchements, ch. 3 ; — Lhéritier, Journ. de Fourcroy , t. IV, p. 236.
2 Voyez Vicberat, Thèse inaug., Paris, 18i0, p. 19.
Deveuter, de Lhéritier et des autres ; et, la luxation de l’os iliaque en de telles circonstances reste encore à démontrer.
ART. III. - LUXATIONS CONGÉNIALES
Je ne fais que mentionner l’écartement des pubis qui existe chez tous les sujets atteints d’extrophie de la vessie ; il y a là à la fois une perte de substance des parties molles et des parties dures, et c’est tout au plus une pseudo-luxation.
Bassius a décrit un diastasis de la jointure sacro-iliaque, qu’il a observé, dit-il, et chez de jeunes enfants, et chez des nouveau-nés ; il le donne comme une cause fréquente de claudication, et en rapporte trois observations. Palletta en parle également, mais comme d’une lésion très-rare, et ne paraît pas l’avoir vu par lui-même1. Les symptômes accusés par Bassius sont : un abaissement de la hanche du côté delà claudication, l’inclinaison du coccyx de l’autre côté, qui en est la conséquence toute simple; et enfin une légère saillie du sacrum à l’extérieur. On ne peut rien concevoir de plus misérable en fait d’observation et de diagnostic ; et ce qu’il y a de plus probable, c’est que Bassius aura eu affaire à quelques luxations pathologiques OU congéniales du fémur.