‹ Traité des fractures et des luxationsChapitre 74 sur 88 · ART. IL— LUXATIONS DES PHALANGES DES ORTEILS · texte numérisé non relu

ART. IL— LUXATIONS DES PHALANGES DES ORTEILS

Je n’en connais que deux exemples.

M. Broca a vu la deuxième phalange du troisième orteil incomplètement luxée en haut sur la première, par suite d’un coup de pied lancé à un chien. Une vive douleur s’était fait sentir à l’instant ; le blessé crut même voir que le bout de son soulier était soulevé, comme si tout le segment digital eût été luxé en haut ; il s’efforça de redresser son bout de pied avec la main, calma ainsi la douleur, et continua même à se promener pendant deux heures. M. Broca, appelé le lendemain, trouva la douleur localisée à la partie moyenne du troisième orteil ; cependant ce doigt n’était ni étendu, ni fléchi, ni raccourci, ni même déformé d’une manière apparente. Mais un examen attentif fit sentir à la face dorsale une saillie appartenant à la deuxième phalange, tandis que la première proéminait à la face plantaire ; et le peu de hauteur de ces saillies accusait clairement une luxation incomplète. La réduction fut effectuée en plaçant les deux indicateurs sur la saillie plantaire, et pressant des deux pouces sur la saillie dorsale ; puis l’orteil fut maintenu par deux petites attelles de carton, fixées avec des bandelettes de diachylon. Le 7e jour, le malade se leva, l’orteil entouré d’une bande dextrinée, qu’on enleva le 26e jour. L’articulation était un peu roide ; on prit soin de la faire mouvoir, et la guérison fut parfaite1.

L’autre cas, dû à M. Pinel, était une luxation compliquée de la phalangette du gros orteil, occasionnée par une chute de

i Broca, Revue médico-chirurgicale, 1853, t. XIV, p. 153.

DES LUXATIONS DES ORTEILS

cheval dans laquelle l’homme avait eu le pied pris sous ranimai. La phalangette, complètement .luxée, était renversée en dedans ; la tête de la phalange sortait à travers une rupture des téguments, qui permettait de voir le ligament latéral externe déchiré et les tendons intacts. On appliqua un appareil qui tendait à redresser graduellement la phalangette sans masquer la plaie. Une petite portion de la phalangette s'exfolia ; le malade ne commença à marcher qu’au bout de deux mois, et ne reprit ses travaux qu’un mois plus tard. Les deux phalanges étaient réunies par une fausse ankylosé; on dit cependant qu’il marchait aussi bien qu’auparavant h

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