CONTRE-INDICATIONS OPÉRATOIRES
L'âge du malade, si avancé soit-il, n’est certainement pas une contreindication formelle à la greffe, puisque Tuffier à réussi la greffe de cartilage sur un homme de soixante-dix ans. Lexer à greffé avec succès la partie inférieure du eubitus à un malade âgé de quarante-huit ans et Kuttner à eu un excellent résultat en greffant l'articulation du genou à un homme de quarante-cinq ans.
Néanmoins, les gens âgés présentent un terrain moins favorable pour toute greffe, et on ne doit pas perdre de vue qu’une greffe articulaire imposerait un long séjour du malade au lit plus préjudiciable à un vieillard qu’à un jeune homme. Mais ce sont des considérations générales applicables à toute intervention grave et la résection d’une grande articulation, et son remplacement par une articulation empruntée doit être considérée comme telle et exige, naturellement, un bon état général. On s’abstiendra donc de la pratiquer sur des gens débiles ou sur ceux qui présentent des lésions pulmonaires, en même temps qu’une arthrite tuberculeuse. |
Mais ce qui surtout pourra constituer une contre-indication, à la greffe articulaire, c’est la gravité et l'étendue des lésions.
Une tumeur maligne et très étendue fera rejeter la greffe articulaire, lorsque, pour dépasser suffisamment les limites du mal, on doit réséquer
un fragment ostéo-cartilagineux trop long. Mais quelles sont les limites qu’on peut assigner actuellement à cette résection ? Les succès de Kuttner et de Lexer nous indiquent celles que ces auteurs ont atteintes. Dans l'observation de Kuttner, la longueur du segment de fémur transplanté mesurait 17 centimètres. Quant à Lexer : «Dans les greffes des extrémités articulaires, dit-il, je suis allé, au point de vue de la grandeur du morceau, jusqu’à moitié de la diaphyse. » Dans un cas, en effet, ce chirurgien à remplacé 20 centimètres d’humérus par un morceau du tibia de même longueur recouvert de sa surface articulaire.
IL nous reste à envisager les contre-indications tenant à l’état de l’appareil articulo-moteur. Comme le dit bien Ducuing, il est clair que toute tentative de greffe articulaire est vaine si lon se trouve en présence d’un malade atteint d’une arthropathie tabétique ou syringomyélitique. Mais l’'atrophie musculaire prive-t-elle le malade d’une tentative de greffe artieulaire ? I1 faut évidemment sérier les cas. Si tous les muscles d’une articulation ankylosée sont frappés d’impotence, point n’est besoin de tenter une greffe qui rendrait les plus mauvais services, en substituant à l’articulation ankylosée, mais utile, une articulation inutile parce que trop mobile.
Mais, si dans le groupe des muscles articulo-moteurs il en est qui, suffisamment intacts, peuvent être substitués par transplantation tendineuse aux muscles lésés, on pourra tenter une greffe articulaire.
De fait, Lexer, dans une merveilleuse observation, oreffa une articulation du genou, puis reconstitua un appareil d'extension par une greffe musculaire autoplastique. A cet effet, il a rabattu un fragment du droit antérieur qu’il a suturé à un lambeau du jambier antérieur. Et cette malade qui à subi une greffe articulaire complète pour ankylose du genou et la oreffe musculaire, marche sans canne avec une légère boiterie et elle monte les escaliers sans s'appuyer!