GREFFES ARTICULAIRES SANS CAPSULE NI SYNOVIALE
Quatre observations ont été publiées, où la greffe fut ainsi faite. Trois par Lexer, avec de très bons résultats ét une par Hinz, où l’échec était dû à la Suppuration dont nous ne connaïssons pas les causes, mais qui explique suffisamment cet échec, car toute suppuration, qu’elle soit due à une faute opératoire, ou à l’état infectieux de la région opératoire, détermine fatalement la destruction partielle ou totale du grefton.
Une des observations de Lexer se rapporte à une jeune fille de dix-neuf ans, qui présentait une ankylose à angle droit du genou gauche, pour arthrite ostéomyélitique ancienne. Après avoir réséqué son genou, tout en gardant : la rotule et le reliquat du ligament rotulien, Lexer lui a greffé un genou prélevé au moment même sur un membre amputé pour gangrène sénile. La capsule et les ménisques sont enlevés, maïs les ligaments croisés sont conservés.
Le transplant est encloué sur les extrémités osseuses, le ligament rotulien du porteur à été suturé au périoste du greffon. Guérison sans incident.
Trois mois après la greffe, on intervient pour enlever la rotule qui, peu à peu, s’est soudée à l’article. À cette occasion, on constate que les épiphyses du greffon sont fixées, les surfaces articulaires lisses et normales.
En quatre mois, on obtient une mobilité passive de 45° sans mouvements anormaux. Cette mobilité n’augmentant pas, on greffe un lambeau de membrane d’hydrocèle au-devant de l’article. Au cours de l’opération on constate que les surfaces articulaires sont lisses et traversées par des vaisseaux visibles. Les ligaments croisés saignent à l’incision. Les fortes masses cicatricielles remplacent les ligaments latéraux.
Les suites opératoires sont bonnes, La flexion passive devient possible jusqu’a l’angle droit.
Trois mois plus tard, on fait une quatrième opération pour remédier au défaut de l’extension de la jambe. On pratique une greffe musculaire autoplastique ; on rabat un fragment du droit antérieur, que l’on suture à un lambeau du jambier antérieur. On constate, au cours de l’opération, que la vaginale greffée est remplacée par une callosité dure et blanche ayant l’épaisseur du pouce.
La malade après ces diverses opérations put marcher sans canne, mais avec une légère boîterie. Elle monte les escaliers sans s'appuyer ; pour descendre, la
démarche est un peu hésitante.
La deuxième observation de Lexer se rapporte à une autre jeune fille qui
présentait une ankylose à angle droit du genou gauche, consécutive à une arthrite tuberculeuse. Cette fois-ci, Lexer laissa les ménisques intacts entre les fragments épiphysaires transplantés. On n’a gardé ni rotule, ni ligament rotulien. Guérison sans incidents. La radiographie montre aujourd’hui un cal puissant, passant comme un pont sur les disques épiphysaires et rétablissant une forme quasi-normale de l’os. Les mouvements et la charge articulaire produite par la marche sont indolores.
La -troisième observation de Lexer à trait à un homme de vingt ans, auquel il a extirpé complètement le genou, qu’il a remplacé par un genou prélevé sur un membre amputé, ne gardant que les extrémités articulaires et ligaments croisés sans synoviale. Deux mois après la greffe, on a commencé la mobilisation active. La flexion atteint actuellement 300.
Enfin Hinz a également publié une observation où le genou réséqué pour arthrite tuberculeuse fut remplacé par un genou sans capsule ni synoviale, prélevé sur un homme mort d'accident, une heure et demie auparavant.
La suppuration s’est fait jour bientôt par des fistules, mais le chirugien ne s’est décidé d’enlever le greffon, par une nouvelle résection du genou, que onze mois après la première opération.
I1 à constaté que, malgré cette longue suppuration, le fragment tibial était complètement soudé par un cal osseux, mais le fragment fémoral était entierement résorbé. Le cartilage était détruit.