‹ Traité des greffes humainesChapitre 160 sur 188 · OBSERVATION CLXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION CLXI

Mac Wuzrams (New-York). — Greffe d'un fragment de côte après résection du maxillaire inférieur. (Communication à la Société de Chirurgie de New-York, séance du 10 avril 1912, in Annals of Surgery, tome LVI, n° 3, septembre 1912, p. 317 à 395.)

M. W. apporte une contribution à la question des transplantations osseuses en publiant deux observations de greffe costale.

O8s.[. — Un garçon de douze ans est opéré par M. W..., en novembre 1910, d’un sarcome siégeant dans la partie gauche du maxillaire inférieur. L’os est sectionné à environ un pouce se la ligne médiane et la moitié atteinte est désarticulée. Au bout de quinze mois, en février 1912, aucune trace de récidive n'étant apparue, M. W..., décide de remédier à la difformité causée par l’absence du maxillaire. Une incision est faite au niveau de l’ancienne cicatrice et une véritable loge est préparée pour la transplantation osseuse. On fait alors la résection sous-périostée de la 7° côte et on en RUES juste la longueur convenable pour remplacer la portion absente du maxillaire : l'extrémité antérieure est adaptée à l'extrémité avivée du maxillaire et y est fixée au moyen d’un point au catgut chromé ; l'extrémité postérieure de la côte est laissée libre en regard du condyle temporal. Six trous sont faits au travers de l’arc costal destinés, Fe l'esprit de M. W..., à mieux assurer la nutrition de l'os. Les suites opératoires ont été très bonnes. La plaie s’est réunie par première intention et le transplant osseux semble bien solide.

L'opération toutefois ne remonte qu'à deux mois, ce qui ne permet pas d’ apprécier les résultats éloignés.

OBSERVÆATION CEXIII

Turrier, — Greffe de cartilage. (Société de chirurgie. Séance du 1° mars 1911.)

La première tentative de résection chondroplastique a été présentée dans la séance du 1% mai 1901, il y a presque dix ans (Bulletins et Mémoires de la Soc. de Chirurgie, 1°". mai, page 492).

I s'agissait d’un malade auquel, quatre mois auparavant, j'avais réséqué la région comprise entre le col chirurgical et le col anatomique de l’humérus pour une to comminutive. Au cours de l'opération, j'avais enlevé toute la surface cartilagineuse humérale et le tissu osseux sous- -jacent, je l'avais placé dans une compresse. 1: résecton terminée, j'ai appliqué toute cette tête revêtue de cartilage sur la section oblique de l’humérus, et je la suturai par trois points au catgut. ba tête” articulaire ainsi reconstituée fut remise au contact de la glène et la nule suturée de façon à maintenir cette coaptation. Le résultat fut parfait. Je vous l’ai présenté. Il me fut dit alors que ce fragment s’atrophierait. J'ai, pour me rendre compte de la valeur de cette affirmation gratuite, pratiqué chez un chien une résection semblable du genou. Six semaines après, l'articulation était normale. Je crus donc pouvoir continuer mes essais dans cette voie.

OBSERVATION CEXIV

Turrier. — Greffe de cartilage. (Idem)

Un jeune homme de vingt-six ans’était atteint depuis dix ans d’une tumeur blanche du coude à marche lente. Cette tuberculose s'était terminée par une ank ylose i incomplète et douloureuse à angle obtus. Le 29 novembre 1910, c’est-à-dire il y a quatre mois, je pratiquai une résection classique, puis sur la surface humérale cruentée, je plaçai un cartilage provenant du coude d’une amputation pour traumatisme, conservé dans la glacière depuis cinq jours. Il fut taillé sur mesure et suturé au périoste voisin, fixé par quatre points de catgut passés à travers son bord libre et dans le périoste voisin; méme manœuvre pour le cubitus et le radius. J'ajoute que là encore, il ne s'agissait que de véritables feuilles cartilagineuses souples, sans apparence d'os à sa partie profonde.

Ne craignant pas de raideur articulaire consécutive à la résection, on put rapprocher avec le plus grand soin toutes les parties fibreuses, ligamentaires, péri-articulaires, de facon à assurer la solidité de la néartrose. Immobilisation d’abord pendant une sémaine, en extension, puis mobilisation progressive, ce jeune homme est actuellement manouvrier et travaille toute la journée ; vous avez pu voir que la flexion et l'extension sont parfaites, qu'il n'y a pas le moindre mouvement de latéralité.

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