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SYMPTÔMES ET DIAGNOSTIC DES HERNIES INGUINALES

ï j a hernie inguinale est beaucoup plus fréquente chez l’homme que chez la femme. On la rencontre rarement chez cette dernière, tandis qu’on a calculé que, sur cinquante hernies dans l’homme , il y en a quarante-neuf de ce genre. Les dimensions plus grandes de l’anneau dans le sujet mâle, expliquent suffisamment cette différence.

On Fa observée plus fréquemment du côté droit que du gauche , et l’on a attribué cette différence à l’emploi du bras droit dans les cas qui exigent le plus de force et d’activité (1).

(1) y En fait de hernies inguinales , il y en a un tiers de « plus du côté droit que du côté gauche, sans doute à cause « des mouvemens plus violens du bras droit. Il n’en est pas « de même des hernies crurales , dont la différence, du côté « gauche au droit, n’est pas si sensible. » Juville , Trailé des band. hern. , pag. 22.

Sur cent quarante-deux hommes affectés de hernies à riiôtel des Invalides , Sabatier a trouvé que quarantaquatre avaient des hernies des deux côtés, que cinquantecinq en avaient du côté droit, et quarante-trois du côté gauche. Acad, de chir. , torn. Y, pag. 886. •

SelonPucnTERet Sabatier , l’épiplocèle inguinale estplus

SECTION lre.

Symptômes de la hernie inguinale.

La hernie inguinale offre les symptômes communs qui ont été indiqués dans la description générale de la maladie. Les autres circonstances qui forment le caractère distinctif de cette espèce particulière se tirent de la situation de la tumeur. Elle est confinée dans Faine , ou s’étend de Panneau abdominal , à différentes distances, dans le scrotum. On Faperçoit d’abord dans Faine, puis elle descend graduellement au-devant du. cordon spermatique. On peut trouver le testicule en arrière ou au-dessous de la tumeur , et le cordon spermatique peut quelquefois être suivi à sa partie postérieure. Elle paraît toujours se prolonger dans Panneau , ce qui la distingue de la plupart des autres affections de ces parties.

La hernie a une apparence bien différente , quand elle est contenue dans le canal abdominal. La tumeur, dans ce cas, est toujours très-petite, de sorte que le malade lui - même peut ignorer son existence ; et sa situation sous l’aponévrose de l’obliaue externe, en la rendant mal circons-

JL y

fréquente du côté gauche , parce que l’épiploon descend plus bas de ce côté. Trait, des hern . , pag. 200. — Médecine opératoire , torn. X, pag. 1 35.

dite, augmente encore l’obscurité du cas. La tumeur est placée précisément au-dessus de Farcade crurale et en dehors de l’ouverture inférieure du canal abdominal. Les circonstances doivent engager Se chirurgien à examiner Fame avec beaucoup d attention , dans les cas ou les symptômes font soupçonner une hernie , et à ne pas se contenter du rapport du malade. M. Cooper (i) nous fournit l’exemple d’une Femme qui, avec tous les symptômes de l’inflammation des intestins , les vo-

rmssernens nequcns et la constipation, soutenait n’avoir aucune tumeur à Faine ou au nombril. Cependant on trouva, après sa mort, une petite hernie inguinale.

Les apparences de la tumeur ne mettent pas toujouis le clin iirgien a meme de distinguer la beinie ventio-iiiguiiiale de l’espece ordinaire^ et cela est d’autant moins à regretter, qu’on ne pourrait tirer aucun avantage pratique de cette distinction. Si 1 on aperçoit que la tumeur se porte dnectement en haut dans i abdomen , par-dessus le pubis, et si l’on peut s’assurer que le cordon spermatique est en dehors de la hernie, on peut penser que c est un cas de hernie ventro-inguinale. M. Cooper, fait observer que ces hernies n’atteignent pas le volume auquel les hernies ordinaires parviennent

(i) Part. I , pag. 56.

ai a

fréquemment : toutes les hernies de cette espèce que j’ai vues étaient petites.

SECTION II

Diagnostic.

On peut ? en examinant avec attention Porigirie, les progrès et les symptômes de la maladie, distinguer une hernie des affections du cordon et du testicule.

Si Pon voit une tumeur du scrotum , uniforme à sa surface , qui a commencé en bas , et s’est élevée graduellement ; si l’on ne peut sentir le testicule , mais pourtant distinguer le cordon spermatique , avec son volume naturel et dans son état sain, au-dessus de la tumeur ; et, surtout, si Ton peut apercevoir la fluctuation , ou découvrir de la transparence , on peut assurer que la tumeur est causée par un épanchement de fluide dans la cavité delà tunique séreuse du testicule. On conclut au contraire que la maladie est une hernie , quand la tumeur a commencé à Panneau, et est descendue graduellement ; quand le cordon spermatique ne peut être senti , mais que le testicule peut être distingué • et quand les symptômes décrits plus haut comme appartenant à la hernie existent en même temps.

Quelquefois Phydrocèlè s’étend le long du cor-

don jusqu’à l’anneau , et la tumeur en meme temps peut être tellement tendue , qu’on ne puisse reconnaître la fluctuation. Le commencement de la tumeur en bas, et son ascension graduelle; son volume constamment le même, et l’impossibilité de distinguer le testicule , indiquent que c’est une hydrocèle. Mais, dans une hernie congénitale, le testicule ne peut être distingué, parce qu’il est renfermé dans le même sac que les viscères déplacés. Dans ce cas, l’extension delà tumeur dans l’anneau , ses changemens de volume suivant la position du malade , son origine de la partie la plus élevée, et l’impulsion occasionnée par la toux, font connaître l’existence d’une heYnie. Si la tumeur a commencé en bas , et ne varie pas dans son volume; si la toux ne lui communique aucune impression , c’est une hydrocèle. On a observé quelques cas où il y avait une collection de fluide dans les cellules du cordon spermatique : on les a désignés sous le nom d’hydrocèle du cordon spermatique. Dans ce cas, la tumeur s’étend dans l’anneau, et la position du corps influe sur son volume, qui peut être diminué par la pression sur l’anneau. L’origine de la tumeur en bas sert à établir le diagnostic (i). Si cette tumeur a diminué

(1) Scarpa dit qu’il est extrêmement difficile, et souvent presque impossible , de distinguer une hernie épiploïque

par la pression, et augmenté de nouveau , tandis que la main était encore appliquée à l’anneau, cela prouve suffisamment que ce n’est point une hernie.

Le cordon spermatique peut être le siège d’une collection de graisse, aussi bien que d un liquide. L on en voit quelquefois une petite masse près de Panneau, dans les cadavres; etîalaxitédn tissu environnant peut lui permettre de s’engager dans Panneau et de descendre ensuite. M.Pelletan (i) a noté cette disposition , qui avait été observée par Morgagni, sousle ijom de « hernie graisseuse. » Ii parle d’un cas où la masse avait le volume de quatre doigts et était accompagnée d’un petit prolongement péritonéal vide. Dans les cas qui se sont offerts à mon observation, cette dernière circonstance n’existait pas. Ces accumulations de graisse ne peuvent produire aucun inconvénient, ni même aucun symptôme, excepté la tumeur. Elles ne constituent point une maladie, et en conséquence, il n’est pas nécessaire de donner aucun caractère positif de différence entre elles et les hernies.

vSi la tunique vaginale communique avec Pabdomen , lu tumeur peut être réduite , et descend de nouveau quand on cesse la pression Le senti-

d’un cas de ce genre, qu’il appelle Hydrocèle peu' infiltra lion. Mém. I , § 3 1 .

(i) Clinique chirurgicale y t. Ill, p. 33.

DES HERNIES INGUINALES. r2l$

ment de fluctuation, îa transparence de la tumeur, et l’absence des signes particuliers de la hernie , montrent que c’est une hydrocèle.

Le défaut de connexion avec l’abdomen , îa fluctuation , le volume invariable et la surface uniforme de la tumeur, distinguent une hydrocèle enkystée du cordon d’avec une hernie.

La sensation communiquée aux doigts de l’observateur par les veines distendues et tortueuses du cordon spermatique variqueux est si caractéristique, que, quand on l’a éprouvée une fois, on ne peut que difficilement prendre un cirsocèle pour une hernie. Mais cette observation , qui est vraie relativement à l’état récent de la maladie, n’est pas d’une utilité constante; et les chirurgiens les plus expérimentés ont avoué la difficulté de distinguer dans quelques cas une hernie épiploïque de l’état variqueux des veines spermatiques. Le cirsocèle volumineux et ancien est mou et pâteux au toucher, et, comme la hernie épiploïque, il s’étend dans l’anneau meme qui peut être dilaté par sa présence. Il s’accroît quand le malade tousse , retient sa respiration, ou reste long-temps debout ; et il diminue par la position horizontale , et même jusqu’à un certain point par la pression. Nonobstant cette ressemblance entre les deux maladies , on peut les distinguer en faisant attention à la circonstance suivante. Le cirsocèle commence à la

partie inférieure du scrotum , et s’élève vers l’anneau à mesure qu’il s’accroît. Le commencement et les progrès de l’épiplocèle sont précisément en sens inverse. L’augmentation et la diminution du cirsocèle dans les circonstances indiquées ci-dessus se font graduellement; et en appliquant la main à l’anneau , on ne peut sentir aucune partie en-» trer dans l’abdomen ou en sortir. Le testicule, dans cette maladie , est souvent diminué de volume.

Dans le cas de doute , M. Cooper recommande 3a manière suivante de distinguer les deux maladies. Il faut placer le malade dans la position horizontaie, et* réduire la tumeur. Le chirurgien presse sur l’anneau avec son doigt, et permet au malade de se lever. La pression est assez forte pour s’opposer à la sortie des viscères, mais ne l’est pas assez pour arrêter le passage du sang dans l’artère spermatique. Si la tumeur se reproduit pendant la pression, c’est un cirsocèle.

L’absence du testicule dans le scrotum , et la sensation particulière excitée par la pression de la tumeur, distinguent suffisamment la descente d’un testicule. Quand cet organe est dans l’aine, il peut, dans quelques cas , être poussé en partie dans l’anneau, et ensuite il en sort. L’application d’un bandage occasionnerait probablement une douleur qui suffirait pour faire reconnaître ce cas, quand même

on n’aurait pas aperçu Fabsence d’un testicule dans îe scrotum.

La hernie scrotale peut être compliquée de quelque maladie du cordon et du testicule ; et cette complication rend le diagnostic plus difficile (i). Si l’on peut réduire les parties déplacées , on déterminera plus aisément la nature de l’autre affection ; et l’histoire de la maladie pourra servir à la faire reconnaître.

Comme le ligament rond n’est pas exposé aux

maladies qui attaquent le cordon spermatique et le testicule , le diagnostic de la hernie inguinale , quand elle se rencontre dans la femme , n'est pas aussi obscur et aussi difficile que dans l’homme. On peut la confondre avec la hernie crurale > comme je le dirai dans le chapitre consacré à ce sujet. L’ascension de Futérus pendant la grossesse la fait disparaître.

(i) Hernie scrotale avec hydrocèle du cordon spermatique. La hernie, dans ce cas compliqué , était poussée en avant d une manière remarquable. On l’opéra, à cause de l’étranglement. Après la réduction de l’intestin , on piqua la tumeur par derrière , il s’en échappa un liquide , et « on « aperçut dans le fond du kyste une substance vésiculaire , « gélatineuse , qui fut soulevée avec des pinces , et emportée % d’un coup de ciseaux.» Scarpa, pag. 196.

OPÉRATION DE LA HERNIE

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