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CHAPITRE XIX

HERNIES VENTRALES

Leur siège et leurs symptômes *

O n donne le nom de ventrale aux hernies qui se font en avant ou sur les côtés du ventre, sans passer par l’ombilic, par le canal inguinal ou crural. Elles sortent par des ouvertures des muscles de l’abdomen ou de leurs aponévroses; et elles peuvent arriver dans presque tous leurs points. Elles sont beaucoup plus rares que les espèces • décrites jusqu’ici. Leur siège le plus ordinaire est dans l’intervalle des deux muscles droits de l’abdomen , au-dessus du nombril ; on les a vues ? dans cet endroit, avoir depuis le volume d’une olive jusqu’à celui du poing ou même de la tête (i). Les plus petites se font dans le scrobicule du cœur, sur les côtés de l’appendice xyphoïde, et ont été appelées, par les Français (2), hernies de V estomac „

(1) Ranby dans les Philosophical Transactions , i^3i, n° 421.

(2) Garengeot, Mémoire, sur plusieurs hernies singu

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dans îa supposition qu’elles contiennent uneportîoti de ce viscère. Quoique leurs symptômes soient les mêmes que ceux qui indiquent les affections de Festomâc, je pense qu’on n’a jamais vu une partie de cet organe dans aucune de ces hernies; le voisinage de l’estomac explique assez la grande irritation qu’il éprouve dans ce cas. Laplyronie (i) a trouvé une portion du colon dans une petite her-» nie ventrale, qui avait donné lieu, pendant la vie, aux symptômes assignés aux hernies de l’estomac. Littré (2) a rencontré le même intestin dans une hernie située à trois travers de doigt au-dessus de l’ombilic : il semble probable que cet intestin doit être déplacé , plutôt que l’estomac, dans de semblables cas. Ces hernies sont quelquefois si petites, qu’elles ne produisent aucune tumeur à Fextérieur (3) ; cependant elles peuvent avoir le volume du poing.

Sans être étranglées , çes hernies occasionent

libres. Mém. de V acad. de chir. , tom. I, pag. ^02 et suiv»

Pipelet, Nouvelles observations sur les hernies de la 'vessie et de V estomac , ib. , tom. IV, pag. 188 et suiv.

(1) Mém. de l’acad. de chir. , tom. IV , pag. 198.

(2) Sur une hernie rare. Mém. de V acad. des sciences ,

(3) Arnaud a vu une hernie à côté de l'appendice xyphoïde, qui n’était pas plus grosse qu’un noyau de cerise. Traité des hernies y tom. I, préface , pag. 83.

HERNIES VENTRALES. f$lj

divers symptômes que Ton rapporte fréquemment à d'autres causes, et auxquels on ne peut remédier qu’après avoir reconnu la véritable nature de la maladie. On parviendra probablement à cette connaissance, en faisant attention à l’opiniâtreté des symptômes, et en suivant le précepte d’examiner avec soin les lieux qu’occupent le plus souvent les hernies dans les affections où l’estomac et les intestins sont intéressés. On doit attribuer la cause des symptômes à la pression et à l’irritation qu’éprouvent les parties déplacées. Le malade éprouve des douleurs et des tiraillemens d’estomac; la région épigastrique est quelquefois si sensible, que la settle pression des vêtemens est douloureuse. Ladigestion est tellement troublée quelquefois, que la plus légère nourriture irrite l’estomac. Les voimssemens, les hoquets et les nausées se montrent fréquemment; surtout après que le malade a pris de la nourriture. Il y a souvent de la constipation, des défaillances, une faiblesse extrême. Les symptômes sont ordinairement plus intenses après le repas, et diminuent ou même disparaissent toutà-fait quand le malade est couché. La tumeur est plus apparente, quand le malade se tient debout, ou lorsque son corps est courbé en avant; mais on ne peut la distinguer quand il est couché, parce que, dans cette positionnes parties rentrent dans îe ventre. Quelquefois il est possible de distinguer

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l’ouverture; alors on peut sentir une impulsion communiquée au doigt quand, on fait tousser le malade.

Les hernies à travers la ligne blanche sont beau» coup moins fréquentes au-dessous qu’au- dessus de l’ombilic.

La ligne semi-lunaire (i) , les hypochondres (2), les côtés du ventre entre l’ilium et la dernière côte (3), et la région lombaire (4), peuvent être le siège des hernies ; mais ces cas sont rares.

(1) Ledran, Traité des opérations , pag. i43. — - Klink. os ch , Programma , quo divisionem herniarum , novamque hernia ventralis speciem proponit ; Prag. 1764. — 1 2 3 4 San» di fort y Thesaurus dissert. , tom. II ; et dans les Disserta • tiones pragenses , vol. I. — M. Cooper en a vu trois exemples y et dans les trois , la tumeur était au-dessous du niveau du nombril. On crural and umbilical hernia , pag* 58.

(2) La Chausse , De hernia ventrali , §. 12 , Argeutorati

et dans les Dissert. chir. de Haller, tom. Ill, §. 12. — - Gunz , de herniis , pag. 91. — Heister, Dis s. de hernia incarceratâ , suppuratâ , etc . , g. 5 ; dans les Disserta chirurg. de Haller, tom. III. — Soemmerring , Uber die ürsache , etc. ; der bruche am bauche und becken , pag. 3i, — Cas de hernie ventrale à Fhypochondre droit, à peu près au niveau de l’ombilic , occasionné par des efforts faits pour lever un fardeau pesant. Journal de Loder, vol. Ill, pag. 447s

(3) Petit , Traité des mal. chir . , tom. II, pag 225. La tumeur avait la grosseur de la tête d’un enfant , et rentrait ordinairement dans la position horizontale. La Chausse 9 lib. cit. g. i2.

(4) Il av at on y Traité des plaies d’armes à feu . Obs. 60 ,

HERNIES VENTRALES. 5ig

L'ouverture par laquelle les parties s'échappent, est ordinairement très-grande dans les hernies ventrales, et plus spécialement, dans celles qui ne se font pas sur la ligne blanche. Aussi la tumeur est-elle large et aplatie, la base en formant la partie la plus étendue; delà aussi ces hernies dis-

— Les particularités du cas rapporté dans les Transactions philosophiques 9 n° 4io ? art. 2, par M. J. Bubgen , et qu’on a regardé comme une hernie delà vessie urinaire, vers les reins, ne sont pas exposées d’une manière suffisante, pour en faire déterminer la naturel et l’on ne peut en conclure que c’était une descente, ni que la tumeur contenait la vessie urinaire.

Une fille vint au monde avec une tumeur indolente, delà couleur de la peau, du volume d’un oeuf de pigeon , située près des dernières vertèbres. A Fâge de dix ans, la tumeur avait acquis le volume d’une vessie de veau, et, sept ans après, elle était plus grosse qu’une vessie de vache. A cette époque, elle s’ouvrit et donna issue à beaucoup de liquide, « instar urinæ. » « Pie perspectâ, invenimus tunicas ( et interius materiam mucosam) ureteres, venas et arterias , taies omninb, quales vesica habere cousue vit 3 nec defuit commercium quoddam cum partibus internis per foramen in vertebris hominis minorent in abdomen admittens, quod vasa memorata recipiebaL » La malade mourut en quatre jours, et si les parens avaient permis de faire l’ouverture du cadavre, l’auteur de l’observation ne doute pas qu’on aurait trouvé que la tumeur était formée par la vessie urinaire , parce que la jeune fille n’avait pas rendu d’urine depuis que la tumeur s’était ouverte*

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paraissent-elles ordinairement;, ou sont-elles réduites avec beaucoup de facilité dans la position horizontale; et ne sont-elles que rarement étranglées.

Causes:

Comme il n’y a point d'ouverture naturelle dans les parois abdominales, aux endroits où se montrent les hernies ventrales, il paraît d’abord difficile de se rendre compte de leur formation. De petits vaisseaux sanguins et des fdets nerveux se portent vers la peau en traversant les muscles de l’abdomen : on a imaginé que les ouvertures qui leur donnent passage , peuvent , quand elles sont plus grandes que d’ordinaire, favoriser la formation de hernies; mais cette explication est au moins fort douteuse. On ne remarque pas de semblables ouvertures sur la ligne blanche, qui est le siège le plus fréquent de ces hernies; et quoiqu’elles soient très-nombreuses sur l’aponévrose du muscle oblique externe, elles sont fermées en haut du côté de l’abdomen, par les muscles -placés derrière cette aponévrose.

ïl paraît que la ligne blanche présente quelquefois une faiblesse naturelle qui est très-favorable à la formation des hernies. M. Cooper (i) a vu

(1) On crural and umbilical hernia 7 pag. 58.

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trois hernies sur cette même ligne chez un enfant. Gunz (i) et Wrisberg (2), ont trouvé ces hernies compliquant des exomphales chez de jeunes sujets. On a observé un vice de conformation du même genre qui était beaucoup plus considérable; il consistait en une fente de deux travers de doigt de largeur, étendue de la poitrine au pubis, et par laquelle les viscères sortaient et rentraient avec une grande facilité (3).

Ces hernies arrivent quelquefois subitement, après un violent effort, et avec la sensation d’un déchirement ou d’un corps qui s’ouvre un passage à travers les parois abdominales. Il est certain que, dans de semblables occasions, les muscles de l’abdomen sont fortement contractés; et on peut bien concevoir qu’il se fasse alors une rupture dans quelques parties, de sorte qu’il s’y forme une hernie. Un cas que j’ai observé dernièrement, prouve évidemment que ce déchirement peut s’opérer. Une femme, qui avait été admise à l’hô-

(1) De herniis , pag. 72 ; sur un enfant de dix-huit semaines.

(2) Pv un olp ni , Diss. de peritonei diver ticulis ; Usque imprimis , quœ per umbilicum et lineam albam contingunt. Obs. I, sur une fdle de cinq ans.

(3) The new London med. journal 7 1792, yol. I; sur un enfant de deux ans.

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pilai de Saint-Barthélemi, en décembre 1809, pour un effort qu’elle avait fait en soulevant une table fort pesante , mourut d'inflammation de la poitrine. Lors de son admission, elle s’était plaint seulement de douleurs dans la région lombaire. Les deux muscles droits de l’abdomen étaient déchirés à peu près dans un tiers de leur épaisseur, et il y avait un peu de sang coagulé autour des libres rompues. Aucune déchirure 11e se remarquait dans leur gaine fibreuse (1).

Les plaies pénétrantes de l’abdomen sont ordinairement suivies des hernies. On trouve un exemple de ce genre au chap. 11, pag. 24 et s5 5 M. Wardr.op (2) a observé un cas dans lequel un morceau de bois ayant pénétré dans le ventre, entre Fépine iliaque et le pubis, il se forma, dans cet endroit une enterocèle longue de six pouces, large de quatre, revêtue d’enveloppes très-minces et pouvant se réduire avec facilité. On a constaté que les abcès dans les muscles abdominaux peuvent être suivis de hernies (3). Il paraît que des coups

(s) 11 y a dans le Journal de chir. de Paris , un cas dans laquelle péritoine elles muscles de l’abdomen furent rompus en travers dans l’espace de trois pouces, après une chute d’un lieu fort élevé , vol. 1 , pag. 366.

(2) Cooper, part. Il, pag. 60.

(3) « A l’égard des abcès , pour qu’après leur guérison ils

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leur ont aussi donné naissance dans quelques cas» Elles ne peuvent se former que difficilement vers le muscle droit , ou dans les endroits qui sont revêtus par les trois muscles larges de l’abdomen , à moins qu’il n y ait une lésion antérieure de ces parties, comme une plaie. La distension du ventre pendant la grossesse (i), prédispose aux hernies ventrales ; et spécialement à cette espèce dans laquelle les parois de l’abdomen cèdent dans une grande étendue.

Anatomie .

Le sac que le péritoine fournit aux hernies ventrales est entouré par une enveloppe formée par la condensation du tissu cellulaire voisin, et qui est

laissent une disposition à la liernie, il faut que la matière qui la forme , se trouve logée entre le péritoine et les mus» clés. J’ai vu deux fois ce cas , et l’un et l’autre à la suite des grossesses. » Petit, liv. cit. , pag. 25p.

(i) Scarpa fait remarquer que la partie supérieure de la ligne blanche cède plus que l’inférieure à l’impulsion de Futérus et des viscères abdominaux ; et que si on l’examine avec attention, en la plaçant entre l’œil et la lumière, sur le cadavre d’une femme qui a eu plusieurs enfans , on voit qu’elle est d’une épaisseur très-irrégulière , mince et trans-* parente dans quelques points , éraillée dans d’autres, et disposée à se fendre , soit en long , soit en travers. Mém, 5 ,

. io.

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elle-même reconvene par des tégumens. On dit que celles de ces hernies qui arrivent après une blessure ou un abcès n’ont pas de sac péritoneal, parce qu’on a supposé que le péritoine une fois divisé ne pou» vait se réunir. Je pense qu’on n’a prouvé cette assertion par aucun fait bien authentique.

Le contour de Fou vert lire est fibreux quand la hernie se forme à la ligne blanche; mais il offre des différences suivant lu situation de la maladie.

Les symptômes et le traitement des hernies ventraies sont, en général, les mêmes que pour les autres espèces des hernies ; on doit ici avoir les mêmes précautions d’éviter la constipation , les exercices violens , et les vêtemens qui compriment fortement la partie inférieure de la poitrine, ou l’abdomen.

Bandages .

On peut appliquer à la plupart des hernies ventrales, les observations qui ont été faites sur les bandages pour les hernies ombilicales. Une petite hernie de ce genre, comme il s’en montre par exemple quelquefois à la partie supérieure de la ligne blanche, peut bien être maintenue réduite au moyen d’un bandage inguinal ordinaire, légèrement modifié suivant les cas. Par un traitement

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aussi simple on a vu des malades être débarrassés de symptômes très-alarmans, et souvent se rétablir après avoir été dans un grand danger (ï). Quand la tumeur est d’un volume plus considérable, îe meilleur bandage que Ton puisse employer est celui qui a été inventé par M. Eaglànd, et que j7ai décrit au chapitre de la hernie ombilicale, pag. 484. On a trouvé quelquefois, que le moyen le plus facile de maintenir la tumeur, était un large corset lacé, fait de cuir ou de toute autre substance résistante, et appliqué par-dessus des compresses (a).

(ï) « «Fai Va plusieurs fois des malades attaqués depuis long-temps de nausées, d’envies de vomir, de coliques et de constipations , auxquels on administrait des médicamens de toute espèce sans aucun succès, et qui ont été guéris, comme par enchantement, par l’application d’un bandage qui retenait uiie hernie ventrale à peine sensible. » Sabatier, de la Méd ope'rat. , tom. I , pag. 176.

(2) « Il n’y a pas long-temps que j’ai été consulté avec plusieurs de mes confrères, pour une hernie de cette espèce , qui était au-dessus du nombril. Lorsqu’on posait le doigt sur l’écartement des muscles , et que îe malade faisait effort pour lever la tête de dessus l’oreiller, ce doigt se trouvait embrassé et serré sur les côtés. Il y avait des vomissemens fiéquens et douloureux, qu’on ne pouvait attribuer à aucune autre cause , puisque le jeune malade se portait bien d'ailleurs. Nous conseillâmes un corset, qui se laçât par derrière, pour rapprocher les muscles, et qui portât antérieurement

HERNIES VENTRALES

Hernie ventrale étranglée .

J ’ai déjà fait remarquer qu’à raison de la larger*? de l’ouverture par laquelle les viscères sortent de l'abdomen dans les hernies ventrales, ces tumeurs sont peu susceptibles d’étranglement. On cite peu d’exemple* d’un semblable accident. Littré ( i ) rapporte un cas fatal d’étranglement du colon dans une petite hernie ventrale de la ligne blanche; Petit (a), a vu l’étranglement survenir dans une hernie située entre la dernière côte et le bassin; et M. Cooper (3) fait mention d’une opéra» lion malheureuse dans un cas de hernie de la ligne semi-lunaire.

* On doit accorder plus de confiance aux purgatifs et aux cly stères, et persévérer plus long-temps dans leur emploi, dans une hernie ventrale étranglée, que dans les espèces ordinaires de cette maladie,. L’opération ne présente aucune difficulté, si elle de¬

mie pelotte large et plate, pour soutenir ïa ligne blanche. Une autre fois j’ai vu une tumeur herniaire, de forme al on— gée , dont la grosseur égalait celle d’un pain d’une demilivre. Le malade avait sept à huit ans, comme le premier , mes conseils avaient été à peu près les mêmes. » Sabatier, !iv. cit. , pag. 17 8.

(1) Mém. de V Ac. des sciences , 17 iZp

(2) Trait, des mal. chir. , 2e édit. pag. 2 2 5.

(3) On crural and umbilical hernia , pag. 60.

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vient nécessaire; et il n’y a aucune précaution ni indication particulière à observer. Il ne peut y avoir aucun vaisseau important près le col du sac. Si la tumeur passe le volume ordinaire, il sera bon d’opérer sans ouvrir le sac.

Distension des parois abdominales .

Il y a une autre espèce de maladie dans laquelle les viscères ne sont pas expulsés de la cavité abdominale, et qui, pour cette raison, ne doit pas être rangée parmi les hernies proprement dites; mais les causes, la nature et le traitement de ces deux maladies, offrent tant d’analogie, qu’on est excusable de les rapprocher. Les parois musculaires et apo~ névrotiques de l’abdomen, étant affaiblies, cèdent ensemble et se distendent de manière à former une large tumeur. Puchter (i), a vu une grosse tumeur, égalant pour le volume, le sein d’une femme, et située aux deux aines d’un même individu : il paraît que ce cas était du même genre que ceux dont nous venons de parler.

(i) Traité des hernies , pag. 8 , on trouve deux exemples de hernies du même genre dans Henckel , chirurgische operatio nen y tom. IV , pag. 67 et 76. — - Siébold rapporte un cas semblable dans le journal de Loder, 1797, vol. I , pag. 216. La tumeur, ayant la grosseur d’un petitpain , était située entre les cartilages des côtes et l’ombilic.

S 2 8 ÎÏEimiES VEKtRALËS.

Cependant , la ligne blanche est le siège le pînâ fréquent de cette affection; la dilatation de cette ligne peut être fort considérable , et n’avoir lien que dans une de ses parties ou dans toute sa longueur. Soemmering (i) a vu la ligne blanche s’écarter au-dessus de l’ombilic, chez une femme d'une faible constitution, qui avait eu plusieurs accouchemens laborieux. Mohrenheim (2) a observé un relâchement général de toute la ligne blanche, lequel s’étendait depuis l’appendice xyphoïde jusqu’au pubis, et qui avait paru après un accouchement laborieux. Quand le tronc était courbé en avant, la maladie formait une tumeur ovale qui devenait plus étroite et plus alongée, quand la femme se redressait.

La tumeur dans ces cas, doit avoir nécessairement une forme alongée; et; les côtés de l’ouvertore sont formés parles muscles droits. La distension des muscles de l’abdomen pendant la grossesse , dispose surtout à cette maladie, qui paraît presqti’entièrement propre au sexe féminin. Cette affection arrive plus facilement, quand l’intervalle des muscles

(1) TJeber die ur sache der Briïche am hanche und becken , pag. 27.

(2) Beobachtungen verschiedener chirurgischer vorfàUe, 1783, voî. II. Un cas semblable esl rapporté dans les Acta

physico-med . ; vol. II. Obs. 94.

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droits a beaucoup de largeur, et quand la ligne blanche est faible. Il n’y a pas d’étranglement à craindre puisque la base de la tumeur en forme la partie la plus large ; dans tous les cas, l’ouverture est très -libre.

Ces dilatations des parois abdominales sont quelquefois parvenues à des dimensions assez considérables pour mériter le nom $ éventrations que leur ont donné les Français (i). Ruysch, a vu l’utérus dans l’état de gravidité, contenu dans un large sac, formé parla dilatation des parois abdominales, et qui pendait jusqu’aux genoux. Lorry rapporte un cas semblable (2).

Une observation rapportée par Petit (3), montre jusqu’à quel degré ces dilatations peuvent s’étendre, et prouve la nécessité d’y faire attention dans les cominencemens. Une enfant, chez

laquelle on avait reconnu une faiblesse de la ligne blanche, fit usage pendant long-temps d’un corset lacé pardevant qui soutenait tout l’abdomen. Ce corset fut abandonné à Fâge de trois ou quatre ans, et la petite fille grandit sans en éprouver aucune incommodité. Petit la vit dans le sixième mois

(1) Petit , Ouv. cit. , pag. 224 et 287 , 2e édit. — Sabatier , de la Méd. opérât., tom. I, pag. 178.

(2) Journ. de méd., îom. LXI, pag. 274.

(3) Ouvr . cit. pag. 237.

HERNIES VENTRALES

de sa première grossesse; elle portait alors une énorme tumeur contenant Futérus dans Fétat de repletion, les intestins et Fépiploon; et formée par la dilatation de la ligne blanche. Cette femme avait éprouvé plusieurs attaques de coliques et de vo~ missemens, qui étaient devenues de plus en plus fortes et fréquentes, Garengeot a observé un cas de cette espèce dans lequel la tumeur descendait jusqu’au milieu des cuisses; et Lapeyronie a communiqué à Facadémie royale de chirurgie deux observations du même genre (i).

Dans ces cas, il convient d’employer des bandages larges et forts, lacés ou bouclés en avant ou en arrière, avec des compresses suivant le besoin.

Tumeurs graisseuses de la ligne blanche , qui ressemblent a des hernies.

On rencontre quelquefois de petites tumeurs graisseuses , dont le volume varie depuis celui d'une noix jusqu’à celui d’un œuf, et qui sont retenues par des pédicules, lesquels se prolongent vers le péritoine à travers des ouvertures de la ligne blanche : les Français (2) leur ont donné le nom de hernies graisseuses. On peut les prendre pour des hernies épiploïques, surtoutquand elles sont sus*

(1) Mém. de V Acad. ? t. I,pag. 701.

(2) Pelletan, Clin . chir. 3 1. 10, p, 33 et suir.

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ceptibles d’une réduction plus ou moins complète; et îa méprise serait facile, s’il y avait, en même temps, quelque affection intestinale dont on pût, avec quelque vraisemblance, rapporter la cause à une hernie (i); aussi, de semblables tumeurs ontelles été opérées comme des hernies. Dans un cas semblable, qui se présenta à l’Hôtel -Dieu, et pour lequel on fit l’opération, la tumeur, située au-» dessus de l’ombilic, était formée par une masse de graisse jaune (2).

Scarpa (3) a rapporté, avec beaucoup de candeur, un exemple semblable qu’il a rencontré luimême. Une femme fut saisie de coliques avec tension douloureuse de l’abdomen , nausées et suppression des selles. On découvrait, au-dessous de l’ombilic, du côté gauche de la ligne blanche, une tumeur du volume d’une grosse noix. Elle était formée, comme le prouva l’opération, par 1111e petite masse de graisse solide, et se terminait par un pédicule qui passait évidemment à travers îa ligne blanche : elle fut enlevée d’un seul coup de bistouri.

(1) Morgagini rapporte l’histoire d’un malade attaqué d’une affection intestinale , qui avait une tumeur de celte nature au-dessus du nombril. L’examen que l’on eu lit après la mort, prouva qu’elle était formée simplement par îa graisse. Epist. 43 , art. 10.

(2) Pelletan, LE. cit . , pag. 4° ? note 1.

(3) Mém. V , § i3.

HERNIES YENTRALES.

Le même auteur a rencontré deux tumeurs semblables sur le cadavre d’un homme âgé de cinquante ans. L’une était immédiatement au dessous du cartilage xyphoïde, et Fan ire, un peu au-dessus du nombril. La première avait le volume d’une petite noix, la seconde celui d un œuf de pigeon. Toutes les deux étaient formées par du tissu adipeux solide, et se terminaient par un pédicule rétréci, qui passait à travers la ligne blanche (i). M. Pelletan (2) en a observé cinq et même davantage sur un même individu, principalement dans l’étendue de la ligne blanche. M. Fardeau (3) en a rencontré trois sur un cadavre d’homme qu’il disséquait; une immédiatement au-dessous de l’appendice xyphoïde, une autre deux pouces au-dessus du nombril, et une troisième à la partie externe du cordon spermatique. La première avait le volume d’une noix, la seconde celui d’un œuf, et la dernière était grosse comme un testicule.

J’ai souvent rencontré de ces petites tumeurs dans mes dissections, et j’ai constaté qu’elles sont

(1) Liv. cit.

(2) Liv. cit., pag. 38.

(3) Observations sur trois hernies graisseuses sur le meme individu , dans le Journal général de médecine , etc. , ou Recueil publié par la soc, de méd. , par Sedillot , tom. %Ylll , pag, 268.

HERNTES VENTRA.LES,

toujours formées uniquement par de la graisse.

lia été fait mention delà présence de semblables masses graisseuses dans le cordon spermatique , en parlant du diagnostic des hernies inguinales* Voy. page 214.

HERNIES DE LA VESSIE

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