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CHAPITRE XXII

HERNIES VAGINALES

La tumeur dans ce cas, est renfermée dans la cavité du vagin ^ et se trouve revêtue en-dehors par la membrane de ce canal. Le péritoine se porte de la face postérieure de la vessie sur la partie antérieure de l’utérus, sans recouvrir aucune portion du vagin. Quand le cul-de-sac membraneux qui se trouve entre ces deux organes se trouve poussé en bas, une tumeur se montre à la partie supérieure et postérieure du vagin. Le péritoine passe du rectum sur la face inférieure du vagin dont il recouvre la moitié postérieure. Une hernie dans cet endroit doit former une tumeur à la partie inférieure et moyenne de ce canal. Le contact immédiat du vagin avec la vessie et le rectum, empêche cette sorte de hernie de se présenter précisément à la partie moyenne de ses faces supérieure ou inférieure, et la force de se placer ordinairement à ses parties latérales.

L’endroit où la hernie vaginale commence, est le même que pour la hernie du périnée ; la différence , dans ces deux cas , est que le vagin résiste dans le dernier, tandis qu’il cède dans le premier j aussi l’on doit s’attendre à trouver , comme

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Fa confirmé l’expérience, que les femmes qui ont eu des enfans, sont plus exposées à cette affection. La distension du vagin et des parties voisines doit en effet affaiblir leur force de résistance j cependant cette hernie peut se montrer chez des femmes qui n’ont jamais eu d’enfans (i). L’intestin -grêle paraît être la partie qui forme le plus souvent cette tumeur* cependant quelquefois la vessie urinaire se déplace de cette manière, et la hernie se rencontre alors à la partie antérieure ou supérieure du vagin. Les causes de cette hernie ne diffèrent pas de celles des autres espèces ; elle arrive le plus souvent après des efforts violens, par exemple, pour lever un grand poids, pour aller à la selle, etc. Hoin (2), rapporte l’observation d’une jeune fille, sujette à la constipation , qui était obligée de faire de violens efforts pour aller à la garde-robe,* elle contracta une hernie vaginale de cette manière.

(1) Richter, pag. 268. ----- Cooper, part. Il, pag. 65

et 66. ‘

(2) Dans son « Essai sur les Hernies rares et peu connues , » publié dans la « Nouvelle méthode d’opérer les

Hernies , » de Leblanc , in-8°. Paris, 1768. Cet ouvrage, que je n’ai pas vu , est cité par Richter. L’auteur rapporte un autre exemple dans lequel îa maladie se manifesta îe septième joui' après l’accouchement , pour avoir porté une cruche d’eau.

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La tumeur est égale et molle, augmente de volume dans la position verticale, diminue ou disparaît tout-à-fait quand la malade se couche. Elle devient plus dure quand la malade retient sa respiration, et communique une impulsion à la main pendant la toux. On peut réduire promptement les parties en comprimant la tumeur, mais elles ressortent avec facilité si la malade tousse ou fait un effort. Quand on n’a employé aucun moyen pour remédier à cette affection, l’accroissement de la tumeur accompagnée d’un sentiment douloureux de pesanteur, ou d’un corps qui traverse le vagin, s'oppose atout exercice forcé. Souvent il s’yjointdes maladies du canal intestinal. Fréquemment la vessie se trouve affectée à raison de son voisinage; et les symptômes qui ont rapport à l’évacuation de l’urine sont surtout prononcés, si ce réservoir lui-même forme hernie. Dans ce cas, la pression exercée sur la tumeur donne lieu à la sortie de l’urine par le canal urinaire. Les signes que nous avons donnés suffisent pour faire reconnaître la nature de la maladie; mais de plus, la facilité que l’on a de sentir le col de l’utérus dans son état et sa situation naturels, derrière la tumeur, s’oppose à toute espèce d’erreur à ce sujet.

Le traitement consiste à réduire les parties , en les comprimant avec la main ; le chirurgien doit ici se rappeler, que le trajet que les parties ont parcouru

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en descendant , a beaucoup de longueur , et que par conséquent l’intestin peut y être contenu , bien que la tumeur extérieure ait disparu. Aussi doit-on presser sur le vagin jusqu’au col de l’utérus, afin de repousser tout ce qui pourrait se trouver dans le col du sac. Quand on a de cette manière obtenu une réduction complète, on doit s’opposer à la sortie de la hernie au moyen d’un pessaire. Comme on ne peut remplir ce but sans distendre les parois du vagin , les pessaires ordinaires ne sont pas suffisans. On a employé l’instrument sphéroïde ( globe-shaped instrument ), cependant un cylindre convient mieux.

Si on éprouvait de la difficulté à réduire la tumeur, il suffirait probablement pour la surmonter de faire coucher la malade, et d’avoir recours aux cîystères. Cependant si la tumeur était sortie pendant l’accouchement, il pourrait s’ensuivre de graves accidens ,* aussi cette considération doit engager à prévenir par tous les moyens possibles, une pareille circonstance. On doit, pendant la douleur, exercer une pression sur l’ouverture, jusqu’à ce que la tête soit descendue dans le bassin * et si la tumeur est sortie, il faut la repousser du côté de l’abdomen , avec la main introduite dans le vagin (i); mais si la tête était descendue, il vaudrait

(i) Observ. de Smellie ? pag. 148.

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mieux, peut-être, accélérer la délivrance autant que possible.

Sàndifort (i) a eu l’occasion d’examiner une hernie vaginale après la mort. Chez une vieille femme, une tumeur ovale volumineuse venait de la partie postérieure du vagin et sortait par l’orifice de ce canal. Les parties qu’elle contenait pouvaient. être repoussées dans le ventre, mais elles sortaient promptement. Iltrouvaqu’elleétaitformée par une grande partie de l’intestin grêle, qui s’y introduisait par une ouverture arrondie, située entre le vagin et le rectum. La cavité était tapissée dans toute son étendue par le péritoine.

On regarde le cas suivant, rapporté par Garengeot (2), comme le premier exemple bien avéré de la hernie du vagin. Une femme, qui avait eu cinq enfans, éprouva une vive douleur dans le vagin, en soulevant un ballot. Au même instant il se forma dans cette région une tumeur qui augmenta peu à peu de volume, jusqu’à sortir par l’orifice du vagin. La malade éprouva de temps à antre de violentes coliques avec des tiraillemens d’estomac

(1) Observât, aiiatomico-patliol. , lib. I, cap. IV. « De Hernia intestino - vaginali , aliis que hujus morbi speciebus. »

(2) Mem . sur plusieurs Hernies singulières ) dans les Mém, de V Acad roy . de chir. , tom. I , pag. 707 et suiv.

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et de la difficulté à uriner. Garengeot sentit Forificede l’utérus dans sa situation habituelle, derrière îa tumeur, et s'aperçut que celle-ci avait diminué de moitié après son examen. En faisant coucher îa malade, il réduisit facilement les parties contenues dans îa tumeur et observa que îa région supérieure latérale droite du vagin était lâche et mince. Il ordonna ensuite à la malade de se lever, de se promener et de tousser, et îa tumeur reparut. Après Favoir réduite, il introduisit dans le vagin un pessaire ovale qui ne réussit que la première journée, car le second jour la femme éprouva des douleurs et des voniissernens, parce que l’intestin se trouvait comprimé entre le pubis et le pessaire. Il remplaça celui-ci par un pessaire en bondon qui retint exactement la descente. Arnaud s'est servi du même moyen dans un cas semblable.

Un chirurgien ayant été appelé auprès d’une femme en travail , trouva Feutrée du vagin remplie par une tumeur volumineuse qui venait de sa partie antérieure et supérieure. Il voulut mettre une sonde dans F urètre, mais ce moyen ne réussit pas d’abord, il fallut avoir, en même temps, recours à la compression de îa poche pour faire sortir l’urine. La tumeur disparut, et l’accouchement se fit heureusement (i).

(i) Verdier , Mc'm. sur la Hernie de la vessie } dans les

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Sandifort (i) fait mention (Time hernie volumineuse de la vessie dans le vagin. Une toux violente fut suivie de rétention d’urine et de difficulté d'introduire la sonde. Une tumeur volumineuse remplit toute la cavité du vagin. On pouvait y sentir de la fluctuation , mais on ne pouvait , en la comprimant, faire sortir l’urine, à moins d’avoir préalablement introduit la sonde ; il y avait alors une évacuation abondante d’urine, mais tout ce liquide ne pouvait sortir, si on ne continuait pas la compression. Quand l’urine était entièrement évacuée, on pouvait introduire la sonde avec facilité, et ia tumeur disparaissait. La partie supérieure du vagin était faible et relâchée, et le doigt pouvait être porté vers l’orilice de l’utérus, jusqu’à ce que la tumeur eût commencé à croître de nouveau par raccumulation de l’urine dans la vessie. L’usage d’un pessaire produisit une guérison cornplète. Un habile médecin, qui pratiquait les ac-

Mém. de V Ac. de chir. , tom. II, obs. XVIII , pag. 33. — Voyez aussi les observations de M. Christian, sur les retards apportés dans raccouchement par la plénitude et la saillie de la vessie dans le vagin. Edimb. med. and sarg . journal , vol. IX, pag. 280. Je doute cependant qu’il y eût hernie de vessie dans les cas qu’il rapporte.

(1) Obs. anat. pathol. , lib. I, cap, III. De Hernia vesicœ vciginali.

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couchemens, communiqua a Sandifort trois autres observations de tumeurs volumineuses dans le vagin, qui se réduisaient par l’emploi de la sonde et reparaissaient ensuite.

M. Cooper (i) rapporte deux cas dans lesquels la vessie urinaire faisait hernie à la partie supérieure et antérieure du vagin. La pression sur la tumeur donnait lieu à la sortie de l’urine et laissait ces parties lâches et flasques. La tumeur reparaissait à mesure que l’urine s’introduisait dans la vessie. Richter (2) a vu deux exemples dans lesquels la tumeur n’avait pas plus de volume qu’une noix.

Quand la descente de matrice est arrivée à un tel point que le vagin se trouve retourné sur luimême, la vessie qui lui adhère se trouve tirée hors de sa place. Ce déplacement, qui n’est qu’une conséquence de celui de l’utérus et du vagin, constitue un cas bien différent de la hernie de vessie dans le vagin , considérée comme affection distincte et primitive. On a vu, dans des cas de la première espèce, qui existaient depuis long-temps, des pierres se former dans la portion déplacée de la vessie, et on les a extraites avec succès en incisant la tumeur (3).

(1) Part. II , pag. 66.

(2) Pag. 27c).

(3) Ruysch , Observ. anal, chir . Ainsi. , 16915 obs. I .

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On trouve, dans les auteurs, plusieurs autres exemples de hernie vaginale (1).

Hernie dans la lèvre de la vulve. ( Pudendal

hernia . )

M. Cooper a décrit, sous ce nom, dans la seconde partie de son ouvrage, une espèce particulière de hernie qui a beaucoup de rapport avec la hernie vaginale. Les parties descendent le long de la surface du vagin ; mais, au lieu de s’échapper par les côtés de ce canal, elles passent entre lui et le muscle releveur de l’anus, et viennent former une tumeur dans le milieu de la grande lèvre. Cette espèce ressemble à la hernie vaginale dans son origine , et à la hernie périnéale, parce qu’elle sort sur

tab. I , et dans le Thesaur. anat. octav. , pag. 5^ , tab. Ill , fig. 3. — Tolet , de la Lithotomie. Paris 1708 , chap. 25 , pag. 176. — • Duverney , dans les Mém. de V Acad, de chlr., tom. Il , pag. 23.

(1) Gunz, de Hernies , pag. 83 et suiv. — Dehaen , Ratio mcd. , part. I, cap. VII, pag. 87.- — Hoiw , Essai sur differentes Hernies , Paris 1768, ou dans Leblanc, Précis d’ opérât. de chir. , pag. 459. — Levret , des Polypes , pag. i54- — * J. C. Stark, de Herniâ vaginali , etc. ; Jenæ 1798, in-8*. — Stein , N achgelassene geburtshidfliche Wahrnehmungen. I Tu. 1807 , nos. 22 , 23 et 92. — Camper , Dis s. de optima agendi vel expectandi in rnedicind ratio ne , 1778.

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le côté ou entre les fibres du muscle releveur de l’anus. La situation de la tumeur fait qu’on peut la prendre pour un bubonocele; mais la différence est que, dans ce cas, la partie supérieure de la grande lèvre est entièrement libre, tandis que, dans la hernie vaginale, la tumeur s’étend jusqu’à l’anneau, La tumeur n’offre pas de caractères particuliers. On peut la sentir le long du vagin, en introduisant le doigt dans ce canal. On doit la traiter de la même manière que la hernie vaginale. M. Cooper rapporte le cas suivant dans son ouvrage.

Une jeune femme, âgée de vingt-deux ans, présentait les symptômes de l’étranglement. Une tumeur de la grosseur d’un œuf de pigeon occupait la grande lèvre gauche; elle était souvent descendue depuis six mois, mais la malade pouvait la réduire elle-même sans beaucoup d’effort et de douleur. La tumeur était placée au-dessous du milieu de la grande lèvre, dont la partie supérieure, ainsi que l’anneau inguinal , étaient exempts de toute tuméfaction. On pouvait sentir la tumeur sur le côté du vagin, presque aussi haut que le col de l’utérus. On éprouvait une impulsion pendant la toux. « Alors, dit M. Cooper, je saisis la tumeur, et en exerçant sur elie une compression légère qui fut cependant très- douloureuse : je la fis remonter au bout d’environ trois minutes. La réduction fut accompagnée de gargouillcmens, et la malade se

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trouva soulagée. La grande lèvre devint flasque, comme si une tumeur en avait été extraite, et lorsqu'on plaçait le doigt sur cette portion de peau flasque et déprimée, on pouvait le pousser dans une ouverture arrondie, placée en dedans de la brandie de l'ischion , entre elle et le vagin» La seule méthode que la malade a employée jusqu’ici pour maintenir sa hernie, est un simple bandage de femme passé entre les cuisses et fixé autour de l’abdomen. >?

HERNIES SOÜSPÜBIENNES.

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