CHAPITRE XXIII
HERNIE SOüSPUBIENNE.
On remarque au-dessous de la branche horizontale du pubis ; une échancrure oblique considérable, au-dessous de laquelle le ligament obturateur n’existe pas, de sorte qu’il reste un espace suffisant pour le passage des vaisseaux et nerfs obturateurs. Cette ouverture a plus de largeur qu’il n’en faut pour transmettre ces parties; elle est formée en haut par l’échancrure du pubis , sur ses côtés et en bas par le bord du ligament. Des hernies se sont faites par cette ouverture; on les a décrites sous le nom de hernies obturatrices ou thyroïdiennes (thyroïdeal hernia ).
Arnaud l’ancien (i) paraît avoir le premier remarqué cette espèce de hernie, que Duverney (2) a trouvée ensuite sur le cadavre. Il communiqua son observation à l’Académie royale des sciences, qui ne l’inséra pas dans ses mémoires. Le péritoine était sorti des deux côtés du bassin d’une femme par les ouvertures qui donnent passage aux vaisseaux obtura-
(1) Mém. de V Acad, de chir. , tom. I, pag. 71 1.
(2) Zb., pag. 714.
HERNIES SOUSPUBIENNES.
leurs J et formait deux tumeurs dont chacune avait à peu près le volume d\m œuf. Elles renfermaient l’intestin, étaient placées entre les têtes antérieures du muscle triceps add acteur, et ne formaient pas de saillie à l’extérieur. Garengeot connaissait les faits observés par Arnaud et Duverney, et en a publié quelques autres dans son Mémoire sur plusieurs hernies singulières ( i), premier ouvrage dans lequel on trouve bien constatée l’existence de la hernie du trou ovalaire. Outre l’observation de Duverney , ce mémoire en renferme une semblable faite par Hommel , prosecteur de l’amphithéâtre d’anatomie de Strasbourg. Il vit le péritoine s’engager à travers les trous ovalaires, et former des tumeurs de la grosseur d’un œuf de pigeon, et fit voir ces parties à Garengeot (>). L’expérience a depuis si pleinement confirmé ces faits, qu’il ne peut rester aucun doute à leur égard.
Heuermaun (3) trouva une anse del’iléum, delà longueur d’un doigt et demi, engagée par le trou ovalaire du côté droit chez one femme, et conserva ces parties. Le sac, recouvert par la première et la seconde tête du triceps et le pectine , avait ac~
(1) Mém. de ï Acad, de chir ., pag. 70g et 716.
(2) Ib. pag. 716.
(3) Chirurgische operational ; Copeub. , tom. I, §. 262 ?
pag. 7 38.
HERNIES S0USPUB1ENNES.
quis le volume d’un œuf de poule, et n’avait occasionné ni douleur ni tumeur pendant la vie. On a vu une entéro-épiplocèledans le même endroit chez un jeune homme de dix-sept ans (i). Camper (2) et M. Cooper (3) ont rencontré sur le cadavre de petits prolongemens du péritoine dans le trajet des vaisseaux obturateurs ; et j’ai eu depuis l’occasion de faire une observation pareille. Un cadavre de femme présentait, de chaque côté, une petite cavité capable de recevoir Fextrémité du petit doigt. Dans ce cas, comme dans celui de M. Cooper , les vaisseaux sanguins se trouvaient derrière le sac.
(1) Klinskosch, dans les Diss. med. pragens , v. I, pag* i85 j cité par Richter , pag, 296.
(2) « Memini me in cadavere maciîenti senis peritonæi dilationes, profunde juxta obturantia vasa sinum ingredientes in utroque latere vidisse. « Camper , dans ses Démonst. ancit. pathol. , lib. Il , pag. 17.
Vogel a rencontré un cas semblable. V on den brüchen.
La nature de Tobservation rapportée par Ravaton ( Traité des plaies d armes h feu , pag. 3o6) est douteuse. Si c’était un cas de hernie du trou ovalaire, ce serait un exemple d’étranglement mortel.
On peut voir des notices sur d’autres cas plus ou moins authentiques dans Guxz, de Herniis , pag. 79 et suivantes, pag. 965 et dans Lentin , Beytrage zur ausübenden cirzneywisseaschaft . 1804 ? pag* 42*
(3) Part. 2 , pag. 70 et pl. 11 , fig. 2 j la hernie était fort petite , elle existait dn côté droit chez un homme.