PRISONS OU GEÔLES
Une prison ou geôle est un endroit où l’on garde à vue les criminels et d’où aucun homme ne peut sortir de sa propre volonté. La première prison à Rome fut construite par le roi Ancus Martius, dont Tite-Live nous dit : « Vraisemblablement le donjon des Quirites, qui n’est pas un monument banal lorsqu’on le regarde du haut d’un lieu élevé, est l’œuvre du roi Ancus. La prospérité de l'Etat s'étant grandement accrue, et, comme on pouvait s’y attendre dans une population aussi nombreuse, les distinctions entre le bien et le mal étant devenues corfuses et les crimes de fraudes et de vol étant devenus fréquents, on construit une prison pour mettre un frein à ces licences au centre même de la ville, regardant le Forum ».
Maintenant il faut remarquer qu'il y avait, chez les Anciens, deux manières différentes de garder les prisonniers, savoir : la prison publique et la maison privée. Dans la dernière on avait l'habitude de garder les personnes accusées avant leur aveu ou avant que leur culpabilité eût été établie. On l’appelait prison libre ; les personnes alors étaient confiées à la garde de magistrats dans leur propre maison ou dans celle de quelque personnage noble privé. Ainsi Tite-Live, parlant du juge des Bacchanales, écrit : « Le consul prie son beau-père de rendre une partie de sa maison libre, afin de pouvoir y loger Hispala, etc. » Puis, quelques lignes plus loin : « Les consuls ordonnèrent aux Ediles Curules de rechercher tous les prêtres, de les arrêter et de les garder en prison libre jusqu'à ce qu'ils soient examinés. » La même chose se trouve dans ce que dit Salluste, écrivant sur la conspiration Catilinienne : « Le Sénat déclara que la magistrature serait abolie, et que Lentulus et le reste des confédérés
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Lortures et Éourments des Martprs chrétiens
seraient gardés en prison libre. En conséquence, Lentulus fut confié à Publius Lentulus Spinther, qui était Edile en ce tempslà, Cethegus à Quintus Cornificius, » et ainsi de suite pour les autres. Ces passages confirment pleinement ce que nous disons, savoir que les personnes accusées, avant l’aveu de leurs crimes, étaient habituellement confiées par les Anciens, à ce que l’on appelait la prison libre ou surveillance, tandis qu'après qu'elles avaient avoué ou que leur culpabilité était reconnue, on les jetait dans la prison commune. Ceci est corroboré par les écrivains de la loi romaine, tels que Venuleus, qui dit : « Une personne accusée qui a avoué doit, en attendant que sa sentence soit prononcée, être jetée dans la prison commune publique »; et Scaevola : « Une personne qui avait avoué était, simplement sur la foi de son aveu, jetée en prison. » Nous voudrions ici rappeler au lecteur comment les fidèles disciples du Christ, dans les temps de persécution, n'étaient pas seulement enfermés dans les prisons Tulliane et Mammertine ; mais étaient souvent de même détenus sous la surveillance militaire dans les maisons d'individus privés. Ceci est attesté par d'innombrables histoires des saints Martyrs, et en particulier par celles des saints Etienne et Alexandre, pontifes romains.