TISONS ENFLAMMÉS OU FLAMBEAUX
On fait mention destisons enflammés —que quelques personnes confondent avec les torches, par manque de considération de leur part, dela vraie nature de celles-ci — dans divers Actes des
Lortures et Éourments des Martprs réfiens
Saints Martyrs, comme ceux de Théophile, Félix et Fortuné, Pantaléon, Regina, vierge et martyre, Théodore, prêtre, Alexandre, évêque, Parmenius et ses compagnons, et de nombreux autres saints Martyrs.
Ces tisons ou flambeaux appartenaient, si nous pouvons nous en rapporter à certaines représentations que l’on peut en voir à Rome, gravées sur d'anciens marbres, à la classe générale des torches, mais étaient faits de la facon suivante : Premièrement, | on prenait certains vaisseaux ou vases ayant un diamètre de la longueur de la main ou un peu plus, qui étaient graduellement rétrécis pour arriver à une moins grande dimension depuis le haut ou bouche (ouverture) comme une pyramide renversée ou mise sens dessus dessous. |
Ces vases étaient faits, soit en faïence, comme on peut le voir d’après ceux que l’on déterre de temps en temps dans les ruines de Rome, ou en fer, comme le déclare Columella. Ensuite, ceuxci étant fermés à l’aide de petites douves de bois carrées et liées ensemble etqui, comme le vase, allaient en rétrécissant, depuis le haut jusqu’au bas, on les remplissait d’un combustible qui donnait du feu et de la flamme. Et ces douves, si nous considérons les usages auxquels on employait ces vases, peuvent être regardées comme ayant une longueur de 5 ou 6 mains, à peu près. Mais il est bien prouvé par certaines circonstances, que ces instruments, ainsi décrits d’après d'anciens modèles, étaient des flambeaux et non des torches c’est à-dire des torches en bois de sapin. En premier lieu on doit remarquer, sur les marbres déjà mentionnés, que les flammes commencent à brûler avec plus d’ardeur où les douves finissent, d’où il résulte que ce n’étaient pas des torches de la première espèce, mais de la seconde, à savoir : pots à feu ou flambeaux, car si c'eût été des torches ordinaires, les douves faisant poignée, étant de bois, auraient évidemment dû. être consumées par le feu contenu dans les vases:
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Fic.
anteet autres choses
quel on verse de la chaux
Martyr sur le
ile bouill
vive, del’hu semblables.
— Cheval de bois.
u du cheval et roulé sur des
— Martyr descend éclats de poterie.
Lorches ef pots à feu
Considérez de plus que nous ne voyons jamais personne fixer des bougies brûlant de toute leur longueur dans des bougeoirs, mais le bout seulement brûlant, afin qu’elles puissent ainsi brüler mieux et, en se consumant, donner une lumière plus vive.
Quelques-uns peuvent objecter peut-être qu'il n'y a rien qui prouve que ces torches n'étaient pas des torches ordinaires de la première sorte, et que les douves ou poignées n'étaient pas brülées, attendu qu'elles étaient en fer, et non en bois. Mais cela ne peut pas avoir été le cas, car, pots à feu ou flambeaux étant employés par les Anciens pour brûler les criminels, lorsqu'ils étaient hissés sur le cheval, ou suspendus, ou liés à des piliers ou à des poteaux, on doit supposer qu'ils étaient légers plutôt que lourds, afin que les bourreaux pussent facilement les tenir à la main, de sorte que nous sommes portés à croire qu'ils étaient en bois plutôt qu’en fer. Cette opinion peut être confirmée par l'exemple des griffes de fer ou pinces déjà nommées ; car celles-ci, quoique d’un grand poids, étaient attachées à des poignées très légères pour servir plus facilement à torturer les personnes condamnées.
Il est donc clairement manifeste, d’après ces considérations et bien d’autres semblables, que ces pots à feu ou flambeaux étaient différents des torches ordinaires premièrement décrites; et Virgile confirme cette opinion par ces vers, tirés de sa neuvième Enéide :
Princeps ardentem conjecit lampada Turnus Et flammam affixit lateri quae plurima vento Corripuit tabulas et postibus haesit adesis.
(« Premièrement, Turnus saisit un flambeau enflammé et toucha le flanc avec la flamme qui s’élança avec furie, activée par le vent, lécha les planches et, arrivée aux piliers des portes, commença à les ronger. »)
Lortures et Éourments des Martyrs chrétiens