‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 56 sur 93 · DU POT D'’AIRAIN COMME INSTRUMENT DE TORTURE · texte numérisé non relu

DU POT D'’AIRAIN COMME INSTRUMENT DE TORTURE

Ceci est mentionné dans l’Ecriture Sainte, dans le Livre des Macchabées, et par Josèphe, dans son ouvrage sur le même sujet, de même que dans les Actes des Saints, en particulier ceux de saint Boniface, sainte Juliana et sainte Lucie. Ce pot était un immense vase d’airain, dans lequel on jetait les personnes condamnées, dépouillées de leurs vêtements, pour y être bouillies ou cuites. Maintenant il faut que vous sachiez que les Anciens employaient habituellement plusieurs sortes d'instruments de cuisine divers pour torturer les coupables, et en particulier les

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. Pour filer la laine et en même temps surveiller d’un œil le pot, afin que le potage ne brülât point. »

Par Plautus, Amphitryon :

Optimo jure infringatur olla cineris in caput.

« Il mérite bien qu’un pot de cendres soit brisé sur sa Et par Persius, dans sa Quatrième Satire :

Caepe et farratam, pueris plaudentibus, ollam.

« Apportez au dehors, aux battements de mains des garçons, les oignons et le pot de potage. »

Ces pots donc (comme dit ci-dessus) étaient de grands vases d’airain ou de cuivre où les martyrs étaient bouillis, sous forme de punition, à la fois terrible et ignominieuse. Ils étaient faits (comme il est prouvé par de très anciens modèles déterrés dans les ruines de Rome) comme les pots dont nous nous servons habituellement pour cuire la nourriture, sans rebords, mais ayant deux poignées, en partie carrées, en partie rondes, carrées depuis le bas jusqu’au milieu, rondes depuis le milieu jusqu'aux bords, ou bien faites sur le modèle d’une paire d’oreilles. Des deux autres côtés, il y avait des saillies en fer en partie creuses se regardant, et dans lesquelles des anneaux, également en fer, étaient fixés pour que les bourreaux pussent plus facilement les soulever et les porter où ils voulaient. Tout cela se trouve démontré d’une

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façon plus claire et plus détaillée par le pot que nous avons fait dessiner d’après des anciens modèles, et que l’on peut voir dans la figure XXII.

DES DIVERSES MANIÈRES DONT ON TORTURAIT DANS LE POT LES SERVITEURS DU DIEU TOUT-PUISSANT

Quelquefois les serviteurs de Dieu étaient plongés dans le pot la tête la première, comme nous le lisons dans les Actes du Martyr saint Boniface : « Alors le juge, en colère, ordonna qu’un pot fût apporté et rempli de poix bouillante, et que le saint Martyr — savoir saint Boniface — y fût jeté la tête la première. Donc, le saint Martyr du Christ, après avoir fait le signe de la croix, fut plongé dans le pot. » En outre, dans d’autres cas, les victimes étaient jetées dans le pot où elles se trouvaient tellement comprimées, qu'elles se repliaient sur elles-mêmes et que leur tête touchait leurs genoux. Cette seconde manière est attestée par Josèphe dans les mots suivants : «Il est mis par les mains des bourreaux dans le pot » — tel est le nom donné à cette sorte de punition criminelle. Son corps se trouve tellement pressé qu'il se trouve réduit de hauteur, sa tête sainte étant forcée de rejoindre ses genoux, de sorte que le champion de la foi est Me | comprimé dans ledit pot par la presse.

Le lecteur devrait remarquer ici que, par presse, Josèphe entend parler de quelque instrument pour presser ou serrer, non pas pourtant cette grande presse ou pressoir dans lesquels on écrasait le raisin ou les olives, mais plutôt une petite machine à presser telle que les foulons, les fabricants de papier et les imprimeurs en emploient principalement. Ainsi, Pline dit, parlant des diverses sortes de papier : « Alors les diverses feuilles sont pressées dans la presse, puis séchées au soleil et ensuite remises ensernble. »

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