‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 6 sur 93 · PRIE · texte numérisé non relu

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Modes de suspension à £a Éroir

montré, pour la sainte religion du Christ, le plus grand mépris possible. |

Ainsi, pour ce qui concerne les moyens par lesquels les Martyrs étaient torturés par la suspension, l’on peut dire qu'ils étaient nombreux et divers. Quelquefois, les Martyrs étaient simplement suspendus par un pied, tandis que, pour d’autres, l’on ajoutait la fumée d’un combustible humide avec des mauvaises odeurs, comme celles des excréments d’animaux, pour accroître leurs souffrances, et, en couronnement du tout, une douzaine de bourreaux frappaient en même temps la victime à l’aide de cordes. En d’autres occasions, ils étaient suspendus par un pied, la jambe étant repliée au genou, et une bande de fer fixée autour de cette jointure. Alors un poids de fer était attaché à l’autre pied, de telle sorte que les malheureuses victimes se trouvaient écartelées misérablement. C’est ainsi que dans les Actes de saint Samona, nous trouvons écrit ceci : « Mais le magistrat ordonne immédiatement que Samona ait une jambe repliée au genou, et une bande de fer fixée autour de la jointure. Cela fait, il le pend la tête en bas, par le pied de la jambe repliée, tirant en même temps l’autre jambe vers le bas, au moyen d’un poids de fer ».

Parmi les Martyrs qui souffrirent par le premier de ces modes de tourments, nous lisons les noms des plus nobles soldats du Christ, mentionnés un peu plus haut : saint Grégoire d'Arménie et saint Samona.

Quant à la seconde manière, par laquelle les victimes étaient pendues par les deux pieds, divers Actes des Saints en parlent, par exemple, ceux de saint Venantius, des vierges saintes, Euphémie et ses sœurs, de l’évêque Acepsima et ses compagnons. Aussi les Martyrs cappadociens, dont toute une légion est solennellement célébrée dans le Martyrologe Romain, 23 mai, où il est écrit : &« À Cappadoce, commémoration des saints Martyrs,

Éortures ef Éourments des Martyrs chrétiens

qui, dans la persécution de Maximin, eurent leurs membres brisés et furent mis à mort; — de même pour ceux qui, à la même date, en Mésopotamie, furent pendus, les pieds en haut et la tête en bas, étouffés par la fumée et consumés au-dessus d’un feu lent, — et ainsi accomplirent leur martyre. »

Et, véritablement, ce n'était pas d’une seule manière, mais de façons nombreuses et variées que les serviteurs du Démon (comme on peut le voir dans les Actes désignés ci-dessus) pendaient et tourmentaient les Martyrs. Ceux-ci, quelquefois, étaient asphyxiés par la fumée, quelquefois leur tête était broyée à coups de marteau, ou bien de grosses pierres étaient pendues à leur cou, ou bien encore ils étaient cruellement brûlés par des torches enflammées.

On sait que nombre de chrétiens, par la première de ces manières, ont souffert dans la Mésopotamie. Par la seconde furent torturées Euphémie, Thécla, Erasme et Dorothée, les plus nobles vierges et martyres du Christ. Par la troisième les saints Théopompe, Mercurius et le déjà mentionné Venantius.

DU TROISIÈME MODE DE SUSPENSION, C’EST-A-DIRE LES MARTYRS PENDUS PAR UN BRAS

Ce troisième mode de suspension, à savoir, comme nous le disons, d’être pendu par un bras, est mentionné dans un grand nombre d’Actes des saints Martyrs, parmi lesquels nous pouvons désigner celui de saint Samona, déjà cité, ainsi que ceux de saint Antoine, ce martyr au noble cœur, relativement auquel nous trouvons rapporté dans le Martyrologe Romain, le 4 mai : « À Nicodémie, anniversaire de saint Antoine, martyr, qui, après avoir été sauvagement mis à la roue et torturé de diverses tortures, fut suspendu pendant trois jours par un bras, et gardé

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Martyrs pendus par un Bras

prisonnier pendant deux ans dans une tour ; puis finalement, par le gouverneur Priscillianus, brülé au poteau, en confessant le seigneur Jésus. » Ainsi dit le Martyrologe Romain.

En premier lieu, nous devrions noter que, quelquefois, les exécuteurs des martyrs pendus avaient l'habitude, afin d’écarteler les diverses jointures de leur corps, d’attacher à leurs pieds des pierres d’un grand poids. De cela, un noble et indubitable témoignage nous est donné par les histoires de divers

saints, spécialement celle de saint Samona, déjà mentionné

dans une autre partie du présent chapitre.

POIDS PAR LESQUELS FURENT TORTURÉS LES ATHLÈTES DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Nous lisons et relisons, dans les Histoires des Martyrs, comment, après avoir été pendus, ils étaient, au milieu d’autres tourments, chargés de poids, dont quelques-uns étaient, comme nous le décrivons plus haut, de fer ou de bronze, et d’autres de pierre. Pour ces derniers, nous avons cette preuve qu'il y en a qui ont été conservés jusqu'à nos jours, ici, à Rome, dans les Eglises des Saints Apôtres, et aussi dans celles de saint Apollinaire et d’Anastase, non loin de la cité. Il y avait des pierres d’un grand poids, de couleur noire, de forme ronde ou ovale, avec un anneau de fer incrusté dans la pierre, où l’on passait une corde pour lier et pendre aux pieds ou aux mains des martyrs suspendus.

Une autre chose que nous ne voudrions pas voir ignorer par le lecteur, est que certaines autorités ont propagé l'opinion que ces dites masses de pierres, appelées par Joseph /Macchabées] orbiculaires, ou Pierres Rondes, n'étaient pas désignées spécialement comme employées pour torturer, mais bien pour servir de

Lortures ef Éourments des Martprs chrétiens

poids. Cela, pourtant, ne peut possiblement pas être, ainsi qu’il est prouvé dans les notes ajoutées au Martyrologe Romain, car les pierres pour peser avaient toujours (comme le remarquent Isidore et Alciatus en parlant des poids) le chiffre de leur pesanteur inscrit dessus. Chose que n'ont pas celles qui sont ici.

Ces charges de pierres étaient entièrement différentes (comme on le trouve mentionné dans les notes déjà citées du Martyrologe Romain), de celles auxquelles étaient condamnés les détenus pour dettes dans la loi XII des Tables. Ces dernières n’étant rien autre que des entraves. Aulu-Gelle en parle, disant : « Liezle, soit avec des courroies, soit avec des entraves ne pesant pas moins de quinze livres, ou, si un plus grand poids est nécessaire, prenez des entraves plus pesantes encore. »

DU QUATRIÈME MOYEN DE SUSPENSION, C’EST-A-DIRE D'ÊTRE PENDU PAR LES DEUX BRAS

Cette quatrième méthode de suspension est mentionnée dans les Actes des saints Procopius, Andochius, Thyrsus, Félix et d’autres, leurs compagnons.

Ici, vous devez savoir que la coutume des païens, selon l’occasion, était celle-ci : soit d’attacher de lourds poids aux pieds de ceux qui supportaient ce genre de suspension, ou bien, après leur avoir croisé les bras derrière le dos, de les élever en l'air en les tirant, et ensuite de les laisser retomber. Ainsi, dans le Martyrologe Romain, le 24 septembre, nous lisons sur les saints confesseurs du Christ, saint Andochius et ses compagnons : « A Augusto-dunun (Autun) l’anniversaire des saints martyrs Andochius, prêtre, Thyrsus, diacre, et Félix, qui étant envoyés d'Orient par le saint Polycarpe, évêque de Smyrne, pour enseigner le christianisme à là Gaule, furent en ce pays cruellement flagellés

Tè L r E

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Fic. III

A. — Martyr suspendu par les pouces, de lourdes | B. — Chrétiens pendus, un feu lent étant allumé pierres étant attachées à ses pieds. au-dessous d’eux, afin de les suffoquer ; les victimes étaient en même temps frappées

| avec des bâtons.

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et suspendus tout le jour les mains liées derrière le dos, ensuite jetés dans le feu, mais non complètement brülés. Finalement, leurs cous sont frappés avec de lourdes barres et ils gagnent ainsi la couronne du martyre ».

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