‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 73 sur 93 · MANIÈRE DONT ON DÉCAPITAIT LES MARTYRS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

MANIÈRE DONT ON DÉCAPITAIT LES MARTYRS CHRÉTIENS

Le plus généralement les saints Martyrs étaient décapités à genoux, le corps penché en avant. Ainsi le représentent les Histoires des saints et en particulier celle de saint Paul, apôtre, cité sous le nom de Linus, de saint Menna, de saint Dionysius (saint Denis) et ses compagnons, de saint Flavien et de plusieurs autres.

Dans l’Hisloire de saint Paul, l’apôtre, nous lisons : « Se bandant les yeux avec le mouchoir de Plautilla, Paul mit ses deux genoux en terre et tendit le cou. Et le soldat, élevant ses brasen l'air, le frappa de toutes ses forces et lui coupa la tête. »

Dans les Actes de saint Menna, on trouve ce qui suit « Ayant ainsi parlé, il s’agenouilla et tendit le cou et à l'instant même fut décapité avec un sabre. » Et dans ceux de saint Denis, Rustique et Eleuthère : « Car, après que les Martyrs eussent premièrement été dépouillés de leurs vêtements et frappés avec des bâtons à la vue de tous, ils étaient ensuite revêtus de leurs habits et conduits au lieu où ils devaient être décapités, et là on leur ordonnait de tomber sur leurs genoux... » Et plus loin : — « Agenouillés et le cou tendu, ils étaient, au même instant, sur l’ordre du prince, décapités à coups de hache. » Etun peu plus loin encore : « Une ineffable lumière brillait tout autour d’eux et le corps sans vie de saint Denis se leva tout droit et dans ses mains prit sa tête sainte. » Enfin, dans le récit de la passion de saint Flavien, on raconte : « Lorsque le discours fut terminé, la victime se rendit à l’endroit indiqué et, se bandant les yeux avec la partie du chapelet que Mutanus lui avait donné à garder deux jours auparavant, il s’agenouilla, comme pour se mettre en prières, et termina en un seul et même moment son martyre avec ses oraisons. »

Sortures et Éourments des Martprs rétiens

Nous disons, ainsi que cela a été expliqué plus haut, que le plus généralement les saints Martyrs étaient décapités avec le sabre et naturellement cela pouvait se faire et se faisait de diverses manières. Ainsi dans Valerius Maximus (pour ne pas citer d’autres auteurs) nous trouvons ouvertement déclaré que les personnes qui devaient être décapitées étaient généralement attachées à des poteaux. Cet écrivain dit : « Il ordonna qu'ils fussent frappés avec des bâtons, ensuite attachés à des poteaux et décapités avec la hache. Nous lisons aussi sur saint Stephane (Etienne) le pape, qu'il fut décapité, assis sur sa chaise, et, d’un autre martyr chrétien, saint Alexandre, qu’il eut le même sort étant debout. On raconte sur ce dernier : « Lorsqu'il se fut ainsi adressé à la foule assemblée, Alexandre se tourna vers l’exécuteur et dit : «Attends un peu, frère, que je puisse faire une autre prière à Dieu. » Alors, tombant à genoux, il pria ainsi... Entendant cette voix, le saint Martyr se leva de terre et, s’adressant aux soldats, cria : « Vite, mes frères, faites votre devoir. » Et quand il eut dit cela, Célestin tira son sabre et, prenant une serviette de toile, il en banda les yeux de saint Alexandre... »

D’après ces passages, nous voyons que ceux qui devaient être décapités par le sabre étaient habituellement d’abord frappés à coups de bâton et ensuite avaient les yeux bandés avec des serviettes ou des mouchoirs de toile.

Le lecteur doit en référer à ce que nous avons déjà cite, tiré de l'Histoire du martyre de saint Paul, saint Klorian et saint Alexandre, saint Denis et ses compagnons comme aussi à ce que nous avons déclaré sur l'autorité de Valerius Maximus et d’autres anciens écrivains pour savoir comment les Martyrs étaient dépouillés de léurs vêtements et frappés avec des bâtons avant d’être décapités.

En outre, je voudrais que le lecteur sût que divers catho ont été condamnés à être décapités par les hérétiques- de nos:

DR NU Vas TS

pers

N tt

Fire. XXXII

A. — Martyr frappé à coups de massue B. — Scié en deux avec une scie de fer.

DRE CRE. C. — Mains et pieds coupés.

Marqués au fer rouge

jours (1591) parmi lesquels (voyez le Schisme Anglican de Sanders) se trouvaient en particulier deux des plus brillantes lumières de l'Angleterre, savoir : John Fisher, évêque de Rochester et membre du très sacré collège des Cardinaux, et Sir Thomas More, Chevalier, et, quelque temps auparavant, Chancelier de tout le royaume.

Maintenant, pour ce qui est des onzième et douzième modes de torture nommés ci-dessus, et par lesquels les saints Martyrs étaient défigurés par des marques brülantes ou avaient la tête abattue à coups de hache ou de massue, le témoignage en est rendu dans les Histoires des saintes Bibiana et Aurea, vierges et martyres romaines, des saints Laurent, Eutropius, Getulius et d’autres.

Cette forme de châtiment, qui était particulièrement infamante en ce qu’elle défigurait complètement le visage des citoyens libres, est également mentionnée par Suétone dans sa Vie de Caius : « Il fit défigurer par des marques de brûlures beaucoup d'hommes d’un rang honorable qu’il condamna ensuite aux travaux des mines ou des routes, ou bien à être livrés aux bêtes sauvages. » De même Sénèque : «IL y a diverses sortes d’entraves et plusieurs espèces de châtiments, écartèlement des membres, brûlures au front, etc... »

Ce genre de défiguration du visage, qui marquait le front des coupables de caractères profondément creusés qui ne pouvaient jamais s'effacer, fut aboli par l'Empereur Constantin, puis rétablie par l’hérétique et iconoclaste Empereur Théophile. Car il n’y a pas de doute que ce prince ne fit défigurer — nous, disons plutôt orner — par ces brülures, les visages des deux saints frères Théophane et Théodore. Et ici citons, pour la plus grande gloire de Dieu, et le pieux profit des fidèles, ce que Métaphrastes a conservé, concernant les martyrs déjà nommés saint Théophane et Théodore, de leurs lettres adressées à

Lortures et Éourments des Martprs crétiens

l’évêque de Cyzicus et au reste de la multitude des croyants orthodoxes. « De sorte que, tandis que nous nous tenions devant la face de l'Empereur, silencieux et les yeux baissés, le prince, se tournant vers le préfet qui se tenait auprès de lui, la voix insolente et l’aspect féroce, parla ainsi d’un air dur et courroucé: « Emmenez ces individus et inscrivez et gravez sur leurs visages les vers composés dans ce but, puis, livrez-les à deux Sarrasins, afin qu'ils les emmènent avec eux dans leur pays. » Et plus loin: « Car il était plus facile de renverser sens dessus dessous le ciel et la terre que de nous faire renoncer à notre religion. Alors il commanda que nos visages fussent gravés, et, souffrant encore. excessivement des coups de fouet que nous avions reçus, nous fûmes étendus sur des bancs et les coups de sabre s’imprimèrent sur nos visages, et ils continuèrent à nous marquer jusqu'à ce que l'obscurité se fit lorsque le soleil se coucha.. En vérité le Christ nous reconnaîtra à ses signes, et ces lettres seront regardées et lues par les légions célestes. Car le Seigneur lui-même a dit : « Ce que vous aurez fait au moindre de ceux-ci, vous me l’aurez fait à moi.»

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