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RÉSUMÉ GÉNÉRAL, CONCLUSIONS

D'après l'exposé que nous venons de faire des différentes particularités de structure rencontrées dans les tumeurs que nous étudions , on voit qu'un grand nombre de tissus peuvent entrer dans leur constitution. En outre, nous remarquerons que ces tissus s'y présentent avec leurs caractères normaux ou peu s'en faut; dans l'immense majorité des cas ils n'offrent pas d'altérations histologiques véritablement morbides, et les quelques modifications qu'on y observe sont légères et de peu d'importance. C'est la place du tissu qui est anormale bien plus que sa structure.

Tels sont à grands traits les principaux caractères anatomiques que présentent les tumeurs congénitales du type dermoîdc considérées dans leur ensemble. Il serait facile de multiplier les exemples et les citations à propos de chaque tissu; mais notre but n'est pas de faire une étude complète ni de dresser une statistique détaillée de toutes les particularités anatomiques qui peuvent s'observer dans ces productions. Laissant donc de côté cette analyse minutieuse, qui dépasserait de beaucoup les

limites de noire travail sans présenter un intérêt réel, nous pensons qu'il est préférable d'envisager la question à un autre point de vue. Après avoir indiqué la structure de ces productions en général, nous croyons utile de résumer les variétés qu'elles présentent dans chaque région en particulier et de déterminer sommairement la distribution topographique des divers éléments qui les composent.

Dans l'orbite et son pourtour, les kystes dermoïdes sont presque toujours très simples, et renferment seulement de la matière sébacée, souvent mélangée à des poils; exceptionnellement ils sont multiloculaires comme dans le cas de Barnes, le seul où Ton ait rencontré une dent, et peut-être aussi le cas de Saint- Yves; plus rarement encore la tumeur est très complexe (cas de Brœer et Weigert). Enfin, cette région est le siège d'élection des kystes huileux et des kystes calcaires.

Sur les autres parties du crâne et de la face les kystes dermoïdes présentent la même simplicité ; la multiplicité des loges est tout à fait exceptionnelle (kyste de la commissure intermaxillaire de Verneuil).

Au plancher buccal il s'agit presque toujours de kystes uniloculaires à contenu sébacé, et les poils y sont assez rares. (Linhart, Denonvillicrs et Verneuil, Gueterbock, Richet, Combalat, Ozenne.)

Les kystes dermoïdes du cou sont uni- ou pauciloculaires ; leur paroi est dermoïdc ou mixte (dermoïde et muqueuse) ; ils contiennent parfois des poils. Rarement on a observé en cette région des tumeurs plus complexes avec du tissu cartilagineux et osseux (Virchow, de Saussure-Ford).

Sur les parois du tronc, les kystes sont aussi très peu compliqués dans leur structure, et même ceux de la cicatrice ombilicale se font remarquer par leur simplicité plus grande encore, puisqu'ils ne renferment pas de poils.

Aux membres , malgré le petit nombre et l'insuffisance des

SO KYSTES DERMOÏDES

faits que nous avons rassemblés, la structure paraît aussi très simple.

Les tumeurs dermoïdes de la cavité thoracîquc peuvent contenir, outre des productions véritablement dermoïdes (poils, dents), des parois muqueuses, de Tos, du cartilage et des tissus très variés. Mais dans le cas de Villard, le kyste était des plus simples, puisqu'il ne renfermait ni poils ni glandes.

Dans la cavité abdominale, et notamment dans Tovaire, s'observent les tumeurs dermoïdes qui présentent les combinaisons les plus diverses sous le rapport de la structure ; c'est là, par excellence, que se trouvent les kystes contenant de longs cheveux, des dents et des productions osseuses; c'est là que les tissus les plus variés prennent part à la constitution de ces tumeurs. Mais, d'autre part, on peut observer aussi en cette région des kystes uniloculaires à structure simple.

Les mêmes remarques sont applicables aux tumeurs scrotales, qui renferment ordinairement des tissus variés (poils, dénis, os, cartilage, tissu neneux, parois muqueuses), mais qui ont quelquefois une structure beaucoup plus simple (pièce de la collection de Giessen^.

La région sacro-porinéale nous offre les mêmes exemples de kystes très simples et de tumeurs dont la structure peut atteindre un très haut degré de complexité. Enfîn, les tumeurs de la région des maxillaires montrent pour ainsi dire au maximum cette extrême variété des tumeurs dermoïdes et leurs points de contact avec les monstruosités.

C'est dans ces deux dernières régions que Ton a surtout rencontré des vestiges de fœtus recouuaissables. ('es parties fœtales ont aussi été trouvées dans l'abdomen et même dans le cerveau (cas de Milliarésis ?).

De l'examen des faits précédents ressortent les conclusions suivantes, qui nous paraissent avoir une certaine importance pour l'explication pathogénique de ces tumeurs et sur lesquelles nous reviendrons d'ailleurs à ce propos.

En premier lieu , on remarquera que les tumeurs à contenu complexe, à cavités multiples et à structure variée ne s'observent guère qu'en de certaines régions : la région sacro-périnéale, la région des maxillaires, le scrotum, la cavité thoracique et surtout la cavité abdominale, où Tovaire est leur siège de prédilection par excellence. Au contraire, les petits kystes dermoïdes à contenu très simple et à structure exclusivement dermoïde se rencontrent dans toutes les régions, mais principalement à la superficie du corps et avec une prédominance marquée à la tête.

En second lieu, il est facile de voir combien sont étroits les rapports que présentent entre elles, au point de vue de leur constitution, les différentes tumeurs du type ectodermiquc, combien les intermédiaires sont nombreux entre les kystes simples et les kystes complexes d'une même région comme l'ovaire, le scrotum, la région sacro-périnéale, et quelle, ressemblance parfaite il y a entre les tumeurs de structure semblable en des régions différentes. On peut donc légitimement comparer les unes aux autres toutes ces productions, à quelque région qu'elles appartiennent, et les classer d'après leur degré de complexité en une série parfaitement naturelle et ininterrompue.

Ces analogies multiples que nous venons de signaler, les

nombreuses transitions que nous avons constatées entre toutes ces tumeurs, semblent indiquer en elles un fond commun, et leur caractère de tumeurs congénitales peut déjà nous faire pressentir que ce point commun doit être recherche dans le développement de Tembryon .

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