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THÉORIE DE LA DIPLOGÉNÈSK PAR INCLUSION

Pour expliquer les monstruosités doubles les plus complexes (les cas des jumeaux accolés par exemple), l'on admit la soudure de deux embryons égaux, pendant les premières phases de leur développement. Pour les monstres inégalement développés (monstres doubles parasitaires de Geoffroy Saint-Hilairc), Ton admit encore la fusion de deux individus primitivement distincts, mais une fusion plus intime, peut-être plus précoce, compliquée d'une atrophie plus ou moins considérable de l'un des germes, celui qui constitue le parasite. Le germe ainsi emprisonné, évoluant d'une façon anormale, devenait un kyste fœtal plus ou moins compliqué.

Le fait essentiel dans cette théorie consiste à considérer le kyste comme un individu primitivement distinct et sa formation comme le résultat d'une monstruosité double.

Cette monstruosité double était comprise, d'ailleurs, de

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difTércntcs manières : on pouvait croire à l'inclusion d'un très jeune embryon dans un autre antérieurement conçu et plus développé, par le fait d'une véritable superfétation.

On pouvait encore admettre que l'embryon inclus avait été conçu en même temps que l'autre, qu'ils étaient jumeaux; mais le développement, après avoir marché parallèment, s'était arrêté pour l'un d'eux, ce qui expliquait l'extrême inégalité du sujet contenu et du sujet contenant ^

Enfin on pouvait aussi penser à l'existence de germes originairement monstrueux ou anormaux, à la formation d'un œuf à deux germes.

Cette doctrine de la diplogénèse par inclusion, quelles que soient les différences d'interprétation, servit d'abord à expliquer les monstruosités où la duplicité est évidente, celles qui présentent les formes bien caractérisées des deux sujets composants. Is. Geoffroy Saint-Hilaire l'admet également pour les monstres par inclusion ou endocymiens ; mais il fait des réserves pour les tumeurs ovariennes, et, tout en reconnaissant qu'elles peuvent, dans certains cas, être rapportées à la monstruosité double par inclusion, il les considère dans d'autres cas comme des grossesses extra-utérines anormales. En d'autres termes, dans ce cas la tumeur est, non plus la sœur jumelle, mais la fille de l'individu qui en est porteur. C'est un produit de conception, mais c'est un produit monstrueux, redevable à sa qualité de monstre, à l'imperfection et à la simplicité de son organisation, de la propriété de prolonger presque indéfiniment sa vie dans le sein de sa mère ; c'est, dit-il, un embryon permanent pour lequel le terme de la gestation n'arrive jamais (t. II, p. 564). Il n'est plus question, pour ces cas, de mons-

1. Pigiié {Société anatomique, juin i84G) expliquait de la manière suivante l'inclusion fœtale : il remarquait que l'on voit parfois deux corpuscules de de Graaf très rapprochés, au point que l'un d'eux peut faire saillie dans la cavité de l'autre et que les deux cavités communiquent; dans ce cas, les deux ovules peuvent ôtre fécondés simultanément et alors les deux œufs croîtront ensemble dans la même eaveloppe ; si Tun se développe avec plus de rapidité, il englobera le retardataire.

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truosité double, mais bien de monstruosité simple. Aussi Geoffroy Saint-Hilâire classe-t-il ces tumeurs au dernier rang des monstres doubles, et il fait remarquer la grande analogie que présentent, au point de vue de l'organisation, ces êtres imparfaits qui terminent chacune des deux grandes séries parallèles formées dans sa classification par les monstres unitaires et les monstres doubles. En réalité, l'analogie est telle que la distinction qu'il prétend établir entre ces deux ordres de produits s'efface complètement et qu'elle se réduit, en somme, à une question de siège. Or le siège est un élément de bien faible importance au point de vue général auquel nous nous plaçons. Une tumeur fœtale doit-elle être considérée comme une monstruosité double parce qu'elle siège dans le scrotum et comme une monstruosité simple parce qu'elle occupe l'ovaire * ? D'ailleurs Geoffroy Saint-Hilairc semble bien avoir conscience de cette difficulté, puisqu'il reconnaît des transitions entre les monstres simples parasitaires et les monstres doubles parasitaires, et qu'il cite à ce propos le cas où « des membres accessoires sortent d'une tumeur plus ou moins volumineuse renfermant en elle diverses parties parasitiques : disposition qu'on peut déjà considérer comme une demi-inclusion*. » C'est donc en somme l'inclusion qui restait la théorie générale.

11 faut remarquer que Geoffroy Saint-IIilaire ne parle que des tumeurs relativement complexes de l'ovaire, du testicule, etc. , et qu'il ne s'occupe pas des kystes dermoïdes simples, tels que ceux du sourcil et de l'orbite. Pour ces derniers l'on no donnait guère à cette époque d'interprétation bien précise.

Pourtant l'on songe a à étendre aux kystes simples l'explica-

!. Geoffroy Saint-Hilairc (t. II, p. .*i6!) attache, il est Trai, une certaine importance aux symptômes d'un commencement de grossesse qui ont signalé parfois l\''poquc do la formation des tumeurs ovariennes ; mais n'a-t-oa pas vu ces symptômes se montrer parfois en dehors de toute conception, dans le cours de diveri«es affections dos organes génitaux chez la femme?

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