‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 3 sur 99 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

KYSTES DERMOIDES

Nous réunirons dans cette première partie toute une série de productions, en apparence assez diverses, mais formant en réalité un groupe homogène et bien défini si, au lieu de les considérer isolément, on les classe d'après leurs affinités en une série continue. Ces productions comprennent les tumeurs congénitales décrites sous les noms de kystes sébacés *, kystes dermoides, kystes fœtaux par inclusioti, inclusions fœtales. Sans parler de leur origine congénitale et des rapports qu'affecte leur formalion avec le développement embryonnaire, ces tumeurs sont encore rattachées les unes aux autres par un lien commun dont l'importance est capitale, parce qu'il les unit au double point de vue de Torigine et de la structure, et qu'il en constitue la caractéristique véritable, à la fois anatomique et pathogénique. Ce caractère fondamental est l'existence dans ces productions de cavités kystiques que nous désignerons sous le nom de cavités dermoïdes ; les parois de ces cavités présentent la structure fondamentale du tégument externe ; elles dérivent d'ailleurs de ce tégument ou, d'une manière plus générale, des parties du feuillet corné de l'embryon qui donnent nais-

1. Le mot sébacé désigae ici une simple apparence macroscopique et nullement un caractère d*origine ; nous entendons par ce terme des kystes en réalité dermoïdes, dont le contenu ressemble à celui des kystes sébacés vulgaires, d'origine folliculaire.

sance à la peau et à certaines muqueuses. Malgré los différences assez considérables que peuvent présenter, quant h leur structure, les tumeurs de cctlc espèce, dans toutes, depuis les plus simples juqu'aux plus complexes, se retrouve ce m6mp élément de composition, ces mômes cavités dermoïdes, réparties, il est vrai, en proportions variables, mais constantes, et la part qu'elles prennent à la formation de ces tumeurs est presque toujours prédominante, souvent même exclusive.

La ilélïnilion de cette calégorie de kystes csl due k Leberl (1852). Cependant en 1831 Leblanc avait décrit, sous ce même nom de kyste dermoïde, un kyste pilifère inlra-crAnien trouvé chez un cheval ' ; de semblables kystes avaient aussi été signalés par de nombreux observateurs et les caractères cutanés de leurs parois plusieurs fois vérifiés ; mais c'est Lebert qui, en rassemblant les faits analogues, fonda vérilablement le groupe des kystes dermoïdes, et ce sont ses travaux qui firent entrer le mol dans le langage courant. Quant au terme lui-même, il existait antérieurement dans la science, et fiicbat l'avait employé pour dénommer son système dermoïde constitué par l'ensemble du derme'. Mais, comme on le voit, c'est dans une acception différente et plus conforme à son élymologie qu'il fui employé par Lebert, c'est-à-dire comme exprimant une ressemblance avec la peau normale (Sîpiii, peau). Aujourd'hui le mot est consacré par l'usage avec la signification que lui donnait Leberl.

Outre les tumeurs appelées communément kystes dermoïdes, et dont la composition, plus ou moins variée, offre plusieurs degrés, nous décrirons ici certaines tumeurs congénitales, encore plus complexes, auxquelles est appliqué parfois

i. Leblniic, Kytte lUrmaïde li-otivé dam le cr/liip il'u» cheval : JowhiiI Ihforii/ue fl pratique de mfdnHne vétérinaire, janvier iSSl , d'aprÈa une analyse du Reeueit de médecine vétérinaire, t. VIII, 1831, p. 312.

3. Xht. Bichat, Anatomie générale appliquée à la physioloijie et n la inr'dfciHe, Paris, an X (ISUIj, seconde partie, p. 641. La claseification de Bichat coropreaoit amû uu système fpideruialdc.

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le nom A'inclusiom fœtales. Si nous réunissons en un groupe unique des tumeurs aussi variées, c'est que leurs rapports sont tellement intimes, les divisions si difficiles à établir au milieu d'elles, qu'elles semblent bien évidemment alliées les unes aux autres par une parenté commime. Nous nous réservons, d'ailleurs, de fournir plus tard les preuves à l'appui de ce fait.

Enfin, on doit aborder un point préliminaire au sujet des kystes dermoïdes ordinaires, qui forment la partie la plus importante des tumeurs que nous étudions : ces kystes sontils toujours d'origine congénitale ? La question est généralement résolue par l'affirmative ; la plupart des auteurs considèrent les kystes dermoïdes comme une affection congénitale, cette expression étant prise au sens indiqué plus haut. Nous adoptons dès maintenant cette opinion que nous aurons à justifier par la suite, et nous ferons entrer, par conséquent, tous les kystes dermoïdes dans le cadre de notre élude.

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