Mcckel, loco cit., p
en 1860, rapproche la formation des kystes dermoïdes ovariens de ces phénomènes de génération accomplie sans copulation fjuî ont été décrits, dans la série zoologique, chez les inverlébrés, sous le nom d'agamo-génèse ou parthénogenèse *. Ritchie (1863) fut aussi partisan de cette doctrine.
Enfin, les progrès de l'embryologie et en particulier les travaux de Waldeyer, sur le développement des glandes génitales et révolution de Fépithélium germinatif, vinrent donner à cette théorie de la parthénogenèse comme un regain de nouveauté. Née de recherches embryologiques, la théorie -de Waldeyer sur la pathogénie des kystes ovariens n'est, en «ffet, comme le dit très justement HalTter, qu'une traduction moderne de Ja parthénogenèse. Selon cette doctrine % la formation des kystes dermoïdes dépendrait des propriétés spéciales des cellules épithéliales de Tovaire qui, dérivant de l'épithélium germinatif, représentent des cellules ovulaires non développées. Cet épithélium, qui normalement donne naissance, par l'intermédiaire deFovule fécondé, à un embryon, pourrait, en vertu de ses propriétés spéciales, produire, sans fécondation cît par un développement parthénogénétique, des tissus variés ^t notamment de l'épiderme. De la sorte, le développement des l^ystes dermoïdes doit être considéré comme parallèle à celui des kystes myxoïdes, dans lequel les cellules épithéliales suivent vine évolution normale, tandis que dans les kystes dermoïdes, les cellules épithéliales, obéissant à une évolution déviée, reproduisent, non plus des éléments semblables à leurs cellules mè- ^es, mais des éléments qui revêtent le caractère épidermique '.
1. James A. Salter, Case of ovarian lumour containhuj leeih, hair, etc., '^ciih remarks : Guy's Hospital Reports, S"*-! séries, vol. VI, 1860, p. 5H.
2. Waldeyer, Die epitheiiaien Eierslocksgeschwùlste, insbesondtr.? die Kyslone» ^^rch,f. Gi/ruekoL, 1870, Bd. 1, h. 2, s. 304.
3. Waldeyer rappelle que l'on avait déjà cousidt^ré los kystes dermoïdes de ^"ovaire comme proveoaut des follicules de de Graaf ctquc Mayweg, notamment, Oisait que des produits comme les poils et les dents pouvaient dériver d'un 'épithélium indifférent, tel que celui des follicules de de Graaf. (Mayweg, Die
^nlwickelungsgeschichle der Cyslengeschwùlste des Eierstocks; Bonn, 1868 [Inaii' ^uraldissert]^ s. 19.)
La parthénogenèse est assurément très séduisante pour les kystes dermoïdes de l'ovaire; elle s'accorde très bien avec certains caractères de ces tumeurs ; elle rend compte de Tassociation de kvstes variés aux cavités dermoïdes et des transitions qui existent entre les kystes dermoïdes et les kystes prolifères ou myxoïdes ; elle, offre l'avantage de rapprocher dans une même vue générale le développement des kystes dermoïdes et celui des kystes myxoïdes. Mais, d'autre part, elle est passible d'objections sérieuses. En effet, elle est seulement applicable aux kystes développés dans des organes qui dérivent de l'épithélium germinatif. Comment comprendre, pour ne parler que des kystes dermoïdes complexes, ceux de la région sacrée dont la structure est exactement la même que celle des kystes dermoïdes de l'ovaire? S'il fallait invoquer des propriétés analogues pour les autres épithéliums, ce serait alors revenir à l'hélérotopie plastique. Enfin, si l'on considère seulement les organes dérivés de l'épithélium germinatif, dans les tumeurs dermoïdes du scrotum, l'indépendance complète et qui parait constante de la glande séminale et de la production tératologique n'est point en faveur de cette théorie ; il en est de même des cas de kystes dermoïdes du petit bassin dans lesquels l'ovaire était inaltéré.