‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 43 sur 99 · PRODUCTIONS DERMOIDES DES VOIES URINAIRES · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS DERMOIDES DES VOIES URINAIRES

La formation de poils à rintérieur des voies urinaires était autrefois considérée comme possible. On avait observé, en effet, rémission de poils avec Turine ; Bichat disait en avoir trouvé sur des calculs du rein*. Après l'important mémoire de Rayer sur le trichiasis des voies urinaires et la pilimiction, les kystes dermoïdes étant mieux connus à cette époque, on vint à concevoir des doutes sur le développement des poils à la surface des voies urinaires et à donner aux faits observés une interprétation différente. Rayer assigne trois ordres de causes à la présence des poils dans les organes urinaires :

1** Formation de poils dans les voies urinaires (trichiasis).;

2° Rupture de kystes pilifères dans les voies urinaires (pilimiction);

S'' Introduction de poils venus du dehors.

Cette dernière cause, en mettant à part les cas de supercherie et d'introduction volontaire de poils dans Turèthre, est exceptionnelle. Rayer cite un cas de Thomas Paget, observé chez un homme atteint de persistance de Touraque et dans lequel un calcul développé autour d'un poil fut extrait par rorifice ombilical; la présence de ce poil dans la vessie peut ici s'expliquer par sa pénétration accidentelle à travers l'ouverture de l'ouraque. Civiale pensait que, dans certains cas encore, des poils du pubis pouvaient être introduits par la sonde pendant le cathétérisme.

1. Xav. Bichat, Analom, générale appliquée à la physiol, et à la médecine; Paris, an X (1801), 2» partie, p. 827.

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Les faits de la deuxième catégorie sont bien autrement importants. Dans plusieurs cas, en effet, l'ouverture de kystes dermoïdes dans les voies urinaires a été constatée anatomiquement; dans d'autres, bien que la communication n'ait pas été démontrée, du moins la coexistence d'une tumeur abdominale a été reconnue, si bien qu'on doit admettre que c'est là, en somme, la cause générale, et l'on se trouve ainsi conduit à rapporter à ce mécanisme la plupart des faits d'émission de poils en même temps que l'urine, parfois avec des calculs ou des graviers (gravellc pileuse de Magendie).

Quant au développement de poils à la surface des voies urinaires, en l'absence de faits anatomiques on pouvait le nier ou tout aumoinsLle mettre en doute. Toutefois une observation de Martini montre que le trichiasis proprement dit existe, d'une façon exceptionnelle , il est vrai , et avec des circonstances toutes particulières. Il s'agit dans ce cas remarquable d'un enfant mâle, né avec une atrésie de l'anus et de Turèthre et mort deux jours après la naissance de péritonite généralisée ; i'ouraque était persistant, la paroi abdominale amincie et incomplètement formée, bien qu'il n'y eût pas de division proprement dite ni d'exstrophie vésicale, et le rectum s'ouvrait à la partie postérieure de la vessie. Enfin, et c'est ici le point qui nous intéresse particulièrement, tandis que la partie antérieure de la vessie offrait une structure normale , sa partie postérieure, au voisinage de l'orifice intestinal, était formée par de la peau véritable avec épiderme, papilles et poils très hns, invisibles à l'œil nu. Il est impossible aujourd'hui de donner de ce fait une explication qui soit à l'abri de toute critique ; mais en attendant que nos connaissances embryologiques soient plus précises et fournissent une interprétation rationnelle des différents vices de conformation des organes urinaires, nous pouvons toujours ranger cette anomalie à côté des productions dermoïdes précédemment étudiées. N'y a-t-ilpas, en effet, entre ces dernières et le fait de Martini une analogie remarquable?

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Comme elles la production anormale ne montrait-elle pas une structure dermoïde sur une muqueuse ? Ne dépendait-elle pas en outre d'un trouble de développement? N'était-elle pas liée à des vices do conformation multiples, en particulier à la division incomplète des parois abdominales?

Enfin, est-il besoin de rappeler que de prétendues productions pileuses, décrites à la surface de certains organes, n'étaient que des apparences grossières ? Tel est le cas des cœurs velus des anciens auteurs dans lesquels des fausses membranes du péricarde étaient prises pour des poils *.

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