KYSTES DERMOÏDES DE LA FACE
A la face, outre le pourtour de l'orbite, les kystes dermoïdes peuvent occuper le nez et la joue.
Sans parler de ceux qui siègent à la racine du nez, c'est-àdire à la région intersourcilière, et que nous avons déjà mentionnés, on en a rencontré sur le nez proprement dit.
1. Nous laisscroas de côté les tumeurs décrites sous les noms de tumeurs perlées (Cruveilhier, Virchow), cholestéatomes (J. Mûller). Il règne en effet, notamment dans les auteurs allemands, une certaine confusion entre ces tumeurs et les kystes dermoïdes, ceux du moins qui ont seulement un contenu graisseux. C'est ainsi qu'un kyste de la queue du sourcil a été décrit par Esmarch sous le nom de cholestéatome. Aussi Prescott Hewett s'accorde-t-il avec Paget pour ne trouver aucune différence essentielle entre les cholestéatomes et les tumeurs sébacées, congénitales ou non. Mais sous cette dénomination de cholestéatome ou tumeur perlée on a compris, non seulement au crâne, mais encore en d'autres régions, des tumeurs différentes, telles que des sarcomes angiolithiques, des épitbéliomas, des kystes sébacés ou dermoïdes.
18 KYSTK5 DERM0IDE5
Lawrence rapporte le cas d'une petite tumeur congénitale, siégeant sur la voûte du nez {on the bridge of ihe nose) et pourvue d'un petit orifice externe, assez large pour admettre un stylet de trousse et qui donnait parfois issue à une matière grasse; un stylet s y enfonçait d un tiers de pouce environ. Il l'ouvrit et trouva une membrane lisse brillante couverte de
' liyntc dcrmolile médian siùgcant sur le das d
poils, qu'il fut difficile d'enlever complètement par dissection. Cruveilhier a observé chez une petite fille de neuf ans, à la partie moyenne du nez, un petit pertuis dans lequel un stylet s'engageait jusqu'à i pouce 1/2 de profondeur en se dirigeant d'abord sous la peau, puis plus profondément du côté des sinus frontaux ; il n'y avait aucune communication avec les fosses nasales, comme on put s'en assurer par une injection ; la pression debauten bas faisait sortir par l'orifice de petits poils. Nous rapportons deux cas qui peuvent être comparés aux
précédents. Dans l'un, le kyste siégeait à la partie moyenne du dos du nez, chez une petite fille de vingt mois; il était pourvu à sa partie inférieure d'un étroit orifice cutané; il contenait des poils et sa paroi était dermoïde (V. fig. 3 et obs. XX). L'autre cas est un kyste également congénital de la pointe du nez chez un enfant de cinq mois; comme les précédents, il était remarquable par l'existence d'un pertuis, et de plus, cet orifice livrait passage à une petite houppe de poils follets (V. pi. I, fig. 1 et 2, et obs. XXI).
A la joue, nous en avons rencontré un exemple près de la région parotidienne, et un autre au-dessus du sillon qui sépare cette région de la lèvre supérieure. Nous citerons aussi un cas observé par Verneuil: il s'agissait d'un kyste dermoïde et pilifèrc, accompagné de plusieurs petits kystes à épithélium pavimenteux, siégeant sur la face externe du maxillaire supérieur.