‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 70 sur 99 · Broca, Tt\ des fumeurs, t. II, p. ti · texte numérisé non relu

Broca, Tt\ des fumeurs, t. II, p. ti

3. (îiiil. Busch, Uenpjcu inler hyffromaln cyMna congeuUa, iumores cavernasot et cystides sanguinofenUis iiUercedenle, Boiiu, 1850, — cité par Virchow.

doctrine, complètement opposée à la précédente, admettait une série de phénomènes d'un ordre absolument inverse. Plus lard Virchow, discutant les faits de ce genre et les opinions des différents auteurs à ce sujet, fut porté à concilier en quelque sorte les deux théories en présence: il admit que la transformation kystique des angiomes peut être rapportée, dans bien des cas, à une combinaison de tumeurs éreclilesavec des kystes séreux, et, dans d'autres, à une association irangiomes sanguins et lymphatiques*. Il est certain que la nature variable du contenu trouve une explication plausible dans Tune comme dans l'autre théorie : c'est là un point sur lequel nous aurons bienlut à revenir. Mais il n'est pas douteux non plus que Taltéralion kystique des angiomes constitue un fait rolativcMnent très rare. Si tant est qu'il soit vrai, en général on n'observe pas les premières phases de la transformation des tumeurs érectiles en kystes séreux composés. Au contraire, les vaisseaux sanguins sont fréquemment très abondants et très développés dans les kystes séreux congénitaux, et Ton comprend dès lors que, dans un petit nombre de cas, un développement vasculaire excessif puisse conduire aux angiomes véiitables. Par certains caractères enfin, les kystes s'éloignent des angiomes; en effet, ils sont généralement profondément placés, n'envahissant les couches sous-cutanées que secondairement, et ce n'est que d'une manière tout à fait exceptionnelle qu'ils siègent dans le derme lui-même, bien différents en cela des naîvi et des angiomes ordinaires. En définitive, on ne peut accepter comme fait général que les kystes séreux congénitaux soient précédés par l'angiome; en admettant même, ce qui n'est nullement démontré d'ailleurs, qu'ils dérivent des vaisseaux sanguins, on se trouve obligé de reconnaître qu'ils se forment d'emblée avec leurs caractères propres qui les séparent nettement des angiomes.

1. Au sujot de la transforuiutioii k ysti(|uo des .in;^'iomns, nous renvoyons aux indicatious donu<îc3 par Uroca, Tr. des lum., t. II, p. 200 et suiv., et Virchow, Pathoi, des tum„ éd. franc., t. IV, 1«' fasc.

A la suite dos travaux publiés, surtout en Allemagne, sur les lymphangiomos , Topinion qui plaçait dans Tappareil lymphatique Torigine de ces kystes séreux fut adoptée par de nombreux auteurs. Nous renvoyons pour Thistorique de celte question à l'important mémoire de Wegner et à celui, plus récent, de Middeldorpf. Examinons de quelle manière cette théorie s'accorde avec les faits observés, en considérant Tun après l'autre les divers caractères fournis par Tanatomie pathologique.

L'endothélium qui tapisse les cavités kystiques ne présente pas les dentelures caractéristiques de l'endothélium IjTiiphalique. Mais nous savons aujourd'hui que cette forme particuculicre de rcndothélium n'est pas constante dans le système lymphatique. D'après Ranvier * , elle a pour fonction de donner au revêtement oudothélial une solidité plus grande ; elle peut faire défaut lorsque ce revêtement est doublé d'une paroi résistante. Dans les cœurs lymphatiques des batraciens, il est vrai, la disposition dentelée des cellules endothcliales existe, malgré la présence d'une paroi solide et musculaire; mais ces cavités sont le siège de changements alternatifs de volume, auxquels ne sont point exposés les kystes dont nous nous occupons. Ajoutons que, sur les vaisseaux lymphatiques des kystes ovariens, Malassez a observé un endothélium variable , à bords tantôt droits tantôt dentelés. On voit donc que la forme de l'endothélium est insuffisante pour affirmer la nature lymphatique ou sanguine des cavités kystiques, et ne peut trancher par conséquent la question d'origine de ces tumeurs.

Los caractères du contoim, variant du liquide séreux jusqu'au sang presque pur, n'ont pas une valeur plus décisive. Nous avons vu comment ces variations étaient expliquées par la théorie qui faisait dériver ces tumeurs des vaisseaux sanguins. Il est facile de montrer qu'elles se concilient fort bien

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