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aussi avec leur origine lymphatique. On sait, en effet, que les fistules lymphatiques laissent parfois écouler, non pas de la lymphe pure, mais un liquide rosé renfermant des globules rouges. D'ailleurs, on conçoit aisément que , dans ces loges à contenu primitivement lymphatique, il puisse se produire des hémorrhagies qui modifient dans une mesure variable la nature du liquide. Cette circonstance se comprend sans peine, étant donné le développement, d'ordinaire considérable, des vaisseaux sanguins dans les tumeurs de cette espèce et la situation
KSÀ^^AKW
Fiu. il. — Eudutht'liiiin d'un kyste séroux du du. Iinpré^oatiun au nitrate d*argent.
superficielle do ces vaisseaux, aussi bien dans les parois mûmes des loges que dans les bourgeonnements de leur surface. N'observe-t-on pas des phénomènes parfaitement semblables dans les kystes de Tovairo, dont le contenu peut renfermer du sang, par suite do la rupture des vaisseaux qui rampent dans leurs parois et leurs végétations ?
Les communications dos cavités kystiques avec le système circulatoire, sanguin ou lymphatique, constituent encore un argument qu'on pourrait retourner de doux manières et adapter à Tune comme à l'autre théorie. On ne sait, eu effet, si la communication est primitive ou secondaire ; c'est ainsi que Wcgner admet une forme mixte d'hématolyniphangiome ; dans
CCS lumours, qui, pour lui, sont primitivement des lymphangîomos, il s'établirait une communication secondaire entre la cavilé el les voinos, probablement par absorption des parois.
L'obsorvalion directe de la formation des cavités kystiques dans li»s tumeurs en voie d'accroissement pourrait donner la solution du problème. Or, il n'existe pas à cet égard de faits concluants. Les partisans de Torigine lymphatique admettent avec W'egner trois modes possibles de développement pour ces cavités kystiques : iMa dilatation de canaux lymphatiques préexistants, à la suite de l'oblitération des vaisseaux plus volumiiKMix ; 2' la prolifération do Tendothélium ries parois (néoplas'h' homoplasliqut») ; T la formation de cavités lymphatiques iKMivrlb^s <lans un tissu de granulation (néoplasic hctéroplasli«|ne). Sans discutrr la valeur de ces hypothèses, nous rappelh'n)iis cv i\\u' nous disions ii propos de Tanatomic patholojîiqin' sur b's raraclèrrs que présentent les tumeurs en voie (r^xtriisioii. Nous faisions reiUcirquer rexislence de végétations des parois kysli(|nes et (ranfractuosilés profondes îles cavités. C'est par ces espèces de diverticules, qui s'enfoncent dans le stroma <le la tumeur et qui semblent y déterminer une sorte de clivage, que les kystes nous paraissent s'accroître. Souvent, en elfet, c'est au niveau de ces enfoncements que Tendotliélium ju'ésenle un état plus jeune et des formes moins aplaties. C'est également fi leur voisinage qu'on observe dans la paroi des amas (réléments embryonnaires. Nous n'avons jamais observé la formation de cavités kystiques au sein de ces amas embryonnaires, et nous inclinons plutôt à penser que cette prolifération plus intense' est déterminée en ce point par les diverticules de la cavilé kystique, lesquels jouent le rôle d'une épine irritante. Toujours est-il que l'on constate en ce point les manifestations d'une activité plus grande, aussi bien dans TendothéHunu que dans le tissu conjonctif de la paroi.
Mais quelle que soit la manière dont s'accroissent les cavités kystiques, nous ne sommes toujours pas renseignés sur leuï*
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point de départ primitif cl nous ne sommes pas encore en droit de décider entre leur origine sanguine ou lymphatique.
Un argument plus important est fourni par les relations qui semblent exister entre les tumeurs kystiques congénilalcs cl d'autres productions anormales développées aux dépens du système lymphatique. C'est un point qui a été bien mis en lumière par la plupart des auleura qui ont écrit sur les lymphangiomes. On a distingué Irois formes anatomiques de ces tumeurs lymphatiques considérées en général : l" le lympban-
Fiu. tS. — tly|>ertiapble coagénilule [larlitlLt.'
giome simple, résultant de la dilatation des réseaux lymphatiques ; 2* le lymphangiomc caverneux, présentant la structure du tissu érectîle et correspondant aux angiomes caverneux ; 3* le lymphangiome kystique, dans lequel se trouvent des kystes variés, formés par la dilatation des cavités lymphatiques. C'est là sans doute une classification très théorique et, si nous considérons seulement les kystes séreux congénitaux, c'est une combinaison de ces différentes formes que l'on rencontre en réalité dans la plupart des cas : la disposition kystique notamment est presque toujours associée à la disposition caverneuse. Néanmoins ces divisions ont l'avantage de Gxer les
idées à ce sujet et (rétablir entre ces tumeurs et d'autres productions congénitales des relations qu'il nous reste à signaler.
Certaines hypertrophies congénitales sont ducs à des dilatations lymphatiques et ont été rangées parmi les lympbangiomes. Celle de la langue ou macroglossie est, parmi ces affections, la mieux étudiée, et, depuis les travaux de Virchow, Billroth, etc., un certain nombre de faits ont démontré l'existence de dilatations lymphatiques dans cet état pathologique. Or, cotte modification anatomique offre de grandes analogies avec certaines formes do kvstos séreux, et l'on a vu d'ailleurs roexislor h'S doux all'octions, la macroglossie et la tumeur kystique (Valonta, ^Villi\vartel')^ L'hypertrophie des lèvres ou maiM'oclieilio est également attribuée à une eclasie lymphatique ; nous en rapportons un xîxemple (obs. LXXIV) dans lequel ranali)gie r'st évidente avec certains kystes séreux*. On consiilrn^ oncoro comme le résultat d'une dilatation des Ivmphali(iuescorlainos hypertrophies congénitales des joues et des mpml)res (macromélios'^) avec état éléphantiasique. Le fait, ol)Sorvé il la cuisse, qui fait h* sujet de Tobservation LXXV, se proto Irosbion à colle interprétation. Virchow, établissant un lien entre toutes ces altérations : éléphanliasis, hypertrophies congénitales par dilatations lymphatiques, kystes congénitaux,
{. Voy. sur ce siijot : R. A'in'how, UrOn' Makrotffossie itnd palhol. Nt^nhild. (/itf^rfjsfn'îftrr}[usJir//'fisfrn. Arrh. f. paf/in/. Anat., ISoî, Bd. VII, h. 1, s. liîC. — Billrolli, Iicib\rf/r zur piUhol. Ui.Holoi/if, H-Tliii, ISjS, s. 21C. — II. Mans, Ueber Jhjpet'frnphirfirr Zunfjo. Luntjmherk's Avrliiv f. kliii. Chh\, 1872, Bil. Xlll, s. ii3. — Th. (îios, lipUran zur M'irro'/h^sir. ihit/.. 1S13, Bd. XV, s. C-SO. — A. WhiiwartiT. Kin VaU nm anf/rKorfiu'r Mtikriv/hssir rohibinirl viit Ilj/f/roma cysticum col/i roiit/rnituw. Ihid., 18'4, Bd. XVI, P. g:>:;. — Wc/j^iinr, loco cit. — De Larabrio, Contrib. à rt:lwlc de Vhyprrtrophir nmf/rnitalr dn la lanijue {macroijiofsie). Th. WwU, 18S2. -CI. PjistLT, Javhh.f. Kùuhrhri/k., Bd. XVIlï, cité par Middeldorpf.
2. Billroth., op. ai., s. 218. — Dolb.;au et Fclizet, Hufi. de tht'rapeid., :J0 uov. 187 i, ohscrv.avec examen histologique parGraucher. (P. Dho»tc,Th. Paris, 1879, 11" 3;il.)
ÎJ. C. Kindlcr, Veber Lymphnnffiomr mit brsonderer Herùcksichtitjung des Lymphaïujiouis dry Wwujc [Makromelie). luaug. Di?sert., Mûiichcn, 1884. {CentralùL f.Chiv., 1S8:J. 8. 69i.)
considère ces derniers comme la forme kystique de Téléphantiasis congénitale *.
Enfin Ton a cherché plus loin encore des analogies et l'on a comparé ces productions congénitales avec d'autres altérations non congénitales du système lymphatique, notamment les télangiectasies produites, dans certains cas, par la gène de la circulation et résultant d'une compression. On a fait remarquer que les lymphangiomes s'observent principalement dans les régions où les lymphatiques décrivent des coudes et sont exposés à des compressions : au cou, à l'aisselle, au pli inguinal, et on a émis l'opinion que les formes congénitales pouvaient être rapportées aussi à une oblitération des lymphatiques (Middcldorpf).
Cette doctrine a le mérite indiscutable de rattacher les unes aux autres des affections fort voisines entre lesquelles les transitions sont presque insensibles. Toutefois ces généralisations, séduisantes assurément, ne doivent pas nous égarer au delà des faits observés. Dans les hypertrophies congénitales dont nous venons de parler, les modifications du système lymphatique ont été bien constatées et ne peuvent être mises en doute ; elles ont une valeur incontestable. Mais il y a d'autre part toute une série de faits dans lesquels elles font défaut, et lors même qu'elles existent, elles ne constituent pas toujours toute la lésion. Pour nous en tenir seulement aux altérations de l'appareil circulatoire, on a parfois rencontré aussi dans