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DIAGNOSTIC

venons de décrire. A ces éléments du diagnostic il faut encore ajouter les renseignements fournis par la ponction exploratrice. Outre la nature du contenu, la ponction fait aussi connaître, d'après la mesure du liquide évacué, le volume de la poche qui le renfermait. Il arrive fréquemment que le liquide ainsi retiré sort en quantité fort petite, malgré les dimensions parfois considérables de la tumeur ; mais cette quantité augmente si Ton vient à rompre quelques cloisons interkystiques avec la pointe du trocart, de manière à vider successivement plusieurs loges. Il y a là, comme on le voit, un excellent moyen de reconnaître la structure polykystique de la tumeur, et même dans certains cas d'apprécier la nature variable du contenu dans les différentes loges. Enfin, les poches principales étant vidées, il devient plus facile d'explorer les parties solides de la tumeur et les prolongements qu'elle envoie dans les organes voisins. La ponction est en général tout à fait inoffensive ; néanmoins elle peut exposer à quelques accidents inflammatoires; aussi convient-il, lorsqu'elle ne constitue pas une méthode de traitement, de la pratiquer seulement quand le diagnostic demeure incertain ou bien lorsqu'elle doit précéder une intervention plus active. Elle est, en effet, inutile pour éclairer le diagnostic dans la majorité des cas; car les signes physiques révélés par l'examen de la tumeur sont suffisants d'habitud<^ pour asseoir l'opinion de kyste simple ou composé, limité ou diffus. Il pourra pourtant dans maintes circonstances persister quelques doutes sur les rapports du kyste avec les parties profondes et sur la possibilité de prolongements qui échappent aux investigations. Néanmoins, s'il est en général facile, le diagnostic des kystes séreux congénitaux n'est pas toujours aussi simple, surtout en certaines régions où l'on rencontre des tumeurs qui ont avec eux de notables ressemblances.

Les grenouillettes, avec lesquelles ces kystes étaient autreiois confondus, s'en distinguent par différents caractères : les

kystes séreux ne sont guère limités au plancher buccal et, lorsqu'ils font saillie sous la langue, ils apparaissent aussi audevant du cou avec leurs caractères cliniques habituels. Quant aux grcnouillettes congénitales dues à rimperforation du conduit de Wharton, leur forme, leur direction, leur limitation rendent toute confusion impossible.

Les tumeurs kystiques du corps th}nroïde suivent les mouvements d'élévation du larynx pendant la déglutition; elles siègent surtout à la partie médiane du cou ; elles s'accompagnent habituellement d'une tuméfaction générale du corps thyroïde tout entier, et présentent une consistance plus ferme que les kystes séreux. Enfin elles n'offrent pas ces prolongements diffus, sublinguaux ou autres, comme le font si fréquemment les kystes séreux congénitaux du cou.

Les méningocèles, accompagnées où non d'encéphalocèle ou de myélocèle, se présentent souvent avec un ensemble de caractères qui ne permettent pas la confusion. Ces tumeurs ne reposent pas en général sur les parties sous-jacentes par une base aussi large que les kystes. Elles sont plus ou moins réductibles, se gonflent pendant l'expiration; leur compression détormino divers troubles nerveux : paralysies, couMilsions, etc. Mais tous ces phénomènes peuvent faire défaut et le diagnostic offre parfois des difficultés, lorsqu'il s'agit, par exemple, d'un sac de méningocèle isolé par oblitération du pédicule. Alors l'adhérence de la tumeur au rachis, l'état des apophyses épineuses, pourront éclairer le diagnostic. Enfin la nature du liquide contenu est différente dans les kystes séreux congénitaux; toutefois le liquide du spina bifîda peut, en cas d'inflammation, contenir un peu d'albumine et de sang.

C'est principalement à la région sacrée que le diagnostic entre les méningocèles et les kystes séreux est souvent difficile. En effet, nous avons vu que les deux altérations peuvent coexister, et dans ce cas il y a au point de vue opératoire un très grand intérêt à savoir si la tumeur polykystique se com-

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