DIAGNOSTIC
plique d'une hydrorachis. Or, cette détermination n'est pas toujours possible, et dans un kyste composé il peut arriver qu'une des poches prédomine de beaucoup sur les autres, et qu'elle paraisse réductible lorsque son contenu passe dans un prolongement pelvien. C'est ici le lien d'appliquer la remarque de Bergmann, que les tumeurs congénitales occupant la partie antérieure du sacrum et du coccyx ne communiquent jamais avec le canal vertébral. On a vu, il est vrai, d'une manière tout à fait exceptionnelle le spina biiida de la partie antérieure du sacrum * ; mais ce n'est pas là une tumeur de la région sacro-coccygienne, en sorte que la règle formulée par Bergmann reste vraie.
Les kystes des variétés précédentes, dormoïdos oumuqucux, se distinguent sans peine en général des kystes séreux. Néanmoins, à la région du siège, il est bien souvent impossible de décider si la tumeur est un de ces kystes plus ou moins com- ;plexes dont nous avons parlé dans les deux premières parties clc ce travail, ou bien s'il s'agit d'un kyste séreux composé. Le contenu ne peut même donner de renseignements précis à cet ^gard : car il est sujet à de trop grandes variations dans chacune de ces classes de tiuneurs. D'ailleurs ce diagnostic diffé- >rentiel au point de vue opératoire n'a qu'une médiocre importance.
Certains angiomes présentent de nombreux points de ressemblance avec les kystes congénitaux. Ce sont surtout les iSingiomes profonds, et en particulier la variété caverneuse à grandes loges vasculaires, qui offrent les analogies les plus grandes. La tumeur comme le kyste est remarquable par sa diffusion, par sa grande mollesse et par une fausse apparence de fluctuation. La réductibilité presque complète de l'angiome ;i>ar une compression méthodique et soutenue, et, au contraire, l'augmentation de volume, une tension beaucoup plus grande
1. Tr. Kroner et F. Marchaud, Meningoceie sacralis anterior. Arch. f. GynskoL, i881, Bd. XVH, 8. 444.
de la tumeur en plaçant la tète de Tenfaut dans une position déclive ou sous l'influence des cris et des efforts, permettront le plus souvent de conclure en faveur de Tangiome. Mais dans certaines circonstances ces derniers phénomènes sont peu apparents, et d'un autre côté la réduction de Tangiome n'a pas toujours lieu ; on comprime d'une part, et il apparaît à proximité, profondément d'habitude, une nouvelle tumeur; en un, mot on vide une ou plusieurs loges, mais le sang afflue dans les loges voisines. Le diagnostic dans ces cas exceptionnels est^ extrêmement malaisé et la ponction seule permet de sortir de la difficulté. Mais cette ponction elle-même n'offre toutes les garanties désirables que dans certaines conditions.
Les kystes congénitaux, en effet, présentent parfois des poche remplies de sang, de telle sorte que le trocart peut ramener uim. liquide sanguinolent, du sang même, et cependant la tumeuf est un kyste. — Le diagnostic se fonde alors sur la continuité de récoulement sanguin dans l'angiome, tandis que cet écoulement cesse ou prend de nouveaux caractères dans le cas de kyste. L'observation LXXVII relate tout au long un fait où la confusion a eu lieu pour n'avoir pas eu recours à la ponction.
Les lipomes diffus congénitaux présentent parfois une certaine ressemblance avec les kystes qui nous occupent ; pourtant leur consistance est en général plus grande et les lobules forment dans leur ensemble une masse plus homogène. De plus, on n'y reconnaît pas de fluctuation, et la surface des lipomes montre d'habitude ces adhérences cutanées d'aspect gaufré qui lui sont propres. Enfin, lorsque les kystes congénitaux ont subi la transformation lipomaleuse dans une partie de leur étendue, on trouvera associés les caractères de ces kystes et d'une tumeur graisseuse.