MACRI.NE.S A DEUX BIELLES
Ces machines, imaginées par M. Maudslay, de Londres, sont , après les machines à luilancier, celles qui ont rendu le plus de services a l'industrie. Occupant un faible espace, comparativement aux précédentes, et ayant l'arbre moteur situé prés du sol, elles ont, presque partout, remplacé avantageusemeut ces dernières pour forces à transmettre aunlessous de 54 chevaux. Bien que ce système puisse être employé sans inconvénient. Il est bon de dire, cependant, qu'il convient moins que le précédent pour les genres à condensation, étant, dans e« cas, plus compliqué.
Deux Inconvénients graves exisUmt dans la machine a deux bielles, et sont la cause pour laquelle son application est limitée à la force de 54 chevaux. Le premier de ces inconvénieats réside dans In nécessité où l'on est de guider l'extrémité supérieure de la tige du piston dans une coulisse assez longue, recevant son point d'appui du bas; le second réside dans l’emploi de l'arbre à deux manivelles coudées. Os deux inconvénients, qu'éludent plus on moins heureusement les constructeurs qui s'adonnent spécialement è ce système, occasionnent généralement des vibrations qui accélèrent la détérioration des appareils, et en rendent, sinon la durée moindre, à coup sùr l’effet utile moins considérable.
orrias modes de co.vsTBFcna!i des MAcanns a dcex biei.u».
Les premières machines de M. Maudslay étaient toutes à condensation. Elles consistaient Ipl. 57, lig. 3 et 4 ) en un socle en fonte suffisamment rigide, sur lequel étaient établis , d'une part , le cy lindre moteur au centre; d’autre part, un châssis composé de quatre colonnes reliées entre elles par des croix de Saint-André , et supportant les coulisses-guides de la tige du piston. Dans l'intérieur du socle se trouvaient les appareils de mouvement du distributeur, de condensation et d'aUmentation ; le tout hors du sol et facile à visiter. Ces macidnes étaient réellement d'un aspect fort agréable; mais la hauteur énorme qu’elles comportaient, sans admettre la moludre liaison avec les murs voisins, les rendait, maigre la diminuUon de la course et l'augmentation proportionnelle du diamètre du cylindre, impropres à des transmissions de forces supérienres a 15 chevaux. Il résulte de la que, aujourd'hui, ce modèle est presque exHusivement réservé pour le« machines de 4 chevaux qu'emploient les cboeolatien et autres industriels qui, n’ayant besoin que d'une basse pression et ayant peu d'espace disponible, tiennent à exposer leur moteur aux regards du public.
Plus tord , quand les machines â liaute pression ont été en vogue , la hauteur énorme du aocle étant devenue Inutile, on baisoa considérablement le cylindre, ce qui permit d'en faire l'application à des
MACHINKS A ROTATION, FIXES. iS7
forces plus considéraMps. Les Apures S et 6 (pl. 17) représentent le mode de ronstnirtton de ce sytéme employr par M. Saninier (Poplneourt). Dana la machine de M. Saulnicr, le socle n’existe plus cpie pour le cj lindre seul ; les colonnes duchéssis, portant la coulisse, reposent directement sur la plaque de fondation.
Cette inçénieuse disposition permet de rendre plus crand l'écartement entre les colonnes et, par là, de donner plus de base, partant, plus de solidité à l'appareil. .Néanmoins, elle ne détruit pas le principe des vibrations qui, dans les assemblages rectangulaires, existe toujours quelle que force que l’on donne aux pièces. Ce par quoi la machine de M. Saulnicr est le plus remarquable , A notre avis , c’est par la distribution. Ainsi , en premier lieu , l’arrivée de la v ajienr motrice dans la boite à vapeur et la sortie de celle qui a fonctionné se font par les deux seules colonnes A et 11 ( flg. «) , communiquant avec des tuyaux noyés dans le sol; en second lieu, le distributeur est à détente (flg. 7) au moyen d'un seul tiroir et d’un excentrique (flg. 8 et 9) analogue à celui que nous avons décrit (page tos); de plus, la détente est variable au moyen d’une came supplémentaire comme avec l’excentrique de M. Taraizier, que nous avons représenté (pl. 10, flg. 1 1 ).
Il existe à Paris un grand nombre de ces machines , dont les forces varient entre 1 1 et 15 chevaux ; mais cette deniiere force est la limite à laquelle on puisse prudemment aller.
La flg. 10 (pi. 17) représente le mode de construction de la machine à deux bielles employée par M. Giraudon. Ce mode se distingue du précédent par la substitution aux colonnes toscanes d'un entablement moycn-âge, qui sc prête parfaitement aux exigences de la coulisse. Cette disposition a, sur la précédente , l’avantage de rapprocher considérablement du sol la base de la coulisse et de substituer, à l’assemblage rectangulaire de la machine de M. Saulnicr, un assemblage prestpie triangulaire et partant Invariable. Nmis approuvons fort cette disposition.
I-es ligures l et 1 (pl. la) représentent un mo<Ie particulier de construction des machines a deux bielles qu'a employ é M. Oallafent pour machines ne dépassant pas six chevaux. Dans ces machines, il n'y a plus ni colonnes , ni entablement moyen-àge pour supporter les coulisses ; c'est le cyMndre seul qui est chargé de ce soin ; à cet effet, il est muni de deux fortes oreilles , rapportées à sa bride supérieure et consolidées par des nervures, sur lesquelles viennent s’assembler à boulons les bases des deux coulisses. Comme on le voit, eeéte disposition ne présente pas assez de stabilité pour être appliquée à des forces eo-dessus de six chevaux , mais pour celte force et au-dessous elle est suflisaote , comme le prouvent les nombreuses applications qu'en a faites M. Gallafcnt.