PIÈCES SPÉCIALES. DISTRIBUTEURS
Dans l'orifdne des machines à Tapeur, les distributeurs n’étalent autre chose que des robinets a deux eaux ordinaires, adaptés chacun à un tuyau , communiquant, d'une part , avec le cylindre, d'autre part, avec la chaudière ou le condenseur. Il fallait deux tuy aux pour chaque extrémité de la course du piston ; de là quatre robinets se manceuvrant , d'abord à la main , ensuite par appareil de déclic adapté à la machine même. Plus tard, apparut le robinet à quatre voles de Leupold (pl. in, (1g. 4 bit), qui remplissait à lui seul le même bot que les quatre robinets précédents ; les figures I et 2 ( pl. 10) représentent un mode d'exécution de oe robinet, imaginé par M. Mandslay , qui a figuré pendant longtemps dans les machines sortant des ateliers de cet habile constructeur.
La vapeur arrive par le tuyau A et se rend dans la capacité B ; C et D sont les Ituniéres d'introduction dans le cy lindre , E est la lumière d'exhnustiou. Quand la capacité B communique avec une des deux lumières C ou D, l'autre communique avec le conduit d'exhaustion par la chambre F, comme il est facile de s’en convaincre en étudiant la figure.
Ce qui rend l'usage des robinets en général difOcile pour opérer la distribution , c'est la facilité avec laquelle ils grippent et s’usent. M. Mandslay, pour diminuer autant que possible l'inconvénient du grippement , donnait au cène de contact une grande Inclinaison et au Heu de serrer la clef contre le boisseau par une rondelle et un écrou , comme on fait ordinairement, il mettait un ressort à boudin G, dont la pression ajoutée à celle de la vapeur sufiisait pour maintenir la def en place sans l'exposer à gripper. Ces robinets, qui comane tous les antres, s’usaient assez vite, seraient néanmoins encore employés aujourd’hui si on n’avait découvert des appareils infiniment supérieurs.
La figure 3 représente un mode de distribution par robinets qui a figuré pendant longtemps dans les machines oscillantes de M. Cavé , non pas qu’il fàt très bon , mais parce qu’il est assez difficile d'opérer autrement la distribution dans ce genre de nvaebines. Dans cette distribution , la vapeur arrive par \ et sort par B et B' ; les robinets tournent et établissent chacun alternativement la communication entre leur lumière et la chaudière. Dans la position des robinets qu'indique la figure, la vapeur entre par en bas et sort par en haut.
Sans passer par tons les systèmes de distributeurs qui ont amené aux systèmes actuellement préférés , noos dirons qu’il existe aujourd’hui trois appareils distincts pour opérer la distribution de la vapeur dans les cylindres , savoir ;
Le tiroir en coquille, — le tiroir à garniture, — fa snupnpe.
Nous alloos étudier isoleinent chacun de ces distributeurs.
S I. — Tiroir en rooollle.
Le tiroir en coquille est le meiOenr de tous les distributeurs connus ; malheureusement II ne peut être employé pour toutes les forces de machines , attendu qtM ce qui fait son mérite dans les petites est un défaut capital dans les grandes , comme nous le verrons plus loin.
Ce distributeur (pl. t o, fig. 4, A), bien qu’essentlcllemcnt différent du robinet de Lmpold (fig. 4 ài's) , en fht cependant la conséquence Immédiate. Pour s’en convaincre , il sufiit de remarquer que , dans ce dernier, A étant l’orifice d'introduction 4» vapeur, B celui d'exliaustion, C et I) ceux de distribution dans le cylindre, si , de la clef de ce robinet , on retranche les deux partions , comprenant entre elles la partie pleine M N , ou seulement l’une d’elle , celle correspondant à A et à C , la distribution n’en continue pas moins à s’effectuer régulièrement , et au lieu d’une clef grippant dans son boisseau , on a une portion de clef maintenue serrée, contre la paroi de ce boisseau , par la pression qu’exerce In vapeur dans la chambre AC, qu’occupait précédemment la portion de clef supprimée.
Or, du moment où l’occapalion complète du boisseau par la clef distributrice n’est plus une nécessite , pour que la distribution s’effectue régulièrement, il devient inutile de conserver à ce dernier sa fonne primitive, et on peut le remplacer par une chambre de forme quelconque (llg, 4 ter) , dont une des parois est Sfciioft. 43
CONfPOSmON DES PIECES DES MACHINES A VAPEI H.
c) liiKlrique et suffisainmeot développée pour que In portion de def, qui sert à effectuer Ia distribution, reste en eontact avec elle i>endAnt tout le chanin qu’elle doit parcourir. De cette modification résultent : Auu*
inaitation considérable du rayon de la clef ; 3° rapprochement des orifices de distribution et d’exhuustioii .
Il existe encore aujourd’hui (|uelques machines dans lesquelles figure cette disposition de l'appareil de distribution; mais le rodage du tiroir y est si difficile que , malgré des avantages appréciables sous le rapport de la traosmissioit df raouvanent, ou n’eo exécute plus depuis longtemps.
De la disposition de 1a figure 4 ter à celle de la figure 4 , c'est-à-dire au tiroir ordinaire , il n’y a qu'un pas ; U a sufii , pour effectuer cc changt^ment , de faire le rayon de la clef du robinet de Leupold égal à l’in* fini; alors la partie cyliudrique s'est changée en un plan, et le mouvement du tiroir, de circulaire, est devenu rectiligne.
Le tiroir en coquiUe » tel qu'on l'emploie aujourd'hui , oonsiste en une boite rectangulaire A (fig. 4 ) , renversée et dont les rebords inférieurs , suffisamment larges, ont été applauis et soigneusement dressés sur In Hurface B du cylindre à vapeur, qui porte le nom de plate-Jorme du tiroir, de telle sorte que, quand ces deux parties sont en contact , U ne puisse passer entre elles la moindre quantité de vapeur.
La chambre C, dans laquelle est contenu le tiroir, pOTte le nom de boite a vapeur.
Elle communique avec la chaudière par un tuyau dont l'origine est en 1).
Les orifices a, b,c, percés dans la plate-forme, portent le nom de tumiéres. Parmi les lumières, on distingue : 1° les lumières de dixtribution u et b, servant alternati> ement à établir la communication des extnnnitcs du cylindre, soit avec la boite à vapeur, soit avec l'échappement; 3^ la lumière de sortie c» servant à réchappement de la vapeur, soit dans l'air, soit dans rapporell de condensation.
Les lumières de distribution se distinguent entre elles, pendant lo nvouvemeot du tiroir, pai' les dénominations suivantes : lumière d'introduethn, lumière à’ej-haustion, \a première est relative à celle qui est en communication avec la boite à vapeur ; la seconde est relative à celle qui est en oommanication avec la lumière de sortie.
En principe , lo mouv ement du tiroir est tel que , quand le piston sc trouve à l'une des extrémités de sa (ourse, le tiroir est au milieu de la sienne et réciproquement , d’ou résulte que , quand le piston est à l’estréinjté de sa course, les lumières de distributi<H) sont formées, taudis que, quoud il est au milieu de sa course, ces lumiert*s sont complètement ouvertes et communiquent Tune avec la boite à vapeur et l'autre avec In lumière de sortie.
Oti distingue deux espèces de tiroirs en coquilles, savoir : lks tiboias sans i>btc;vtb , — lkstikoirs a llKTBXTB.
Les tiroirs sans détente sont ceux qui permettent a la vapeur, venant de la chaudière , d’entrer dans le cylindre pendant toute la course du piston.
Les tiroirs a détente sont ceux qui ne permettent à la vapeur, venant de la chaudière, d'entrc*r dans le cylindre que pendant une portion de la course du piston seulement.
Tiroirs sans détenir.
(juandlcs tiroirs sont iMins détente, la largeur des lumici'eS|^i«lle des deux parties pleines qui les reparaît et celles des cxla*iuités pleines du tiroir, sont Uiéoriqucmo-ut ^ics entre elles. En outre , la largeur du V ide intérieur du tiroir est égale à trois fois celle des parU(*s susnommées.
En pratique , Il arrive quelquefois que , pour rendre plus hermétique la fermeture des lumières de distribution par les exlnmiités pleines du tiroir, on augmente un peu la largeur de ces dernierea ; dans ce cas , il faut augmenter de la même quantité la largeur des pleins séparant les lumières. La course du tiroir , qui primitivement était égale a deux largeurs de lumière , devient alors égale a une largeur de lumière, plus une largeur de partie pleine.
Quelquefois aussi , on augmente la largeur de la lumière de sortie ; dans ce cas , la largeur du v ide inti*-
PIECES SPÉCIALES. DISTniBUTEERS.
rkur du tiroir est égale à trois largeur dont une de lumière de distribution , une de |>artiv pleine et une de lumière de sortie.
L’espace compris dans l'intérieur du tiroir étant constamment en communication soit avec Pair, soit avec un ronden.seur, il en résulte que, quand son contact avec la plate-forme est parfait, il everce, contre cette platis-forme, un frottement proportionnel à la différence des pressions intérieures et cvtérienres ainsi qu’a la section de son évidement. Or, plus les machines sont fortes, plus cet évidement est considérable; aussi arrive-t-il que , au dessus de trente chevaux , il n’y a pas d’avantage à employer ce distributeur, à cause de la force qu’il absorbe pour son mouvement.
Nous avons dit phis haut que le mouvement du tiroir est normal, quand ce dernier arrive au milieu de sa course au moment où le piston arrive au milieu de la sienne , et réciproquement. Depuis quelques années on a apporté à cette disposition théorique une modilication dont !e bnt est de foire arriver le tiroir an millen de sa course avant que le piston soit à Pextréinité de la sienne. Il en résulte que l’exhaustion de la vapeur, qui a servi, et l'introduction de la vapeur contraire ont lieu avant que le piston soit arrivé à la fin de sa course.
Celte modification qui porte le nom d'Avxxca du tiroir, parce qu’il snflit, pour arriver au résultat voulu , de mettre l’appareil de transmission de mouvement du tiroir en avance snr le piston , semble , au premier abord , devoir diminuer l’effet utile de la vapeur ; il n’en est rien cependant , car loin de le diminuer, elle l’augmente. En effet, quand le piston arrive 4 la (In de sa course, en même temps que le tiroir au milieu de la sienne, l’exhaustlon de la vapeur utilisée et l’introduction de la vapeur, en sens contraire, n’ont lieu que quand ces deux pièces ont déjà parcouru un petit espace ; or, à ce moment , les orifices d'introduction et d’exhaustlon étant très petits , In vapeur utilisée a de la peine à sortir et la vspeuH 1 nouvelle a de la peine à entrer, il en résulte que la diminution de pression , d’une part , et l’augmentation de pression, d'antre part, ne se font que lentement, et que, par conséquent , le piston doit, pendant quelque temps, lutter seul contre ta vapeur qui a fonctionné, ce qui ne laisse pas que d’absorber une certaine quantité du travail précédemment effectué.
Si, an contraire, on donne de l'avance au tiroir, l’exhaustion de la vapeur utilisée commençant avant la fin de la course, et In vapeur nouvelle n’arrivant que faiblement en sens contraire , il arrive que quand la course est entièrement parcourue, les lumières d’exhaustion et d’introduction se trouvent asser ouvertes pour qne la vapeur utilisée ne s’oppose pas au mouvement du piston et pour que la nouvelle vapeur agisse dès le commencement de la course.
Tiroirs à détenir.
On considère trais modes prlndpaux employés pour effeetuer la détente au moyen des tiroirs , savoir :
1° An moyen d’un senl Urolr;
4° Au moyen de deux tiroirs ayant chacun une boite spéciale ;
S° Au moyen de deux ou trois tiroirs superposés.
1 ° Oélente au moyen d'un seul tiroir. Dans ce cas, on foit usage du tiroir ordinaire, auquel on ajoute ce que l’on appelle du recoueremaU.
Le recouvrement est un élargissement des extrémités de h snrfoce du tiroir en contact avec la plateforme. Cet élargissement a pour but d’accélérer la fermeture de la lumière d’introduction , sans ouvrir l’autre en sens contraire, comme cela a Heu au moyen de l’avance seule.
L’emploi du recouvrement nécessite deux modifleations easentteHed dans la disposition de la distrlbuUao par tiroir ordinaire, savoir :
1 ° Allongement do la course du tiroir;
lo Élargisseroent de la lumière d’exhaustlon,
La première de ces modifications provient de ce que, si la course restait la même que précédemment.
lOU COMPOSITION DES PIÈCES DK3 MACHINES A VAPEliR.
l'ouvcrlure complète de la lumière d'introdudion se trouverait diminuée d'une quantité égale à la largeur du rceouvreineut. Pour éviter cela, on augmente la course du tiroir de deux fois le recouvrement de chacune de ses extrémités.
La seconde provient de ce que, par suite de l’augmentation de course donnée au tiroir, pour dégager la lumière d'introduction , l’ouverture complète de la lumière de sortie se trouve à son tour diminuée d'une quantité égale à la largeur du recouvrement. Pour éviter cela, on augmente la largeur de cette lumière d'une fois, au moins, le recouvrement. Il rt'solh! de là que, quand le tiroir est ù la lin de sa course : l° les lumières de distribution sont, comme par le passé, complètement ouvertes; !" la lumière de sortie n’est fermée que d'une quantité au plus égale à la différence existant entre sa section et celle des lumières de distribution.
La figure 7 bis (pl. 10 ) représente un tiroir avec recouvrement.
L’avance, Jointe au recouvrement, constitue le meilleur système de distribution au moyen d'un seul tiroir. En effet, d'une part, le recouvrement empêche l'arrivée de la contre-vapeur que, par l'avauce seule, le piston est obligé de subir à U lin de sa course ; d'autre part , l’avance permet d’obtenir l'exbaustion de la vapeur utilisée avant la (in de la course du piston, et l'introductiun du la vapeur en sens contraire exactement au commencement de la nouvelle course, deux conditions auxquelles le recouvrement seul ne peut satisfaire.
Les ligures S, 6, 7, 8, g, lO , repi'csentent trois positions respectives d'un tiroir, de son e.xcentrique et de In manivelle, avec recouvrement et avance de !â". C'est le même que celui de la ligure 7 bis; il a été copie sur la distribution d'une machine locomotive de MM. Sharp et Robert.
Les ligures 9 et 1 0 représentent la manivelle, donc aussi le piston , à la lin de sa course ; l'avance est égale au recouvrement, car les arêtes extiêmes de la future lumière d'introduction et du tiroir coïncident. S'il n'y avait p.-is cette avance, le tiroir se trouverait dans la position de la ligure 7, et l'introduction ne commencerait que quand la manivelle aurait parcouru 2&", ce qui correspondrait à l’introduclion d'un volume subit de vapeur perdue. Si , au contraire, on considérait la position du tiroir de la ligure 9 comme le milieu de la course, sans avance à l'excentrique, la distribution se ferait parfaitement dans un sens , mais très mal dans l’antre sens , attendu qu'il y aurait retard à l'exhaustion et à l'introduction , car la figure 9 serait la même pour la manivelle dans la position opposée è celle de la figure lO.
On conclut de là qu'il ne peut y avoir réellement d'avantage à employer le recouvrement qu'autant que l'un donne de l'avance. En outre, le recouvrement doit être au plus égal à l'avance, car sans cela , Il fait perdre à cette dernière une partie do ses avantages.
Mais, de même que, quand le tiroir est sans recouvrement, il y a avantage à donner de l'avance, c'est-à-dire à permettre l'exhaustion anticipée, de même, quand le tiroir est à recouvrement, il y a avantage à donner de l'avance à ce recouvrement , c'est-à-dirc à le diminuer. Ce fait résulte des Intéressantes ex|iériencvs qu’ont faites MM. Flachat et l’etict, sur les locomotives de Saint-Dermaln et Versailles (rive droite). Ces habiles ingénieurs ont trouvé que le maximum d'effet utile correspond à une avance de !à" a l’excentrique et à un recouvrement égal, non pas à la totalité, mais seulement aux r/eua- tiers de l'avance linéaire correspondante, pour le tiroir.
Or, il est bon de remarquer que , dons ce cas , ce n'est pas l’exhaustion qui profite ; elle ne te fait ni plus têt ni plus tard (voir ligure 7) ; In fermeture même se fait plus tard, puisque le recouvrement est moindre; il y a donc plus de vapeur dépensée. Mais l'intradnction en sens contraire se fait avant que le piston soit arrivé à la fin de la'course, puisque (fig. 9) quand le recouvrement est complet, l’introduction n'a lieu qu'au commencement de la course.
Ainsi la contre-vapeur on plutêt l’arrivée anticipée de la vapeur est plutêt avantageuse que nuisible. Cela résulte non seulement des faits que nous venons de constater, mais de ce que nous avons dit relativement à i’introducUon retardée , qui rend inefficace un certain votume de vapeur.
PIECES SPÈCIALES. DISTRIBUTEURS.
Comme oo le voit , Touvertare i^dnclle des tiroirs n'est pas sans inconvénient , pnisqn’elie aboutit a un effet utile, plus grand quand il y a contre- vapeur que quand il n'y en a pas; nous reviendrons sur ev sujet quand nous parlerons du mouvement des distributeurs.
2" Mente au moyen de deux tiroirs ayant chacun une botte spéciale. Ce système, qui pendant longtemps a ligure exdusiTement dans les machines de M. Sauluier (de la Monnaie), son inventeur, consiste (ilg. 1 3 ) en deux tiroirs , dont l'un ordinaire, et assujetti aux mêmes régies que le tindr sans détente , l'autre plat et servant seulement à régler l'introduction de la vapeur dans la boite du premier.
Il y a deux manières de régler l'introduction de la vapeur an moyen du tiroir plat; la première, que représente la Agure 1 3 , consiste à opérer la fermeture par une des arêtes extrêmes de ce tiroir ; l'autre consiste é ménager dans ce tiroir un orlAce égal A celui de la boite.
Dans le premier cas, le tiroir de détente va et vient deux fols pendant que l'autre va et v lent une seule fois, attendu qu'il doit toujours se trouver prêt A ouvrir l'orince de la boite A vapeur quand l'autre est an milieu de sa course; M. Saulnier a obtenu ce résultat en transmettant le mouvement , A l'arbre de l'exrentriqne du tiroir plat , par deux roues d’engrenages dont l’une a pour diamètre la moitié de celui de l'autre.
Dans le second cas, le mouvement du Uroir de détente peut être le même que celui du tiroir sans détente , attendu que les parties pleines situées de choque cêté de l'oriAce du tiroir ferment oltcmatlvement celui de la plate-forme.
Dans le système de M. Saulnier, le point de détente varie suivant la position de l'excentrique par rapport au tiroir. Ainsi, dans la Agure, la ligne des centres de l'excentrique se trouvant perpendiculaire A sa barre , la détente a lieu A la moitié de la course , car le tiroir de détente ne sera revenu a la même place que quand l'excentrique aura fait une demi-révolution. Or, une demi-révolution de l'excentrique du tiroir do détente correspond A un quart de révolution de l'excentrique de l'autre tiroir, c'est-A-dlre A une demi-course du piston. Si on veut détendre A un point plus élevé que la moitié de la course, on conserve au petit tiroir la position de la Agure, et on fait faire A la Agne du centre de soiwexcentrique un angle obtus avec la barre. Plus cet angle est grand, plus sont rapprochés l’un de l'autre les deux moments ou le petit tiroir revient A la position de la Agure ; cnlln , pour un angle de 1 80° ou deux droits avec la barre , le petit tiroir reste constanunent fermé.
Réciproquement si ou veut détendre A un point au-dessous de la moitié de la eourse , on fait faire A la ligne du centre un ongle aigu avec la barre. Pour un angle de 0 ° il n’y a plus de détente , rorlAce restant constamment ouvert , on , du moins , ne fermant qu’un instant.
Tout eda s'effectue d’une manière fort simple; Il sufAt, en effet, d’arrêter la machine quand le piston est A l'une des extrémités de sa course , puis de maintenir en place , au moyen d’une tenaAle à vis , la tige du petit tiroir; cela fait, on desserre les écrous de sa traverse et on change la position de l’excentrique qui entraîne avec lui tout le reste, sauf le tiroir ; quand cette opcraüon est terminée , on resserre les vis de la traverse du petit tiroir, et on a changé la détente. Il est bon , pour agir ainsi , d'être certain que le petit tiroir est bien A la place qu'il doit occuper, c'est-A-dire celle de la tl^ire.
Dans l'autre système oo varie la détente en variant la course du petit Uroir ; nous en parlerons longuement lorsqu'il sera question des locamoUves.
3 ° latente au moyen de deux tiroirs superposés. Ce système de détente, qui Ait exéciMH pour la première fois dans les ateliers de M. Tamixier, mécanicien A Paris, présente l’avantage d’avoir le Uroir de détente situé enUo la boite A vapeur et le cylindre , ce qui diminue, du volume de cette dernière , la vapeur des conduits qui , dans la précédente disposttion, se détend A peu près en pure perte.
fl consista en un tiroir A (Ag. 1 1) assujetU aux mêmes règles que les Uroirs sans détente, mais terminé par deux lumières C D, qui le traversent de part en part , et dans lesquelles la vapeur, qui se rend au cylindre, est obligée de passer. Sur ce Uroir est une plate-forme qui sert A recevoir un second tiroir
COMPOSITIO.N DES PIÈCES DES MACHINES A VAPEUR
plat B, dit tiroir de dêleiitc, a>ant la Taeulle de gUsaer entre deu.x tringles oondnctrlees et parallèles nu sens du mouvement du tiroir et, par consè({ueot, destiné a opérer la fermeture alternative des lumières C et I).
Ou distingue deu.\ modes prinripaux pour cfTectuer la fermeture des lumières C et D au mojen du tiroir B. Dans le premier (lig. 13, 13 bi») le tiroir B accompagne le tiroir A dans sa course, et, a un moment donné, se tmuve arrêté par un taquet E; le tiroir A continuant à avancer, la lumière passe sous le tiroir B, et l'introduction est fermée; quand le tiroir A reprend son mouvament en sens cuntraire, le tiroir B n’étniil |vlus retenu par le taquet, repart avec lui Jusqu'à ce qu'il soit arrêté de nouveau par ce même taquet agissant sur son arête opposée. la; taquet avant la forme d'une ellipse , le point de détente varie suivant la position qu’on lui fait occuper; plus le diamètre passant par les points de contact est grand, plus le point de détente est élevé, et réciproquement. Il est bon d'observer cependant que, par cette dis|H>sition , on ne peut détendre au-dessous de la moitié de la course du piston, parce qu'il faut que la lumière de détente soit fermée quand le tiroir A arriv e à l'extrémité de la sienne, comme il est facile de s'en convaincre en e.xaminant la figure ; or, re.xtrémlté de la course du tiroir A currespood au milieu de celle du piston, sans avance.
Dans le second mode(flg. 14, ISj, chaque tiroir aune tige et un mouvement particuliers, il sufllt, pour varier In détente, de changer les positions relatives des excentriques de transmission de mouvement. Ce mvMie de fermeture des lumières présente sur le précédent l'avantage de permettre de détendre depuis la course entière jusqu'à une fraction très petite de la course.
Nous examinerons , du reste , en détail tons ces systèmes de détente lorsque nous décrirons les machines des divers constructeurs.
S II- ^ Tiroirs à garnltiires,
l.e premier tiroir à garniture (pl. 10 , Qg. 16 et 17) fut inventé par Watt, il consiste en un cylindre A, ayant pour section la forme d'un D, et se mouvant dans une boite à vapeur entre deux garnitures d'étoupes B et C et une plate-forme DD', avec laquelle il n’a de contact que par ses extréniites E, Ey
La vapeur arrive, )>ar l'orifice à valve de gorge E', dans la chambre ü, comprise entre les devu garnitures K, C. Les lumières d'introduction étant U et U' et la lumière d'exhausUon étant il", on voit que , quand le tiroir est en haut de sa course ( fig. 1 6 ) , la vapeur, venant de la cliaudière , entre dans le cylindre par la lumière d'introduction H , et celle qui a fonctionné s’en échappe par les lumières H' et H"; quand , an contraire, le tiroir est au has de sa course (ilg. 17), la vapeur, venant de la chaudière , entre dans le cylindre par la lumière d'introduction H', et celle qui a faoctiouné s'en échappe parles lumières H et H" en traversant l'intérieur du cylindre mobile A.
Ce tiroir présente , sur le tiroir en coquille , l'avantage de n'exiger que très peu de travail pour sa manœuvre, attendu que la pression de la v apeur se manifestant autour de sa surface, est partout équilibrée ; Mais il présente divers Inconvénients , savoir :
l°ll est A garnitures, cc qui , sous ce rapport, le rend Inférieur au premier;
3" la communication constante qui existe entre sa surface intérieure et le condenseur, dont la température cs^e 40* au plus , tend à refroidir constamment sa surface et par conséquent la vapeur venant de la chaudière ;
3° Quand les parties EE' ont été dressées et ajustées à froid sur la plate-forme DD', il arrive très souvent que, à chaud , la partie cylindrique se voile et fait cesser le contact de l'une des deux parties, auquel cas il se nvauifeste une perte de vapeur, qui non seulement augmente la dépense en oombustlble, mais encore s'oppose à la marche régulière du piston.
Sans chercher A supprimer la garniture, qui est indispensable pour ce genre de distributeurs, on a