‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 205 sur 223 · MACHINES LOCOMOTIVES. — BOITE A FEU. S · texte numérisé non relu

MACHINES LOCOMOTIVES. — BOITE A FEU. S

attaquées que les antres. MM. liurv, Curtis et Kennedy consolident aetueUernent ces parties avec des entretoises. Ces constructeurs sont les principaux partisans des boites rondes, et, avec cette précaution, leurs Imites & feu sont nécessairement plus fortes que les autres.

Les voûtes de toutes les boites à feu doivent être assujetties par des traverses. Ces traverses ont besoin d’étre plus fortes et en plus grand nombre dans les boites carrées que dans les autres. Elles doivent être en fer forge bien choisi, et établies avec le plus grand soin avant d'être boulonnées. On a essayé l'emploi de traverses en fonte, à cause de leur bon marché; mais elles ont donné lieu plusieurs fois à des explosions, et on les a maintenant abandonnées. Ces traverses ne sont en contact avec la boite à feu que dons la partie qui entoure les rivets ; partout ailleurs elles laissent au-dessous d'elles un libre accès à la vapeur. Il est bon de disposer toutes ces traverses de champ, afin de ne pas nuire au courant de la vapeur.

Dans les machines de Sharp et Robert, la boite A feu est composée de trois plaques. Les deux plaques des tubes et de la face ont leurs rebords repliés les uns sur les autres, et par-dessus se trouve rattachée une simple plaque qui forme le couronnement et les deux parois latérales du foyer. La boite intérieure est reliée par en bas à la boite extérieure par une plaque en fer présentant la forme d'un Z, qui sert de fend A l’espace rempli d’eau qui enveloppe la boite. Cet arrangement est préféré à tout autre, à cause du large emplacement qu'il permet de réserver à l’eau, et aussi pour la facilité avec laquelle le nettoyage s'exécute. j#

Les bottes intérieure et extérieure sont également reliées l’une à l’autre tout autour de la porte du fourneau, laquelle présente une double épaisseur, pour diminuer le rayonnement. La boite extérieure a quelquefois un couronnement demi-cylindrique, formé par les parois mêmes qu’on tourne en forme de voûte ; quelquefois ce couronnement est un dôme.

La grille du foyer a toujours été la source d’une grande dépense dans les machines locomotives, a cause de la rapidité avec laquelle elle est brûlée, ce qui nécessite de fréquents remplacements. L’intensité de ta chaleur, à laquelle sont exposées les surfaces supérieures de ces grilles, a bientôt profondément atteint les barreaux dans toute leur épaisseur, qui alors ne retiennent plus les résidus de la combustion, et fléchissent sous le poids du coke enflammé.

Le meilleur remède à cet inconvénient est, tout simplement, de donner aux barreaux une grande hauteur sur une faible épaisseur, afin de maintenir leur partie Inférieure constamment exposée à un courant d’air froid, et diminuer ainsi la perte de calorique due au rayonnement de cette partie, qui s’échauffe par la transmission de la chaleuT de haut en bas.

Les barreaux de peu d’épaisseur peuvent être plus rapprochés les uns des autres que les barreaux qui ne sont pas ainsi disposés. Ils ne présentent donc pas sur ceux-ci le désavantage d’augmenter la difficulté du tirage, tandis qu’ils préviennent la perte sèche qu’cotrainc la chute des petits morceaux de coke qui, autrement, pourraient tomber dans les cendres et être ainsi perdus pour la combustion. La grille fonctionne bien lorsque les barreaux ont une hauteur de t décimètre environ et présentent un espacement de 1 6 millimètres par en haut et de 9 ; millimètres seulement par en bas.

Le cadre de In grille a souvent été disposé de manière à pouvoir être renversé à un instant donné, avec les barreaux et le coke en combustion, soit dans l’intérieur de la boite aux cendres, soit au milieu de la voie. On produisait ce résultat au moyen de crochets d’arrêt qn’on tirait en arrière avec des leviers. Mais, bien qu’alors le cadre de la grille cesse, en apparence, de se trouver suspendu, il arrive cependant bien souvent que ce cadre ne se renverse pas, et qu’on ue peut même parvenir à l’enlever. Cette circonstance est due A la présence de la crasse et de parties goudronneuses, qui sont le résultat de la combustion, et qui forment une véritable liaison entre les bords du cadre et les parois de la boite a feu. On a donc trouvé préférable de Axer A demeure le cadre de la grille, et, dans le cas où, par un motif quelconque, il serait uécessatre de foire immédiatement cesser le chauffage, d'enlever les barreaux un A un de leur place avec la pince ordinaire.

DÉTAILS RELATIFS A DIFFÉRENTES MACHINES

Il est nécessaire de faire en sorte que la surface supérieure des barreaux soit placée a 7 ou 8 centimètres au-dessus de l'espace occupé par l’eau. Cette partie du liquide demeurera ainsi dans un état de repos, ce qui permettra aux différents dépAts en suspension de s’y rendre, sans qu’il en résulte aucun danger de brûlure. Cette partie de la chaudière devra être régulièrement nettoyée au moyen d’un trou à nettoyage pratiqué à chaque bout, et au point le plus bas de la boite à feu extérieure. Ces trous doivent être étanches A l’eau, ce a quoi l’on parvient, soit au moyen d’une rondelle de laiton que l’on y visse tout simplement en lui laissant une légère conicité, soit avec une porte de fermeture munie d’une garniture vissée sur l’une de ses faces.

On doit avoir soin de faire le joint sur In surface intérieure, et de donner nu trou et à la porte une ellqvticité suffisante pour permettre l’Introduction de la porte dans l’intérieur de l'espace réservé à l’eau. Cette dernière disposition entraîne souvent des inconvénients, dus à ce que le joint devient lâche quand la vapeur s’élève. Il faut alors enlever le feu et remplir la chaudière pour pouvoir faire les réparations nécessaires.

Dans quelques Imites a feu carrées de grande dimension, comme celles des machines qui fonctionnent sur le chemin de fer du Gyeat- Western, on a disposé un diaphragme, c'est-à-dire une séparation remplie d’eau et d'une profondeur de I décimètre environ, au milieu même de la boite à feu, dans le but d'obtenir une plus grande surface de chauffe. Ce diaphragme a sa surface inférieure, dans laquelle les dcpAts viennent se rendre, parfaitement plane, et placée à environ S centimètres au-dessous de celle des barreaux; mais sa surface supérieure a la forme d'un arc renversé, a (lu de provoquer le libre dégagement, dans l'intérieur du dème, de la vapeur qui se développe. Les parois de la boite à feu, auxquelles le diaphragme se rattache, ne forment pas en ce point une solution complète de continuité; elles livrent passage à l’eau et à In vapeur au moyen d'une série de trous circulaires, d’uu diamètre de 7 à R centimètres, qui permettent à la circulation de s'opérer convenablement, sans qu'il soit besoin d'affaiblir sans nécessité la boite à feu. Il est indispensable que le trou le plus élevé soit placé au plus haut point du diaphragme, autrement il s'ensuivrait en ce point une accumulation de vupeur qui pourrait devenir nuisible.

L’emploi du diaphragme est avantageux dans les machines extrêmement puissantes, pourvu, toutefois, que sa partie supérieure soit pincée assez bas pour que les tubes trouvent au-dessus un emplacement ronvenuble. Il faut aussi qu'on puisse se servir du tisonnier avec facilité quand on veut enlever les barreaux de la grille.

Le cendrier est une caisse eu télé, placée au-dessous de la boite a feu, pour recevoir les résidus de la combustion qui tombent à travers les barreaux de la grille. Dans les premières locomotives, il n’cxistult point de cendrier. Les escarbilles enflammées étaient dispersées a une grande distance et v enaient tomber sur In route, ccqui fut la cause d'incendies dans diverses circonstances. Le cendrier doit présenter toute la capacité désirable. Il ne peut avoir moins de 25 centimètres en hauteur, sans nuire considérablement au tirage. Si, au contraire, Il offre une grande capacité, et s'il est fermé latéralement et par-dessous, il augmentera le tirage, surtout dans les cas où la'machinc marchera en sens inverse d’un vent violent, circonstances où il est indispensable d’avoir un tirage très actif. Un volet, qu'on peut faire mouvoir a 1a main, sert à ouvrir ou fermer l'entrée du cendrier, et forme ainsi un bon registre.

Le fond du cendrier est à 23 centimètres environ d'élévation au-dessus des rails; dans aucun cas, il ne doit en être a moins de 15 centimètres, pour que lu machine, dans sa route, ue soit pas exposée A rencontrer soit des pierres, soit d'autres objets semblables qui pourraient se trouver par hasard entre les rails.

Tubes.

Les tubes sont généralement en laiton ; les viroles qui servent A les maintenir sont pour la plupart en acier dans le bout du fourneau, et en fer A l'extrcmité de la boite à fumée. Les trous, percés

Page 1