‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 4 sur 223 · DEPUIS LES TEMPS LES PLUS ANCIENS · texte numérisé non relu

DEPUIS LES TEMPS LES PLUS ANCIENS

de ecs idée* une utile application . Neanmoins , M. Arago, et ses admirateurs, à ce qu’il parait, considèrent la machine à vapeur comme une invention toute française, parce que Salomon de Causs eut, le premier, l'idée d'appliquer la vapeur comme force motrice, et que Papin suggéra celle du cylindre et du piston. Il serait tout aussi raisonnable , suivant nous , de présenter la bataille de \S aterloo comme une > leloire française, parce que Napoléon eut l'idee de livrer cette bataille. Car, dans toutes les questions de cette nature , on ne s'inquiète pas de la personne qui a conçu un résultat idéal , mais bien de celle qui a fait entrer ce résultat dans le domaine des choses*.

Ne nous arrêtons point a ces discussions oiseuses. La machhie a vapeur est, sans aucun doute, depuis le commencement jusqu'à la lin, une invention anglaise ; mais ce fait, nous en convenons, doit être moins attribué a la supériorité du génie du peuple anglais, qu’a la force des circonstances, qui ont rendu un instrument tel que la machine a vapeur plus indispensable à l’ Angleterre qu’à tout autre pays. Si la France eût possédé d’importantes mines, gisant sous l’eau, eu même temps qu'une grande quantité de charbon pour eu faire un instrument de travail, il y a toute raison de supposer que la machine a vapeur eût été une invention française ; et l’aveu que nous faisons, que toute notre gloire est le simple résultat du hasard, devrait reconcilier ce peuple si intelligent avec l’idée d’une priorité qu’il est inutile de contester. Aucune cation ne peut espérer d’en surpasser une autre, d’une puissance et d’une intelligence égales, dans toute espèce de matières ; et s’il est vrai, eomme nous voulons bien l'admettre, que les Français nous soient supérieurs en certains points, ils doivent nous accorder la palme en certains autres, et notamment en tout ce qui concerne la machine à vapeur : mais, comme toutes ces discussions sont sans issue, qu'elles n'out aucun attrait, et, nous le craignons, qu’elles ne peuvent convaincre, nous allons procéder immédiatement à l’histoire de l’invention.

L’histoire de la machine à vapeur se divise en cinq grandes époques. La première s'étend depuis les âges les plus reculés jusqu’à la première application efficace de la chaudière, qui parait avoir été accomplie par le marquis de Worcester, circonstance qui rendit les vagues projets de Héron et de Salomon de Causs susceptibles d’application. La seconde époque se distingue par l'emploi du vide, comme aide à la simple pression de la vapeur. Lu troisième se rapporte à l'application successive du cylindre; la quatrième à la condensation de la vapeur par injection, à la mise en jeu des tiroirs par la machine elle-même el aux divers perfectionnements de détail qui furent apportés par Smeaton. Enfin, la cinquième époque est remarquable par l'application du condenseur et par les autres perfectionnements et inventions de Watt , qui amènent l'histoire de ces machines jusqu’à nos jours ; car, depuis que la machine à vapeur est sortir des mains de Watt, elle n’a reçu aucune amélioration d'une véritable importance. Nous allons jeter un coup d’oeil rapide sur chacune de ces cinq époques caractéristiques.

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