‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 102 sur 121 · partie aflfectée des applications avec des préparations de plomb · texte numérisé non relu

partie aflfectée des applications avec des préparations de plomb

Pour montrer qu'on peut jusqu'à la fin retirer de grands avantages des évacuations sanguines, M. Fearon dit :

» Chez des personnes dont la constitution a été afFaiblie j» et épuisée par la longueur du mal ; lorsque les poumons » sont affectés , lorsque les reins , le foie ou d'autres viscè- » res sont devenus squirrheux, lorsque des douleurs de co- » lique annoncent que les entrailles sont affectées, que le « visage devient jaune, pâle , livide , cadavéreux , que la » maladie est sans ressources du côté de l'opération, que la » ciguë et l'opium ne soulagent plus, de petites saignées > ont encore souvent les effets les plus heureux, les plus » immédiats et les plus désirables , en adoucissant lessouf- » frances du malade dont il est impossible d'empêcher la » mort. »

Nous croyons devoir joindre à celte notice sur le traitemient proposé par M. Fearon quelques observations relatives aux effets de ce moyen curatif.

Un homme d'environ 54 ans, avoit depuis près d'un an un ulcère dans le fond de la bouche, accompagné de douleurs lancinantes , qui avoit à peu près déiruit l'amygdale gauche et qui fournissoit une sanie fétide (i). Après avoir pris beaucoup de remèdes sans succès et avoir entre autres choses fait usage pendant assez long-temps de mercure sous différentes formes, la maladie ayant fait encore beaucoup de progrès pendant le traitement, il se mit entre les mains d'une vielle femme qui promit de le guérir. Celle-ci lui prescrivit de mettre sous sa langue autant de sangsues qu'il pourroit en placer à la fois, et de répéter celte opération de temps en temps ; il plaça en conséquence quatre sangsues àl'endroit désigné, et se sentit soulagé ; il en mit six le len-

(1} Bacon, Médic. commentaries Edmiburg,, II, p. 303. 1774.

demain, et peu dejonrsaprèsilen mit encore autant; lebîenêtre qu'il éprouva rengagea à poursuivre cette méthode, et par ce moyen la sanie ichoreuse de Tulcère, dont auparavant la fétidité étoît insupportable, diminua en quantité, et changea de nature en prenant l'apparence d'un pus de meilleure qualité; peu à peutousles symptômes se dissipèrent complètement, et quatre ou cinq ans après le malade n'avoit point encoreéprouvé de rechute. Ilacontinué depuis sa guérison à se faire appliquer les sangsues trois à quatre fois par an ; lorsqu'il a négligé cette précaution , il a été incommodé, surtout après s'être fatigué, par une douleur qui est située à la poitrine vers le bord inférieur du muscle droit et qui s'étend vers l'oreille et sur le côté de la tête. Une dame consulta M. Fearon en 1784, au sujet d'une tumeur qu'elle venoit d'apercevoir depuis peu dans le sein droit, et qui lui occasionnoit une sorte d'oppression et un sentiment de tension et de plénitude dans le voisinage de la partie affectée (1). Comme ces symptômes n'étoient pas très-incommodes, et comme elle étoit accoutumée à en éprouver de pareils à l'époque de ses règles ou dans les commencemens deses grossesses, elle demeura quinze jours sans en parler; mais la dureté venant à augmenter et à faire éprouver des douleurs vives et lancinantes, la crainte la détermina à chercher du secours. Elle avoit alors quaranteneuf ans, et n'avoit point été réglée depuis deux mois. La tumeur, examinée par M. Fearon, lui parut de nature à requérir assez promptement l'opération ; mais sept à huit semaines après qu'elle eût commencé à se manifester, la malade eut un retour de ses règles qui coulèrent avec abondance et plus long-temps qu'à l'ordinaire et la délivrèrent tout-à-fait de sa tumeur et des autres symptômes qcii l'avoient alarmée. Comme celle guérison paroissoit devoir être

(1) Fearon, loc. cit.

attribuée au retour des règles, il fut décidé que si après leur suppression totale, la malade éprouvoit quelque reté^lir des mêmes maux, on lui feroit une petite siigiiée toutes les six semaines ou tous les deux mois, qu'elle se tiendroit le ventre libre 5 et se mellroit à un régime sévère. Ce plan a été suivi exactement, et au bout de trois ans la malade n'avoit pas eu de rechute.

M. Fearon a rencontré depuis beaucoup de cas de la même nature chez les femmes, qui étoient à l'époque de la cessation de leurs règles. Il les a traitées par la même méthode et avec le même succès.

On sait que l'auteur du livre des maladies des femmes (i) parle de ces tumeurs qui se forment au sein des femmes et qui sont guéries par le retour des règles.

Dans cescas, et dans ceux dont parle M. Fearon dans la remarque précédente, on a peut-être prévenu une maladie cancéreuse, mais on n'a pas guéri un caucer. Il n'en est peut-être pas de même de deux autres guérisons rapportées par M. Fearon , et que nous croyons devoir insérer ici.

Une femme vint demander à iM. Fearon, en 1784» son avis sur une tumeur qu'elle avoit au sein depuis six mois. Cette tumeur étoit lout-à-fait dure et incompressible, et lui occasionnoit de vives douleurs, surtout après avoir été touchée; le bout du sein étoit rentré en dedans. Les veines des environs étoient variqueuses, les douleurs lancinantes et augmentant en vivacité à mesure que la tumeur faisoit des progrès. M. Fearon lui fit d'abord prendre de la ciguë en dose aussi forte qu'elle pûl la supporter, il lui fît des applications sur le sein avec l'eau végélo-minérale , et il parvint ainsi à lui donner un peu de soulagement; mais , impatientée de ce que sa guérison ne faisoit pas de progrès plus rapide, elle s'adressa à un autre chirurgien. Deux mois

(1) Hipp., DcjJîorbis muiierum, lib. II, n» 21.

après cependant, se voyant toujours malade, elle revint à M. Fearon , qui la mit alors au régime végétal et à Tusage du lait , et il fitmetlre tous les jours quatre sangsues sur le sein afFecté. Bientôt, en suivant cette méthode, la tumeur diminua de volume, la douleur et les autres symptômes se dissipèrent peu à peu , el tout alla si bien qu'en neuf semaines la malade fut parfaitement guérie. Les fréquentes saignées Tavoient maigrie et rendue extrêmement pâle, au point qu'on craignoit qu'elle ne devînt phlhisique et que ses connoissances Texhorloient à renoncer à ce traitement. Mais les bons effets qu'elle en oblenoit l'encouragèrent à persévérer, elle reprit ensuite sa santé et sa vigueur première, dont elle a joui depuis sans aucune interruption.

Unhomme de cinquanle-un ans consulta M.Fearonpour une tumeur squirrheuse du testicule, qui avoit commencé à se former depuis deux ans, pendant lesquels le volumcj le poids et la douleur de la partie avoient augmenté conf^idérablement (i). Le cordons pcrmalique, lorsque M. Fearon le vit pour la première fois , étoit un peu gonflé , le corps des testicules éloit dur et très-volumineux, les douleurs étoient vives, lancinantes et si fréquentes qu'elles empêchoient souvent le sommeil. Comme on avoit soupçonné la maladie d'être de nature vénérienne, on avoit fait subir au malade pendant cinq semaines un traitement mercuriel qui ne fit qu'augmenter le mal ; on traita aussi la tumeur comme scrofuleuse sans en obtenir aucun effet salutaire. M. Fearon, n'ayant aucun doute sur la nature de ce mal, fit tirer dix onces de sang du bras et il ordonna qu'on mît des sangsues sur la partie afTeclée au moins trois fois la semaine; le régime fut le même que celui qui a été indiqué précédemment. Ce traitement fut suivi pendant dix semaines qui suffirent pour compléter la guérison.

(1) Fearon, loc. cit.

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Il neparoîtpas que M. Fearon complàt parfaitement sur l'efficacilé constante des évacuations sanguines contre les maladies cancéreuses, car on voit qu'il a extirpé la plupart des cancers qui pouvoient être enlevés, et il ne cite point d'exemple de cancer ulcéré du sein, guéri par l'application des sangsues.

M. Robert a fait usage aussi des évacuations sanguines réitérées. Ce n'est qu'après avoir obtenu les succès les plus brillans qu'il a connu la méthode de traitement adoptée et conseillée par M. Fearon ; il rapporte (i) dix observations trèsintéressantes qui confirment la doctrine de M. Fearon. On voit dans ces observations que les tumeurs accidentelles et récentes du sein sont guéries par les saignées et les sangsues bien plus promptemenl que par aucun autre moyen; on y voit même que des indurations déjà anciennes se sont com plètement terminées par la résolution; enfin la dernière observation prouve que dans le cancer déjà incurable les saignées peuvent singiilièrement améliorer l'état des malades et ralentir du moins pour quelque temps la marche de la maladie.

II y a relativement au cancer une différence essentielle entre la doctrine de M. Fearon et celle de M. Robert. M. Fearon admet, outre l'inflammation, une cause prochaine du cancer; M. Robert au contraire regarde l'inflammation comme la cause prochaine du cancer.

Il résulte de la doctrine de M. Fearon que, lorsqu'il y a dans une tumeur même indolente la cause prochaine du cancer, la maladie peut résister aux évacuations sanguines répétées, au lieu que, d'après la doctrine de M. Robert, tant qvie la tumeur est indolente elle doit constamment céder au traitement qu'il conseille.

(1) Art de prévenir le cancer, p. 210.

J'ai employé et vu employer l'application réitérée des sangsues contre des tumeurs chroniques encore indolentes, et contre d'autres tumeurs déjà douloureuses, mais non ulcérées. Quelques tumeurs indolentes ont cédé à ce traitement, le plus grand nombre a résisté à son emploi continué pendant plusieurs mois avec la plus grande régularité. Certaines indurations douloureuses, qui étoient des phlegniasies chroniques et quiprésentoient la plupart des symptômes du cancer dans son deuxième degré , ont été guéries aussi par ce iBoyen; mais les tumeurs cancéreuses déjà douloureuses ont été soulagées et non pas guéries. J'avoue donc que je ne regarde pas ce traitement comme capable de guérir les tumeurs cancéreuses même parfaitement indolentes , mais il est très-précieux pour guérir certaines indurations qui pourroient contribuer puissamment au développement d'une dégénération cancéreuse ; il est très-utile encore pour apaiser les symptômes inflammatoires qui accélèrent la marche des cancers.

Il est donc très-convenable défaire l'essai du traitement conseillé par MM. Fearon et Robert, dans les cancers commençans ou plutôt dans ces tumeurs indolentes récentes et dans les tuoieurs douloureuses cancériformes qui, selon toutes les apparences, ne sont pas des cancers. Ce traitement est encore fort avantageux pour ralentir la marche du cancer dans son deuxième degré. Il faut donc regarder ce Bûoyen, non comme suffisant pour prévenir le cancer, mais comme très-utile pour remédier à une des causes occasionnelles de cette redoutable maladie.

Eau. — M. Pouteau (i), chirurgien en chef de l'Hôtel- Dieu de Lyon, après s'être bien convaincu de l'in efficacité des divers médicamens internes contre les maladies can-

(1) OEuvres posthumes de M. Pouteau. Paris, 1783, t. i, p. 60 et seq.

céreuses, crnt avoir trouvé le moyen de guérir le cancer et surtout d'en prévenir les récidives après Textirpalion. Le remède sur lequel il comploit a en effet beaucoup d'énergie. Il consisle à boire cinq à six pinles d'eau à la glace toutes les 24 heures, et à s'abstenir de toute nourriture; au bout de trois jours l'appétit cesse de tourmenter les malades. Parmi ceux auxquels il a prescrit ce régime , il en est qui l'ont supporté pendant i5 jours, pendant 5o jours, et même pendant 2 mois.

Si, après les premiers jours, la langue se couvre d'un limon épais, et si Thaleine prend une odeur aigre, on peut de temps à autre donner jusqu'à 5 gros de magnésie en différentes reprises dans la matinée.

M. Pouleau a traité de cette manière une malade qui avoit un cancer au sein (1). Elle renonçi à ce traitement au bout de i5 jours, et mourut par la suite par l'effet du cancer.

Une autre malade (2) à laquelle il avoit extirpé un cancer ulcéré au sein droit éprouva des symptômes alarmans i5 jours après l'extirpation ; les chairs prirent une mauvaise couleur, les bords de la plaie parurent rongés et il .s'en écouloit un pus de mauvaise qualité. Sa boisson d'eau unie à la diète absolue, pendant 2 mois, et l'application d'un cataplasme de betterave rouge râpée et mêlée avec du blanc d'œuf, suffirent pour dissiper cette menace de récidive.

Après 2 mois de diète rigoureuse on accorda d'abord un jaune d'œuf délayé dans deux verres d'eau froide. La semaine suivante, deux jaunes d'œufs dans quatre verres d'eau; dans la 5« semaine, on ajouta à ces alimens un peu de crème de riz à l'eau et au sucre ; on augmenta ainsi pro-

(0 Loc. cit., p. 69.

(2} Loc. cit., p. 85.

gressiveiiient la nourrilnre de semaine en semaine. Ce qui procura une entière guérison qni s'est très-bien soutenue.

Il ne reste à celle dame , dit Tauleur , que quelques excoriations à la cicatrice qui vont et viennent.

Ces deux observations ne suffiroient pas pour iustiflerla confiance que M. Pontcau accordoit au traitement qu'il préconise. Mais il rapporte en détail (i) la guérison d'une tumeur squirrheusc à la matrice, opérée par la boisson de Teau à la glace. La malade, si elle ne guérit pas complètement , fut au moins extrêmement soulagée. Le traitement fut commencé en mai 1771, et peu de temps après la malade se trouva très-bien: Au mois de mai 1773, elle paroissoit encore jouir d'une très-bonne santé , on croiroit en effet que l'eau l'avoit déliviéc d'ime tumeur squirrheusc à la matrice, mais voici dans quel état étoitce viscère lorsqu'on commença ce traitement.

« On Irouvoit au travers des muscles du bas-ventre éma- » ciés une tumeur inégale de chaque côté de la matrice; » ces tumeurs étoient dures, noueuses, et très-douloureuses » lorsqu'on les comprimoit. La plus grosse, placée dans le » côté gauche, excédoit le volume du poing; il y avoit de » plus au-dessus du nombril plusieurs autres points d'engor- » gemens lesquels paroissoient être dans le mésentère; la » malade y ressenloit souvent des douleurs qui réveil loient » fortement celles qui afïligeoient sa matrice. A l'égard de » l* orifice interne de la matrice on le irouvoit seulement repoussé » plus haut que dans Cétat naturel. »

Long-temps après la guérison , Pouteau trouvoit encore des restes d'embarras et d'engorgement au-dessus du nombril, el en comprimant le bas-ventre il déterminoit encore des douleurs.

Celte maladie, indépendamment des complications

(1) Loc. cit., p. 105

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qu'elle présentoit, ne ressemble en aucune manière à celle que nous avons décrite sous le nom de cancer utérin. Le col de C utérus était sain ; sa guérison ne prouveroit pas qu'on a guéri un cancer de malrice ^ mais il pareil qu'on a réellement soulagé et presque guéri une phlegmasie chronique abdominale, occasionnée prob;ibIement par des corps fibreux de la malrice et par l'engorgement inflammatoire chronique de quelques glandes mésentériques.

On voit par tous ces détails que le remède préconisé par Pouteau n'a pas plus de vertu que tous ceux dont ce chirurgien entreprenant avoit reconnu l'inefficacité.

Eau distillée. — Le docteur anglais AYilliam-Lambe, membre du collège royal des médecins , prétend que l'eau commune est le véhicule dans lequel le poison du cancer est introduit dans le système. En conséquence il ne laisse avaler aux malades aucun autre liquide que de l'eau distillée (i), il prétend que ce moyen prévient et guérit le cancer; il rapporte un fait curieux et instructif. Une femme mariée qui n'avoit jamais eu (i*e«fans, aperçut , à Tàge de 44 ^^^y une dureté dans la mamelle droite ; le sein devint douloureux et la santé en souffrit considérablement. Un an après l'invasion de celle maladie , la malade commença à faire «sagede l'eau distillée; c'éloit àla finde juin i8o4;aubout d'un mois les ulcères superficiels formés par de petites tumeurs situées sous la peau et isolées du squirrhe restèrent stalionnaires, et au mois d'octobre suivant le docteur Lambe la vit. Le squirrhe occupoit îoule la substance glandulaire (du sein, qui étoit dur comme une pierre, avec une surface tuberculeuse irrégulière. Mais cette mamelle avoit son volume naturel et n'adhéroit pas aux côtes ; la peau conservoit sa couleur naturelle , elle étoit intacte; elle adhéroit cependant à la tumeur. Les petites tumeurs environnantes

(0 Anu. de litt. méd. étr., t. x, p. 479.

avoient des bords épais et élevés, et à leur centre la peau étoit détachée des parties subjacentes; l'ulcère le plus ancien éloit peu douloureux et fournissoit un fluide séreux peu abondant, ses bords éloient épais et calleux.

Les glandes axillaires étoient gonflées et dures ; il y avoit xles accès de douleurs cruelles et oppressives qui se faisoient ressentir quelquefois pendant plusieurs heures dans le sein malade; les forces étoient épuisées, l'émacialion extrême, la figure pâle, le pouls accéléré et foible; il y avoit des douleurs comme rhumatismales dans les membres ; rappétit étoit bon.

Cette malade en usant d'eau distillée vécut jusqu'au mois de février 1806 : la cicatrice se forma souvent et se rompit de même 5 le foie étoit tuméfié; les douleurs du squirrhe et des glandes oxillaires avoient cessé , la tumeur n'augmenta point , elle ne contracta point d'adhérences et ne s'ulcéra point. La malade mourut hydropique ; il y avoit cependant peu d'eau dans les membres et dans l'abdomen.

Cette observation ne prouve pas que l'eau distillée guérît le cancer, mais elle prouve que les cancers compactes, tels que le cancer bunioïde et le cancer lardiforme à petites cellules, ne suivent pas la marche des autres cancers. (Voyez le chapitre des cancers du sein § 2 , espèce troisième et quatrième.)

Sect. 5. Traitement préservatif. — Nous nommons traitement préservatif celui qui tend à guérir les maladies commençantes qui pourroient dans la suite devenir des squirrhes.

Ces maladies sont : 1° des phlegmasies aiguës, spontanées ou accidentelles , occasionnées par des coups , des pressions , des contusions, etc.; 2° des engorgemens laiteux; 3° des tumeurs récentes placées principalement au sein, et qui peuvent être inflammatoires ou scrofuleuses; 4° des

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éruptions daiirenses sur les mamelles et au fondemenl ; 5'' des eugorgemens syphilitiques chroniques aux aines , etc.

Il convient donc de combattre ces maladies lorsqu'elles existent; mais s'il survient une tumeur sur la nature de laquelle on n'a que des probabilités , il faut la combattre par les moyens que l'on peut présumer convenables : ainsi on rétablit un exutoire supprimé , on cherche à rappeler les menstrues, les hémorrhoïdes, les dartres, etc., qui ont cessé, ou bien l'on y supplée par les moyens convenables. Galien (de Arte cur. ad Glauc, lib. 11. cap. u) étoit persuadé qu'il ayoit souvent guéri le cancer au moment de sa formation, à l'aide des purgatifs qui avoient promplement détruit l'atrabile qui très-probablement dans ces cas heureux n'étoit pas encore très-épaissie. — On applique des fomentations émollientes, narcotiques , résolutives; on fait usage du lininient volalil employé avec prudence, du vinaigre en évnporalion , desfumigafioiis aqueuses , des compresses imbibées de solution d'eau de savon, de gomme ammoniaque dans le vinaigre; on applique des sangsues, etc. (Ledran (1).)

Lorsque la maladie est déjà de nature squirrheuse , elle résiste à ces moyens , mais ils n'ont pas été nuisibles, et il peut être très-dangereux de les négliger lorsqu'ils peuvent devenir avantageux. (Ledran (2).)

On peut aussi employer un traitement composé de plusieiirs moyens. Ainsi on saigne la malade pour diminuer l'excitabilité ; on lui donne des purgatifs répétés pour opérer une dérivation avantageuse du côté du conduit intestinal, et on applique sur la tumeur des emplâtres nommés

(1) Mém. del'Acad. de cbir., t. iii. Une demoiselle de trente ans guérie d'une glande qui durait depuis deux ans.

(2) Idem. Une dame de 35 ans très-soulagée.

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fondans, qui tendent à opérer la résolution, peut-être en entretenant une douce moiteur à la peau. Ces emplâtres sont très-nombreux , les principaux sont celui de savon , celui de ciguë, le diapalme, le diachylon simple et le diachylon gommé , le diabotanum , l'emplâtre de Vigo cum mercurio,etc.

Ces difl'érens moyens sont pernicieux dans les tumeurs squirrheuses indolentes, qui existent depuis long-temps, et dans les squirrhes, qui après avoir été indolens, sont devenus douloureux;

On combat : 1° la complication goutteuse par le gayac, les fumigations de vinaigre 5 l'acide acétique, l'acélile d'ammoniaque, l'acide pliosj)horique.

2° La oompllcation dartrcuse , par les pilules de Plumier (R. mercure doux et soufre doré d'antimoine âa , un scrupule , sirop simple q. s. pour 48 pilules; dose i îaalin et soir) par les tisanes de squine. On applique à l'extérietii', matin et soir, sur la tumeur, des compresses imbibéek d'une solution de sublimé CQirosif trois grains, sel ammoniac six grainSj eau distillée neuf onces, unie avec la solution suivante ; acéîite cuivreux (Verdet), trois grains, ammoniaque six grains, eau gommée, (Vîitag Midy). Ou bien on fait usage de mercure cru , uni à la gomme adragant , et en outre d'extrait de rlius radicans, une pilule de six grains trois fois par Jour. On augmente d'une tous les deux jours, jusqu'à neuf par jour. (!Mifag-iMidy.)

5° La complication scorbutique , par les remèdes dits antiscorbutiques ;

4° La complication scrofuleuse^ par l'extrait de ciguë, le muriate suroxigéné de potasse; on incorpore un demi-gros de ce sel dans un gros et demi de mie de pain, en le malaxant entre les doigts: on forme ainsi trente-six bols d'environ quatre grains, on en donne un chaque jour ; on applique sur les compresses une dissolution aJkaline , ou

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savoniieuse ou de l'eau végélo-minérale dcGoulard; on emploie une nourriture animale et tonique.

Chaussier (cité par Milag-Midy, Jet. de 3Iéd. de Monip., t.i, p. 281) assure que sur 200 en fans scrofuleux à qui il l'a donné , tous ont été guéris , à rexccptioii de quatre ou cinq , dont les scrofules étoient compliquées de virus vénérien.

5"^ Enfin on combnt le squirrhe vén'rîen d'après Girtanner (Milag-Midy, Àct. de MéJ, de Montp., p. 282] par les frictions avec le linîmcnt volatil à la partie interne de la cuisse , à la racine de la verge, au périnée , ou bien par les applications de glace , les cataplasmes très-froids, et enfin par l'usage des vomitifs.

On peut encore employer le mercure doux, mais non le sublimé corrosif. Ou peut aussi appliquer sur les ulcères vénériens , de la charpie imbibée d'une légère solulion de pierre à cautère.

On donne à l'intérieur l'eau de chaux , les yeux d'écrevisse, la magnésie très-pure, le muriale de chaux, le mi> riate de baryte, le nitre, le borax, la crème de tartre, le muriate suroxigéné de potasse, le savon , l'acélite d'ammcniaque, l'ammoniaque étendu d'eau, l'acélite de potasse, le carbonate de potasse, le savon, etc. On applique sur la tumeur indolente , des compresses imbibées d'eau chargée d'ammoniaque ( R. eau deux livres, ammonijque demi-once ou une once). On renouvelle deux ou trois foi» par jour, et on suspend ce remède s'il irrite ou enflamme la peau; on fait des fumigations de vinaigre, d'éther acétique, etc.; on y applique aussi du savon ramolli et rendu pulpeux avec le lait.

Traitement palliai if. — Galien ( De Artc curât, ad Glauc.y

lib. 2, cap. 12) conseille dans les tumeurs cancéreuses la

saignée, les évacuations alvines; et si l'individu affecté de

cancer est une femme, il conseille de provoquer les règles

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