‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 32 sur 121 · CANCER DÉ LA GLANDE THIROÏDE · texte numérisé non relu

CANCER DÉ LA GLANDE THIROÏDE

bure. L'œsophage porté à droite encore plus que le larynx et la trachée, étoit seul visible dans une petite étendue, à la partie postérieure de la tumeur qui l'embrassoit en grande partie. Il étoit rétréci par l'effet de la compression. Pour parvenir à la trachée par la partie postérieure , il falloit couper le tissu squirrheux qui Tenvironnoit. Elle étoit aplatie et comprimée postérieurement , sa membrane muqueuse étoit rougie et contenoit un peu de mucosité sanguinolente. Le larynx surtout étoit fortement contourné, sa partie latérale gauclie étoit déprimée surtout à sa partie moyenne , tandis que le côté droit du larynx formoit une convexité en dehors. Il étoit en même temps déprimé d'avant en arrière, en sorte que toute sa cavité et surtout la glotte se trouvoient très-rétrécies. Il n'étoit libre et non embrassé par la tumeur qu'à droite dans un tiers environ de son volume total. Sa membrane muqueuse étoit rougie comme celle de la trachée ; elle n'etoit pas recouverte de miucosités sanguinolentes.

Une autre tumeur de forme arrondie, du volume d'une grosse noix, squirrheuse dans son entier, sans mélange de matière tuberculeuse , ayant la même consistance et la même texture que celle que je viens de décrire, étoit cachée en grande partie par la tumeur principale et un peu par la clavicule gauche. Pendant la vie elle auroit pu être prise pour un engorgement glanduleux, si sa position avoit permis de la toucher.

D'autres tumeurs de la même nature, grosses comme des noisettes, et même plus petites , se trouvaient sur le trajet des vaisseaux lymphatiques du col.

Thorax. Les poumons étoient le siège d'une autre variété de cancer.

Le poumon droit renfermoit au milieu de son tissu plusieurs corps squirrheux du volume d'un œuf d'oie ; d'autres étoient du volume d'un œuf de poule j tous affectoient la

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forme ronde. A l'aide du manche du scalpel, on les isoloit avec la plus grande facilité de la snbslance pulmonaire, qui, après celte séparation , ne paroissoit point déchirée. Leur surface qui paroissoit être recouverte d'une membrane très-fine étoit parcourue par des vaisseaux sanguins très-déliés. Leur substance étoit dans tous d'un blanc un peu lactescent^ leur consistance beaucoup plus molle que celle de la tumeur du cou, avoit quelque analogie avec celle de la substance du cerveau. Leur intérieur présentoit après la section quelques petits points rouges; aucune de ces tumeurs n'éloit ramollie, ni ne présentoit de suppuration. Quelques-unes, et surtout celles qui se rapprochoient des premières divisions bronchiques, étoient mélangées dans leur intérieur d'une substance noire qui avoit la même consistance et sembloit, à part la couleur, être tout-à-fait semblable ou de la môme nature que le reste des tumeurs. Leur réunion formoit à peu près la moitié du volume total du poumon. L'un de ces corps, qui étoit très-volumineux, faisoit saillie à la surface antérieure du poumon et répondoit aux cartiliiges des côtes. La substance pulmonaire, saine antérieurement, étoit gorgée de sang et peu consistante dans sa partie postérieure.

Le poumon gauche renfermoit une grande quantité de corps squirrheux entièrement semblables à ceux qui occupoient le poumon droit. Ils n'en différoient que par le volume. Les plus gros n'excédoient pas le volume d'un petit œuf de poule, et ils étoient en petit nombre; d'autres plus nombreux égaloient, pour la grosseur, desnoixou des châtaignes : la plupart étoient gros comme des noisettes. Leur masse totale réunie égaloit, comme du côté droit, le volume de la substance pulmonaire au milieu de laquelle ils étoient disséminés. Deux de ces tumeurs étaient adhérentes, l'une à la plèvre qui recouvre l'extrémité postérieure des troisième et quatrième côtes, l'autre adhéroit à la plèvre qui tapisse

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en arrière les septième et huitième côtes. L'affection cancéreuse ne s'élendoit pas jusqu'aux os , et ils n'offroient point de ramollissement même dans ces portions des côtes auxquels les squirrlies éloient adhérens ; elles h'étoient pas plus fragiles que chez les individus de même âge , qui n'ont point de maladie cancéreuse.

La péricarde ne contenoit point de sérosité. Le cœur étoit petit et flasque, d'ailleurs sain, ainsi que les gros vaisseaux.

Abdomen. Les intestins distendus par une grande quantité de gaz, étoient, ainsi que Tépiploon et le mésentère, d'une couleur rosée due à l'injection d'une grande quantité de vaisseaux sanguins. L'estomac, le foie, la rate, le pancréas, les reins, l'utérus et ses annexes étoient dans l'état naturel.

CHAPITPiE SIXIEME.

Cancer squirrheux de la peau.

La peau est sujette comme toutes les parties molles à subir la dégénération squirrheuse; on en a tous les jours la preuve lorsqu'une tumeur cancéreuse sous -cutanée de la mamelle, du testicule, ou de toute autre partie passe à l'état de cancer ulcéré. Nous ne nous occuperons pas ici de cette altération de la peau qui n'est point primitive et qui ne constitue pas à elle seule la maladie principale. Le cancer de la peau dont nous devons nous occuper est celui qui est primitif. Ce cancer est squirrheuœ, ou rongeant; nous exposerons ailleurs ce qui concerne le cancer rongeant (a*

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part., chap. ix). Nous ne trailerons ici que du cancer squirr lieux à<i la peau.

Nous avons ^u (2"^ partie, chapitre 1*% art. i) que parmi les femmes qui ont un cancer au sein, il en est chez lesquelles il se forme à la peau qui entoure la dégénération cancéreuse de petites indurations circulaires de la largeur d'une lentille ou d'un petit pois, ou même un peu plus étendues. Nous avons dit que dans les endroits ainsi endurcis la peau étoit plus dure que partout ailleurs, plus épaisse, et assez communément un peu saillante. On a vu (chap. 1, art. Q. g 5) qu'en disséquant ces petites tumeurs on trouvoit qu'elles étoient formées par une dégénération particulière du tissu de la peau transformée dans ces endroits en une substance luisante, blanche, et de la même apparence que la base du cancer ulcéré des mamelles; dans la plupart des cas ce tissu a une apparence lardacéc, mais il peut offrir aussi la même structure que d'autres espèces de cancers. Cette dégénération du tissu de la peau n'exîgeioit pas une description particulière si on ne la voyoit que chez des sujets afFectés d'une autre maladie cancéreuse.

Mais on trouve quelquefois le cancer squirrlieux de la peau tout- à-fait isolé; on aperçoit les indurations circulaires dont nous venons de parler; elles sont plus ou moins nombreuses, et elles ont absolument la même forme et la même structure intime, que chez les individus qui ont en même temps un cancer des mamelles. Je n'ai rencontré qu'une seule fois ces sortes de durillons chez un homme, mais à plusieurs reprises j'en ai vu chez des individus du sexe féminin.

Il suffît d'avoir bien examiné ces petites dégénérations cancéreuses chez certaines femmes qui ont un cancer au sein pour les reconnoître quand elles sont isolées et pour les distinguer de certaines pustules vénériennes qui ont ia même largeur mais non la même apparciice.

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Je n'ai vu le cancer sqairrheux du tissu de la peau qu'à la surface du thorax, de l'abdomen, du coi et des membres, tandis que le cancer' rongeant de la peau se montre plus fréquemment au visage que partout ailleurs. Je présume que le cancer squirrheux de la peau s'uicère quelquefois, néanmoins je ne l'ai jamais rencontré dans l'état d'ulcération, chez les individus qui n'avoient pas un cancer des mamelles. Le cancer ne devient peut être jamais une cause de mort, lors qu'il est seul, mais il est très redoutable parce qu'il annonce presque toujours une disposition imminente au développement d'un autre cancer, et d'ailleurs dans bien des cas, lors qu'on l'aperçoit il y a déjà à l'intérieur une autre maladie cancéreuse.

Je me contenterai de rapporter une histoire particulière relative à cette maladie dont la nature ne me paroit point équivoque.

Observation. Mademoiselle G**, âgée de cinquante-huit ans, avoit toujours joui d'une bonne santéj elle étoit d'une bonne constitution, et d'un tempérament bilieux-sanguin. Elle avoit été réglée à quinze ans, et cessé de l'être à quarante-sept sans orage.

' Sa mère et une de ses sœurs étoient mortes vers leur cinquante ou cinquante-deuxième année, d'un cancer ulcéré au sein qu'elles avoient attribué a des coups accidentellement reçus à celte partie.

A peu près à la même époque de la vie, mademoiselle G** avoit commencé à apercevoir sur la peau du côté droit de la poitrine quelques petites duretés circulaires et indolentes. Dans les années suivantes, il en avoit paru d'autres sur la parlie supérieure du même côté de l'abdomen, sur le côté droit du col, et à la face interne du bras droit. Ces duretés étoient indolentes, il n'y en avoit qu'uneseule sur la peau de la mamelle à deux travers de doigt de distance du mamelon. Cette demoiselle n'avoitfait attention à cestumeurs

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