CANCER SQUIRRHETTX DE LA PEA
que parce qu'elle craignoit de devenir un jour ou l'autre la victime de la môme maladie que sa mère et sa sœur.
Dans sa cinquante-septième année, mademoiselle G** eut de violens chagrins et elle commença à éprouver des douleurs vives dans diverses parties du côté droit de la poitrine, du col et des bras. Ces douleurs étoient comme lancinantes, elles paroissoient avoir leur siège non dans les petites tumeurs mais immédiatement au-dessous. Lorsqu'on touchoit les indurations on ne rappeloit point les douleurs qui revenoient d'elles-mêmes et qui étoient très-pénibles, surtout la nuit parce qu'elles empèchoient le sommeil. Cette demoiselle, qui avoit ton jours eu une conduite très-régulière j n'avoit jamais été exposée à gagner aucune affection syphilitique.
Un grand nombre de moyens furent inutilement mis en usage pour soulager celte malade dont les maux augmentèrent progressivement. A la fm il se manifesta une toux sèche, et un dévoiement que rien ne put arrêter; les membres abdominaux s'infiltrèrent; tout le reste du corps étoit émacié. La malade succomba environ un an et demi après l'apparition des premières douleurs, le 27 septembre i8o5.
Ouverture du. cadavre,
La tête ne fut pas ouverte.
Il y avoit quinze tumeurs circulaires sur le côté droit de la poitrine^et quatre sur la partie supérieure de l'abdomen. On en voyoit cinq sur le côté droit du col le long de la région cervicale, et trois à la surface interne du bras droit, ce qui faisoit en tout vingt-sept. Il n'y en avoit qu'une sur la peau de la mamelle; ces tumeurs étoient circulaires, la plupart étoient pluslarges qu'un petit pois; elles formoient une légère saillie à la surface de la peau et une saillie bien plus considérable du côté du tissu cellulaire; elles étoient fort
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dures; la peau qui iormoit ces petites duretés éloit bien mobilcj et la tumeur avoit au moins un tiers d'épaisseur de plus que le reste de la peau.
En incisant ces petites duretés on voyoit que leur tissu étoit plus dur que le reste de la peau et cependant plus facile à inciser; dans les endroits ainsi dégénérés la peau étoit bien saine autour de la petite tumeur, mais la portion de peau qui étoit le siège de la tumeur avoit un aspect lardacé, blanc, et luisant, elle ne ressembloit pas au reste de la peau; de sorte que la peau avoit véritablement subi une transformation particulière dans cea endroits. Le tissu cellulaire paroissoit sain au-dessous de ces petites duretés, formées par une dégénération du tissu de la peau; une seule de ces petites tumeurs laissa suinter en la comprimant un liquide blanchâtre et comme lactescent, les autres étoient plus fermes et on n'en put faire sortir aucun liquide.
Thorax. Les côtes étoient faciles à casser comme celles de toutes les personnes âgées.
Les poumons avoient conlraclé avec les parties voisines quelques adhérences cellulaires, ils furent d'ailleurs trouvés sains dans toute leur étendue.
Le cœur étoit flasque, petit et sain. Il y avoit très-peu de sang dans les gros vaisseaux.
Abdomen. Tous les viscères abdominaux parurent parfaitement sains, mais ils étoient singulièrement flasques et on les déchiroit avec la plus grande facilité. La matrice étoit très-petite ; la membrane hymen persistoit, et on auroiteu de la peine à introduire dans le vagin l'extrémité du petit doigt.
Remarques.
Nous n'oserions pas assurer que les tumeurs cancéreuses de la peau de cette femme ayent été la cause de sa mort; il est cependant probable que cette demoiselle a succombé par suite du vice cancéreux, car on a observé dans ce cas
Tl'MErRS CAXCtREt'SES DE LA SURFACE DU CORPS. ^6j
ies mêmes symptômes généraux, et le même résultat que dans un gi-and nombre d'autres maladies cancéreuses où les souffrances locales étant peu graves, la lésion organique a été suivie d'un trouble général des fonctions et enfin de la cessation de la vie.