DE LA SURFACE DU CORPS
crure parotidienne; elle occasionera des varices ou un œdème local, si elle comprime quelque gros tronc veineux; une paralysie partielle, si elle exerce une certaine pression sur les nerfs qui se rendent à un membre, etc. Ces divers accidens ne dépendant point de la nature de la tumeur, mais seulement de sa situation et de sou volume, nous ne devons pas nous en occuper ici. lien est de même d'une foule d'autres circonstances locales comme la proximité d'un artère principale, d*un conduit excréteur, etc., qui peuvent rendre difficile, dangereuse ou même impossible l'extirpation de la tumeur, qui d'ailleurs aurait été possible et utile.
La structure intime de la dégénération organique présente toujours les mêmes caractères, quel que soit son siège. Aussi, lorsqu'on incise ces tumeurs, trouve-t-on toujours qu'elles sont formées par le parenchyme cancéreux, et qu'elles ressemblent parfaitement à la dégénération cancéreuse des mamelles (Intr., ch. 2, art. 1" et cli. 5, art. 2, §. 1 à 7, et cil. 4? S- ^? ^^ partie, ch. 1", art. 5, §. 1). Si le tissu de la dégénération est cérébriforme (Introd. ch. 5, art. 2, §. 5) et qu'il s'y fasse à l'époque de son ramollissement un amas énorme de sang, comme cela est arrivé quelquefois, la dégénération peut induire en erreur le praticien le plus exercé. Supposons une tumeur de cette nature, située sur le trajet d'un artère des membres; le chirurgien qui entreprendroit de l'extirper, ne seroit-ii point très-exposé à la prendre peur un anevrisme, et à faire sans aucune nécessité la ligature de l'artère subjacente ? Toicî un fait que M. Cayol rappelle dans le Dictionnaire des sciences médicales, tom. 5, art. cancer, p. 640, et qui semble propre à résoudre la question. Un horloger de Paris avoit à l'épaule gauche une tumeur dure et douloureuse où l'on remarquoit des pulsations fortes , excentriques et isoehrones à celle du pouls ; plusieurs chirurgiens des plus
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célèbres de la c^jpitale, parmi lesquels se trouvoit feu M. Sabalier , examinèrent cette tumeur, et déclarèrent d'un commun avis que c'étoit un anévrisme de l'artère souscla- \'ière. Ne jugeant pas convenable de tenter l'opération, ils prescrivirent des applications astringentes sur la tumeur, des saignées de tems en tems et une diminution progressive des alimens, suivant la méthode de Yalsalva, Le malade eut le courage de suivre exactement ce régime pendant un an. Après sa mort on trouva la tumeur remplie de caillots de sang et de concrétions fibrineuses, disposées irrégulièrement et comme par fusées à travers le tissu cellulaire qui ètoit lardacé et semblable à celui qui environne ordinairement les tumeurs squirrheuses . L'arlère sous-clavière située au-dessous de la tumeur éîoit parfaitement saine de même que toutes les autres artères. Il fut impossible de connoitre d'où étoit venu le sang qui remplissoit la tumeur : cependant on ne renonça point à l'idée qu'on avoit conçue de la maladie, et l'observation fut publiée dans le Buileiitt des sciences médl~ cales (cahier de janvier 1810), comme une nouvelle espèce d'anévrisme à laquelle on donna le nom d^anévrisme faux par transsudaiicn des extrémités artérielles. M. Cayol en rendant compte de cette observation dans le tome xxvii de la Bibliothèque médicale, prouva que cette maladie n'étoit point un anévrisme , mais un cancer cérébriforme , dans lequel il s'étoit fait un épanchement d'une grande quantité de sang. Les tumeurs cancéreuses situées sur une artère présentent fréquemmejst les pulsations illusoires dont il est question dans Tobservation précédente ( voyez 2" parlie, ch. xviîi, art. \, n* 5, battemens de la tumeur), et les cancers cérébriformes renferment souvent à l'époque de leur ramollissement des amas énormes de sang co-TguIé ( voyez Introd. ch. 5 , art, 2, § 5, et 1" partie , th. xxvi, art. 2,— ch. xxvii , art. 5.
Les règles reiatives au diagnostic, au pronostic et au