CHAPITRE NEUVIEME
Cancer rongeant des dii^erses parties de la surface
du corps.
Nous avons désigné (i" partie, chap. 2, art. 2) sous le nom de cancer rongeant le cancer qui débute sous la forme d'une éruptionou d'une ulcération superficielle. Ce cancer peut affecter toutes les paities de la surface du corps, et on l'a observé aussi sur toutes les membranes muqueuses qui sont exposées au contact de l'air; nous avons déjà traité de ce qui le concerne lorsqu'il a son siège aux mamelles (2* par« tie, chap. 1% art. 1, vers la fin, art. 3, § 7 et 8) et à la face (2" part., chap. vni, art. 1", § 2). Nous exposerons ailleurs ce qui a trait au cancer rongeant des paupières et de la conjonctive, chap. XII, art 1"' et 2'), etàcelui de la verge (chapitre x^.
Il ne sera donc question ici que du cancer rongeant qui a son siège sur la peau du tronc ou des membres^ de celui qui occupe le nombril, de celui qui a son siège à la vulve, etc.
Le cancer rongeant dont il s'agit ici débute comme celui de la face (2' part., chap. viii, art. i", § 2); il suit la même marche, offre à peu près les mêmes symptômes, entraîne les mêmes résultats, exige le même traitement^ eu çonsé-
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qiicncc nous nous contenterons de rappeler quelques faits relatifs à des cancers qui oecupoient la peau, ou le nombril, ou la vulve, etc.; ces ulcères Ciineéieux forment souvent des ulciralions supciTicielles sans excroissance notable; dans d'aulres cas on voit sVlever de la surface malade des chairs fon£;ucuses, ou une sorte de végétation quelquefois très-volumineuse qui forme une tumeur pediculée; tant que la peau c^t mobile sur les parties subjacentes, celte végétation de Tulcèrc n'augmente pas la gravité de la maladie.
Qu'il nous sufTisc de rappeler ici quelques faits relatifs à ces cancers rongea ns.
i" Cancer sur Ir dos de la inaîn. — J'ai vu clir/ un viiM'llard un ulcère cancéreux qui occupoil la surface dorsale de la main dioite (;t qui avoit commencé sous la forme d'une petite éruption darircust ; cet idcèrc n'occasionnoit aucune douleur et faisoit des progrès très-lents; je conseillai de différer l'cxlirpalion de la tumeur (jui l'ormoit une saillie grosse connue la moitié d'un œuf de pigeon et qui étoil indolente; la peau ([ui contenoit la tumeur éloit bien mobile et le malade très-vieux.
2° M. Uoux ^r/icl. de chir. p. i55) a amputé l'avant bras droit à un homme chez Iccjuel un ul( ère cancéreux couvroit en arrière tout le carpe et le métacar[)c.
5" M. lliil (i) parle d'un cancer des parties externes de la génération chez la femme; voici celte observation :
Une femme de soixanlc-qualorze ans avoit depuis douze ans une tumeur à une des grandes lèvres ai-dessus du pubis; obligée enfui par le volume de la tumeur et par la vivacité des souflrances à consulter pour sa maladie, elle s*a-
(i) Cas de cliiriivgic f voj. Encyclop. inétli.; Dict. de chirurgie tom. 1 p. 270.
DE LA STRFACK DU COTIPS. 5^1
dressa à M. Hill, qui reconnut dans la parlio aftoclt'e un cancer de la plus mauvaise espèce; la douleur avoil ùlé le sonim 'il à ia malade depuis plusieurs mois et l'avait e.\lrômemcnt affuiblie. M. l ill amputa toulcla partie tunu'née; la plaie se cicatrisa en quatre semaines et fut suivie d'une entière guûrison. La malade vtfcut encore dix ans après celte opération.
4** Cancer du nombril (i ). — l ne fcnuiic âgée de quarantecinq ans, d'un tempiramenl vif et sanpjuin avoit une tumeur cliancreusc à l'ombilic, les règles avoicnt disparu à (piaranlc ans; cette tumeur avoil paru peu de temps après, quatre lignes au-dessus de rombllic, cl elle éloit devenue grosse comme un œuf; au bout des deux premières années elle avoit commencé à ^irc douloureuse, cl lesdouleuras'étoient accrues avec la tumeur; un tliarlatan avoil entrepris de la guérir avec des causti(|ues, et i'avoit traitée aio^i pi mlant ueuf mois, mais l.i tumertr avoil toujours augmenté de volume, cl les douleurs éloicnt devenues plus cruelles, lorscjuc celui qui s'étoit charge de cette guérisoii \ il ([uc la malade éloit dans un élat de dépérissemcnl iinpiiélanl; i l'aiiaiidoDua.
M. Civadier fui alors appelé, c'étoil en 1728, il trouva \\ lumeur grosse comme les tieux poings, ressemblante à un champignon, rétrécie à sa base, qui avoit cependant douze pouces de circonférence , quatre de diamètre, cl trois d'épaisseur: les bords de l'ulcère éloicnt durs cl calleux, il en suinloit une sanie d'une odeiu* affreuse et liès-souvcnt beaucoup de sang; il lui parut (juc celle luineur éloil adhérente à la ligne blanche, et il l'extirpa.
Les bords renversés de la tumeur lui donnèrent beaucoup
''1) Lr.oii\\. Mem. sur le cancer , 01)?, xxvi , pnr M. Civadier; Mém. W« l'Àcad. roy. de chirurgie , toin. 3, \i. ZS ; cl Journ. (U médecine , loui. .\. p. 07^, année i7">G.