SUR G. L. BAYLE. XVII
examiné les principes de la religion qu on appelle naturelle , tels que l'existence de Dieu , celle de l'âme , les peines et les récompenses futures , il étudia h fond les philosophes anciens , grecs et romains , qui ont traité de ces matières : Platon, Xénophon , Aristote, Plut arque , Cicéron , Sénéque , etc. Il lut avec attention les auteurs modernes qui se sont occupés de ce sujet , faisant marcher concurremment ceux qui admettent l'existence de Dieu et de l'àme avec ceux qui la nient; il prit des notes sur tous ces auteurs, fît le résumé et le commentaire de leur doctrine.
Le résultat de ses travaux ne fut pas d'ahord aussi satisfaisant qu'il s'y était attendu. Aucune de ces grandes questions, surtout celle de l'âme, n'est traitée dans ces auteurs de manière à ne laisser aucune incertitude dans l'esprit. Conservant une partie des doutes qui le tourmentaient , il entreprit l'examen de la révélation et des fondemens sur lesquels elle est appuyée; il étudia la Bible et ses principaux commentateurs; il lut l'histoire des premiers siècles du christianisme et les décisions des conciles , les ouvrages principaux des pères de l'Eglise , ne laissant échapper aucune des objections anciennes ou modernes qu'on a faites contre la rehgion , qu'il n'en eut apprécié et fixé la valeur. Ce travail, continué pendant deux ans avec un zèle extrême , et dans lequel il parcourut un nombre extraordinaire d'ouvrages , eut pour résultat de le conduire à la conviction la plus profonde de la vérité de la religion catholique , et à la pratique de tous les devoirs qu'elle impose.
Après être resté trois ans à Montpellier, Bayle fut envoyé aux armées en qualité d'officier de santé. Il fut d'à-