OBSERVATIONS
1^'^ Observation. ■— Cancer de ta matrice, et suppuration
des reins.
Adélaïde Lefebvre, mère de cinq enfans, avoit toujours été bien réglée lorsqu'elle commença, vers l'âge de 54 à 55 ans, à ressentir des douleurs dans la région hypogastrique. ïl lui survint en même temps des douleurs vives dans les reins et des engourdissemens douloureux dans les cuisses. Elle devint sujette à la constipation. Quelques mois après, elle fut prise d'une perte qui dur? pendant plus de 8 mois, ne cessant que pour revenir peu de temps après. Il y avort trois mois que la perte avoit disparu en grande partie, que l'écoulement avoit pris une odeur fétide, et que les douleurs étoient devenues beaucoup plus vives, lorsqu'elle entra à la Charité. Les pertes ne s'étoient renouvelées que rarement depuis les trois derniers mois, et le sang n'avoit été rendu qu'en petite quantité. Depuis six semaines elle avoit le dévoiement. Ses traits étoient alors tirés ^ le nez effilé, les yeux caves et éteints^ l'amaigrissement excessif, le pouls très-petit et fréquent. Depuis huit jours elle étoit si foible qu'elle se trouvoit obligée de rendre ses excrémens sous elle. Il y avoit trois jours qu'elle urinoit involontairement. Le ventre étoit très-sensible à la pression la plus légère, surtout à riiypogastre. Il étoit tout-à-fait déprimé. Elle conservoit sa c&nnoissance et put encore donner les détails rapportés ci-dessus.
Pendant les trois jours suivants l'abattement alla en augmentant : les douleurs continuèrent cependant à se faire sentir avec la même violence. Les lèvres et la langue se desséchèrent et devinrent brunâtres. Enfin le quatrième jour de son entrée dans Thôpital , elle expira après avoir présenté les signes d'une fièvre adynamique.
Ouverture du vorps.
L'émaciation étoit parvenue au dernier point. Il n'y avoit pas d'infiltration. Les membres offroienl la plus grande souplesse. La face portoit encore l'expression des plus vives douleurs.
Abdomen. Il n'}^ avoit point de sérosité dans cette cavité. Organes digestifs. L'estomac, les intestins, le foie, le pancréas, la rate, les glandes mésentériques, étoient dans Fétat sain. Organes urinaires. Le rein gauche, plus volumineux que dans l'état naturel, contenoit une grande quantité de pus. Ce liquide étoit renfermé dans le bassinet du rein et dans les calices très-dilatés. La substance mamelonnée étoit en partie détruite ou comprimée (c'est ce qu'il étoit très-difficile de reconnoitre) , et plusieurs des cavités qui renfermoient le pus étoient recouvertes d'une matière jaunâtre , épaisse , qui se soulevoit en la ratissant comme une fausse membrane très-molle. On distinguoit encore les trois substances qui composent le tissu du rein , malgré la pâleur de cet organe et la diminution d.e son parenchyme, comprimé ou détruit par le pus , qui étoit disséminé par foyers plus ou moins grands dans toute la substance rénale. L'uretère dilaté contenoit beaucoup de pus quidécouloit du rein. On ne trouva pas de pierre dans son intérieur, ni dans la vessie, et on ne pulreconnoître la cause qui avoit pu donner lieu à cette dilatation , l'urine et le pus s'écoulant librement dans la vessie. L'uretère, quoique dilaté, étoit sain. Le rein droit , n'ayant qu'à peu près le volume ordinaire, renfermoit aussi des foyers purur lens, dont la disposition étoit la même que dans le rein gauche. Ils étoient moins nombreux , et contenoient une quantité de pus beaucoup moindre. Le bassinet en renfermoit environ deux gros. L'uretère n'étoit pas dilaté. La,
Go TANCER DE LA MVTRICH.
vessie, distendue par une assez grande quanlilé de liquide pour qu'elle dépassât le pubis, étoil épaissie et disposée en colunncs. Sa membrane interne étoit légèrement rouge. Le liquide qu'elle conlenoit éloit un mélange d'urine et d'une grande quantité de pus. Organes génitaux. Le vagin étoil dans son état d'intégrilé; il éloit d'un rouge tirant -ur le viulet. Toute la portion du col de fntérus qui fait saillie dans le vagin étoit entièrement détruite. Un ulcère d'un gris-noirâtre répandant une odeur pi<{uanle et des phis fétides, occupoit la partie de la matrice la plus voisine du col qui avoit été détruit, et elle n'étuit unie au vagin (|uc par une substance cancéreuse, ulcérée dans tout le pourtour dans la laîgeur d'un travers de doigt. Celle substance cancéreuse, qui avoit six à se[)t lignes d'épaisseur, éloit d'un blanc tirant un peu sur le gris ; elle éloit très-luisante, légèrement transparente cl parfaitement homogène. En la comprimant fortement après y avoir fait une section, il en suinloil de petites gouttelettes tout-à-fait limpides.
Le corps de la nialrice parlicipoil à l'état cancéreux: cependant sa partie la plus supérieure serapprochoit de l'étal naturel. La surface interne des pnrois de la cavité utérine n'étoit pas ulcérée, mais d'un ronge-brun. Sa face périlonéale n'avoit pas contracté d'adhérences avec les parties voisines. Les ovaires étoient sains.
Cari/c f//(7ran7//c. Les poumons mous , crépitans, d'une belle couleur lilas, étoient très-sains. Il en éloit de même du cœur et de.<^ gros vaisseaux.
Le crâne ne fut pas ouvert.
•1' Observatio!» (i). — Cancer de l* utérus. Truel (Françoise), portière, femme àgi'e de 44 "ï^'^? iV^Mi (I Par M. C«vol.
CA.>CtR DK IV JIVTBICK. (i {
Icuipérament lym|)ijalic|uc sanguin, a toujours élv sujeltc aux fleurs blauclics , même d.ins sa première jeunesse et long-temps avant son mariage ; mais elle assure n'avoir jamais eu d'affection syphilititjue. Elle a eu onze enfans, dont 1 rois sont encore vivans. Plusieurs de ses couches ont été laborieuses, entre autres la dernière qui exigea le secours des instrumens. Elle assure que cet te dernière grossesse fut compliquée d'bydropisic de la matrice, et qu'après l'accouchement il y eut un écoulement aijucux, très-abondant, pendant plusieurs mois. Depuis celte dernière couche, qui eut lieu à Tàgc de 5o ans, la menstruation n'a jamais été régulière; les fleurs blanchis sont devenues de plus en plus abondantes; elles ont été accompagnées de douleurs de reins cl dVstomac habituelles. Les règles ont reparu, tous les deux ou trois mois, avec le caractère d'une légère perte ; elles sont restées dans cet état, pendant plusieurs années, sans dérangement notable dans la santé; mais, depuis environ 18 mois, tous les accidens ont beaucoup augmenté, et depuis celle même épofjue, la malade a observé qu'àcha- «jue fois que son ni:iri la voyoit , ell'j pcnloil un peu de sang.
Depuis cn\irc)n un an elle n"a plus conimunitpié avec lui : les fleurs blanches sont devenues très-abondanles et très-felides , les douleurs de plus en plus fortes, nonseulement dans les reins, mais dans les hanches, les aines et les cuisses ; cependant elles n'ont jamais élé excessives. La malade a maigri et s'est alfoiblic progressivement, elle a continué à éprouver de lenq)s en tcm|>*i des ménorrhagies qui n'uni jamais été très-consiicrables; jusqu'à l'époque de son entrée à rhùpital, elle a rempli ses fonctions de portière. Le 7 juillet 1811, elle entra à U Charité dans le service de M. liayle. Elle est Irès-amaigrie et peut être regardée comme dans le preniirr dt-gré de uiarasme ; sa cuisse et sa jandic droites sont
îe siège d'un œdème très-marqué. Cependant elle conserve de la gaîté et même un air un peu lubrique, elle ne paraît pas se douter de la gravité de sa maladie; l'écoulement est continu, abondant et très-fétide; les souffrances sont trèsmodérées. Depuis quelques jours^ avant l'entrée de la malade à l'hôpital , il est survenu un dévoiement assez considérable, il s'y est joint des vomissemens fréquens peu de jours après son entrée; l'appétit n'est pas entièrement perdu.
10 juillet En toucliant le col de la matrice, on trou-
voit ce col très-élargi , inégal , irrégulier, profondément ulcéré; la surface très -irrégulière de l'extrémité inférieure de l'utérus paroissoit plus large qu'un écu de 6 francs. En la comprimant, on ne déterminoit aucune douleur, et la surface ulcérée paroissoit très-consistante, dure et calleuse. La malade se lève encore un peu pendant la journée, elle mange et paroît gaie; on remarque cependant un peu de trouble dans ses idées, qui ne se manifeste d'ailleurs que par une plaisanterie indiscrète et hors de propos. Elle prend pour une veste d'homme une robe qui se trouvoit sur le lit d'une de ses voisines , et elle demande à celle-ci si son bon ami est couché avec elle.
Vers 7 heures du soir, après un repas modéré, elle a une défaillance avec perte de connoissance. On la met sur son lit, et dès ce moment il y a du trouble dans ses idées.
11 juillet. A la visite, délire gai et tranquille; sorte de rire sardonique ; couleur de la face rosée comme celle d'une personne en santé; pouls fréquent; peau un peu chaude; langue comme les jours précédens. Quelques heures après, elle tombe dans un état comateux bien prononcé; elle paroît tout-à-fait sans connoissance, immobile sur le dos i les yeux entr'ouverts, terneset un peu rouges; la respiration gênée et un peu bruyante; pouls fréquent, mou; température de la peau à peu près naturelle. Elle demeura dans
cet état jusqu'au lendeniain, sans proférer aucune plainte, ne paroissant pas avoir la conscience de ce qui se passoit autour d'elle , et avalant avec peine quelques cuillerées de boisson qu'cm versoit dans sa bouche ; enfin , la respiration devint slercoreuse, et elle expira le i5 juillet, à 7 heures du soir.
Ouç^erture du cadavre 36 heures après la mort.
Sa maigreur paroissoit moindre que pendant la vie , il y avoit amaigrissement considérable sans émaciation , léger œdème des membres inférieurs, surtout du côté droit.
Abdomen. La matrice, examinée du côté de la cavité abdominale , u'étoit pas libre et mobile comme elle est or dinairement; mais elle étoit retirée au fond du bassin où elleétoit fixée et rendue presque immobile, par ses adhérences à la vessie, au rectum et aux parois latérales du petii bassin , par le tissu cellulaire presque entièrement transformé en masses dureSjVéritablement squirrheuses, et néanmoins recouvert du péritoine sain. Les ligamens larges paroissoient raccourcis, et les ovaires se trouvoient adhérens et comme implantés aux côtés et à la partie postérieure de l'utérus. L'uretère du côté droit, compris, à sa partie inférieure, dans la masse squirrheuse qui unissoit la vessie à l'utérus , étoit ou simplement comprimé ou totalement oblitéré; depuis cet endroit jusqu'au rein, il étoit distendu par l'urine, épais comme le petit doigt, ou à peu près, et extrêmement flexueux. Le bassinet des reins étoit peu dilaté , et le reste de ce viscère était sain , de même que le rein et l'uretère gauches.
La vessie étoit saine, quoique entièrement adhérente à l'utérus et à la partis supérieure du vagin. Après avoir ouvert ce dernier conduit , voici ce qu'on observoit.
Tout le col de Tutérus et la partie supérieure du vagiiî
64 CANCFR DE LA MATRIClî.
étoient le siège d'un ulcère cancéreux dont la surface pouvoit avoir l'élendne de la main ouverte. Toute la partie du col qui fait naturellement saillie dans le vagin éloit complètement détruite, il n'en restoit que quelques traces fort équivoques; à sa place on voyoit une énorme cavité ulcéreuse qui auroit pu contenir un gros œuf de poule, et sur les parois de laquelle il n'y avoit plus de traces de la membrane muqueuse , mais des anfractuositcs et des éminences peu consistantes, enduites d'un iclior noirâtre, fétide, et représentant assez bien la surface d'un cancer du sein, ulcéré depuis long-temps et des plus hideux. En incisant dans tous les sens ces parties cancéreuses, on n'y reconnoissoit plus du tout l'organisation du vagin ni du col de l'utérus ; tout éloit transformé en une substance à peu près de la consistance du lard , mais d'un autre aspect bien différent. Sa couleur varioit du gris au jaune; enfin, elle éloit comparable aux masses cancéreuses qu'on trouve dans le foie, on y distinguoit quel(jues portions de la matière cérébriforme , et dans d'autres quelques petits amas de matière tuberculeuse, ramollie. Le col de l'utérus, et la partie supérieure du vagin ainsi dégénéré, se confondoient avec les masses squirrheuses qui tenoient la place du tissu cellulaire environnant, de sorte qu'il n'étoit pas facile de dire où fînissoient les parois du vagin et où commençoient les masses cancéreuses, extérieures. Après de longues discussions à ce sujet avec MM. Bayle et Moutard-Martin, nous restâmes encore indécis. En s'éloignant de la surface ulcérée, le squirrhe devenoit de plus en plus consistant; le corps de l'utérus, proprement dit, paroissoit à peine entouré par l'ulcère cancéreux; il paroissoit avoir au moins un tiers en sus de son volume naturel. Sa cavité et oit très petite; elle communiquoit avec la surface de l'ulcère et étoit enduite de mucus noirâtre; son tissu étoit un peu plus sec et plus coriace que dans l'état naturel.
CANCER DK LA MATRIC1-. 05
Les quatre cinquièmes inférieurs du vagin étoient sains, le canal étoit Irès-dilaté, ses })arois étoient livides, verditrès et baignées d'un ichor fétide.
Tous les autres viscères abdominaux étoient p-nfaitement sains, de même que le mésentère et les épiploons; l'eslomac étoit très-ample et sain.
Dans la poitrine tout étoit dans le meilleur étal : poumons de couleur grisâtre, mous, souples, mais ayant peu d'élasticité; cœur et gros vaisseaux sains.
Tête. — Substance cérébrale pâle, humide et molle, mais sans autre altération. Point d'épanchemenl dans les ventricules ni dans la grande cavité de l'arachnoïde.
j« Observation. — Aystes de Covaire .simulant un squirrhe de
l'estomac.
Marie-Julienne Laiguillon, blanchisseuse. âgé3 de 55 ans , d*un tempérament smgnin-bilieux, s'étoit bien portée jusqu'à i4 ans, où elle fut atteinte d'une maladie qui régna cpidémiquemcnt dans son pays et qui fut accompagnée de délire pendant (> jours.
A 18 ans, les règles pariuent pour la première fois. Elles lie reparurent p<»int durant une année entière, mais elle continua à se bien porter. \ i<)ans, elles revinrent pour la deuxième fois, et depuis elle a toujours été bien réglée.
A 20 ans, elle eut un érysipèle à la face, mais conserva son appétit et n'eut point de fièvre ; elle ne discontinua pas ses travaux. Depuis elle n'a eu aucune maladie.
A 26 ans, elle a été mariée, a eu 6 enfans; les couches se sont toujours bien passées. Elle a nourri ses 6 enfans.
Il y a 14 ans, elle perdit son mari à l'explosion de Grenelle ; elle en prit un chagrin très-vif et perdit une petite rente qui étoit sa principale ressource. Gomme elle avoit beaucoup d'enfans et qu'elle se trouvoit seule pour les sou- 11. 5
GG CA>CER \)L II MATnicr.
Iciiir. elle fut (bligOc de travailler avec encore plus (relieur, ce qui ne porta pas d'atleinte bien sensible À sa sanlé, (jiii éloit très robuste.
Il y a 9 mois c|u*elle cul le chngrin de voir partir, comme conscrit, un fils qu'elle aimoit tendrement. Peu à peu clic perdit rappétil , ses forces diminuèrent.
II y a /| mois (|u'elle commei:ça à ressentir des coliques (|ui étoient surtout occasionnées par les légumes venteux, tels qne les choux, les haricots, etc.; elle dijijéroit plus iacilemenl la viande. Le ventre commença à enfler en même tem[)S que les coliques se manifestèrent. Klle passa environ 2 mois sans s'apercevoir d'aucune tumeur dans le ventre : ce n'est que depuis lors qu'elle fa remarquée. Depuis 4 mois elle a de temps à autre des vomifcsemens; depuis i5 jours ils sont lrès-frt(juens , reviennent tous les jours. La malade n*a cessé ses travaux que depuis 3 semaines , et son ventre est devenu très-gros. La figure a pris une teinte iclériquc depuis le même temps; les conjonctives sont jaunâtres, l'amaigrissement est très-considérable, les vomissemens sont fréquens et de couleur griscendré. Ils ont lieu lorsque la malade est à jeiui et trois ou quatre heures après avoir mangé. Il y a des éructations fréquentes; souvent des vents semblent vouloir passer par en bas et reviennent toul-à-coup parenhaut.Le vin aigrit aussitôt que la malade en prend. Le ventre est volumineux comme dans une grossesse de 7 mois ; il est disposé en pointe, offre au nombril une tumeur du volume de la tête d'un enfant ; cette tumeur est inégale et présente une saillie très-marquée vers l'hypochondre gauche. La tumeur occupe la région ombilicale, rhypochondre droit et l'épigastre; on ne sent pas qu'elle soit continue avec le foie. Le point le plus douloureux est l'épigastre; dans cette région elle paraît se confondre avec le foie. Il n'y a point de douleur avec élaFicement dans la tumeur ; la malade n'y ressent qu'ime espèce
CA.XCKR ht LA .\lATI\ir.F.. G7
de cuisson. Elle dit scnlir monler et descendre continuellement dans sa tumeur ce qu'elle prend; il lui semble qu'il va quelque chose de bouché dans son ventre, et quece qu'elle avale ne passe qu'a travers la ftnte d'une planche. Le ventre n'est point llucluant ; il y a des borborygmes très-fréqi»en.s et très-forts. La malade est très -constipée. Il y a 8 jours que, par relFet de deux lavemens, elle a rendu des matières grisâtres tirant sur le cendré. Les urines étoient d'un j.juuc' brun plusieurs jours avant que sa jaunisse parût. Actuellement, quoique l'ictère diminue, les urines sont d'un brini encore plus foncé ; lorsqu'on y plonge un linge , il est fortement coh>ré en jaune. Il n'y a point de liémangeaison à la peau , et il n'y en a pas eu dans le temps même que la jaunisse ttoil le plus marquée. La peau est douce et sèche; le pouls n'e>l point fébrile ; il n'y a point d'infiltration aux extrénntés inférieures; le sommeil est rare; il y a ordinairement beaucoup d'agitation pendant la nuit.
Le 6 novembre 1807, depuis plusieurs jours elle est dans un assoupissement continuel, est très-altérée; sa figure «levient de plus en pins tirée ; elle est couleur d'écorce de grenade. Elle ressent beau( oup dç douleurs dans la partie de la région épigastrique rpii s'approche le plus de l'hjpochondre firoit ; (lie no va que très-rarement à la selle. Les urines sont très-brimes, elles sont presque rouleiu- de suie. Les vomisscmens sont très-abondans et toujours brunâtres ; l'altération est continuelle; le pouls petit, peu fréquent et assez résistant; elle n'éprouve toujours point de démangeaison malgré son ictère.
Le 7 et le S, l'assoupissement a. continué; les yeux se sont enflammés, la conjonctive est le siège d'une inflammation assez considérable pour former bourrelei autour de la cornée transparente. L'œil droit, qui, le preuàioi , :> été pris d'ophthalinie, a eu un hipopion qui pouvoit avoir l'étendue de deux grains d'orge.
1)8 CANCER DE I.A MATRlCi.
Le 9, elle est morte à 6 heures du soir.
Ouverture du cadavre-
Poumons libres, crépîlans et sains; cœur bien sain.
En ouvrant l'abdomen, il s'en écoula environ demi-pinle de sérosité épanchée.
On vovoit une énorme tumeur placée dans la région ombilicale et étendue dans les régions iliaques et un peu dans la région de l'hypochondie droit.
Cette tumeur pesoit environ douze livres , elle adhéroil intimement au mésentère; elle était formée par un trèsgrand nombre de kystes séreux agglomérés , de volume très-diflérent , les ui»s ayant le volume d'un petit pois, d'autres d'une noisette, et un grand nombre étoient au moins quatre fois plus gros qu'un œuf de poule. Dans plusieurs de ces kystes volumineux, on en voyoil \\\\ grand nombre d'autres plus petits. L'épiploon recouvroit supérieurement une grande partie de cette énorme masse, et adhéroit intimement par son bord inférieur à la partie antérieure et moyenne de la masse. Le liquide renfermé dans les kystes étoit lactescent et ressembloil à de l'huile d'olive, mais il étoit plus liquide.
La tumeur dont nous parlons formoit un grand nombre de bosselures, et 1 une de ces dernières repoussoit le foie du côté du thorax , et paraissoil lorsqu'on la touchoit avant l'ouverture formée par le bord inférieur du grand lobe de cet organe.
Toute celte masse é.'oit formée par le développement de' l'ovaire droit , et la trompe droite étoit étendue de la partie inférieure de la tumeur à la matrice.
La matrice étoit placée dans le bassin, un peu tirée en haut, mais parfaitement saine en dehors et en dedans. L'uvairc gauche étoit aussi transformé en un grand nom-
CANCER Dt L.V MATR1C£. 69
bre de kvste>; mais le plus gros de ces kystes égaloità peine une noix, et la masse totale n'avoil pas plus de voluniL' qu'un petit œuf de poule.
La vessie i toit saine ; la masse des intestins etoit retoulée. partie dans le haut de l'épigastre, et partie dans le côté gauclie de l'abdomen.
Le colon descendant et le rectum contenoieut des matières fécales moulées , de consislaucejiaturelle et de couleur grise brunâtre , point cendrée.
Dans les intestins grêles, il y avoit des matières liquide.^ presque de même couleur; ces intestins étoienl un peu bruns, mais non enflammés.
L'estomac étoit fort volumineux , très-sain dans toute son étendue, du cardia au pylore; le liquide qu'il renfermoil n'étoit ni brun , ni jaunâtre-
Le foie étoit trè>-sain , quoi(|ue de couleur un peu brime, même à son intérieur. La vésicule biliaire avoit un volume ordinaire; elle ne contenoit pas de bile, mais un liquide lactescent .ilbumineux et un calcul gros comme un œuf de moineau, de couleur iaunâtre. dont la surface oflroit un grand nombre de point luisans.
Les conduits biliaires paraissoient libres du foie au canal cholédoque, mais ce canal avoit un calibre fort petit, (juoi- (|uc non C'jmplètement oblitéré. Les parois du conduit cholédoque otlVoicnt une épaisseur de plus d'une ligue, une structure fibreuse et une consistance presque carlilagineuse.
Le pancréas et oit fort sain.
Les reins dans l'état naturel